Petits cailloux et ricochets

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le projet

En novembre et décembre 2006, Anna Fedorovna Kozlika a remonté les années de 2006 à sa naissance au rythme d'un billet pour chaque année. Elle a appelé cette série « Mes petits cailloux 2006-1960 »

A la fin, elle a eu envie de reprendre le chemin en sens inverse et quelques blogueurs ont eu envie de la suivre : ces billets avaient fait naître en eux échos, sourires, jeux de miroir ou clins d’œil... ces fameux ricochets que font les petits cailloux lancés au fil de l'eau.

Le blog collectif que vous êtes en train de lire a été créé ainsi, au détour de discussions au bas de quelques billets. Il s’appelle « Petits cailloux et ricochets » et accueille les textes de tous les participants.

Si vous aussi vous souhaitez faire des ricochets, les modalités pratiques sont expliquées sur cette page.

les textes
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année 1989

Les textes sont présentés dans l'ordre chronologique de leur rédaction.

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Kozlika, sur le chemin de 2006 à 19xx,
vendredi 24 novembre 2006

1989:29 murs

9 novembre 1989. Un mur tombe pendant que nous achetons les nôtres, un appartement pour trois et bientôt nous l'espérons pour quatre. Des murs qui feront de nous des salauds de propriétaires, parce qu'on vieillit aussi – et peut-être que pour le coup on vieillit bien parce qu'est-ce que ça veut rien dire cette histoire hein, vous connaissez le prix des loyers en région parisienne ?

Un mur tombe et c'est fascinant ; je passe la nuit devant la télévision, la gorge serrée par l'émotion. L'euphorie des jeunes et moins jeunes juchés sur son faîte pour le jeter à terre, les joyeux cris d'encouragement, des gens qui ne se connaissent pas et tombent dans les bras les uns des autres en pleurant et de vraies retrouvailles, ces images, je les ai déjà vues dans des documentaires, ce sont les mêmes qu'à la Libération. C'est là aussi la fin d'une guerre. Good bye Lenin ! A quelques mois près, je suis pratiquement née avec le « mur de la honte ». Pas une semaine depuis que je suis assez grande pour comprendre ne s'est écoulée sans que j'entende à la radio ou à la télévision le récit d'une tentative de franchissement heureuse ou malheureuse.

Sur la place Tiananmen, en avril de cette même année 1989 un homme se dresse contre les chars, Bush (le père), déclarait la Guerre froide terminée tandis que partout dans les pays de l'Est les dictatures s'effondrent, Vaclav Havel est élu en Tchécoslovaquie, le Dalaï Lama reçoit le prix Nobel de la Paix, la fin de l'Apartheid frémit en Afrique du Sud, Pinochet a déjà un pied dehors. C'est sans doute l'une des années où j'ai le plus cultivé l'espoir de voir tous les murs tomber un jour.

Ha ha.

Un mur tombe mais certains ont horreur du sans-mur alors ils en referont un, onze ans plus tard, là-bas au loin et celui-là aussi fait honte.

audrey, sur le chemin de 19xx à 2006,
mardi 13 février 2007

1989: 01. Comme les quatre doigts de la main.

1989. J'ai tout juste un an et je suis déjà bavarde.

Je sais pas marcher. J'invente des chansons.

Le ventre de Maman s'arrondit, comme un petit ballon. Je m'en étonne. Alors on m'explique ce qu'il y a à l'intèrieur.

Un bébé. J'ouvre des grands yeux. Comment un bébé a pu rentrer là dedans? Les adultes disent des choses bizarres des fois.

Je regarde le ventre de Maman. Je regarde ma poupée. Mouais. Pas convaincue.

Je suis si petite encore, et déjà si grande. Dans les yeux de mes parents je vais être l'aînée.

C'est moi qui annonce à Mamie, puis à toute la famille, que je vais avoir un petit frère.

- Ce sera peut être une fille tu sais Audrey - Une petite soeur c'est bien aussi...

Non. J'aurais un petit frère. Je le sais bien moi. Et ce sera mieux qu'un poupée: un bébé, un vrai.

Je leur explique comment le bébé est venu là. C'est Maman qui m'a dit. J'ai un an et demi et je comprends dejà tout.

Mais je marche à peine. Tout s'équilbre, finalement.

''(voilà pourquoi aujourd'hui je suis en hypokhagne et je rate mon permis) (toujours ce décalage, ce fossé entre les neurones et la motricité)''

Alors ça y est. Maman est partie à l'hôpital. Le petit frère arrive.

Moi je suis intenable. J'hurle dans le couloir : "le bébé le bébé le bébé le bébé!!"

Je veux le voir.

-Il n'est pas encore là.

C'est pas vrai. Il est forcément là. Ca fait un siècle que maman est partie.

Finalement je m'endors. Dès que je méveille je recommence mon cinéma:

- le bébé le bébé le bébé le bébé!

Enfin la porte s'ouvre. Maman me sourit.

Elle tient dans ces bras un petit machin tout rose. Je crois que je fais la grimace. C'est moche ce truc.

Alors c'est ça un bébé?

Je suis désespérée. J'explique mon problème à Papa. Mais comment est ce que je vais pouvoir jouer avec lui moi ? Il ouvre même pas les yeux, il a pas de cheveux.

Bon. Maman est l'air contente. Papa aussi.

Tous les eux s'extasient et me font assoir à côté du truc rose. - Regarde Audrey! -C'est Clément, ton petit frère.

Alors je souris, et je colle un bisou collant sur le front minuscule de cette chose qu'ils ont l'air d'aimer.

Va pour le p'tit frère.

Nous voilà, tous ensemble. Unis comme les quatre doigts de la main. On en a pris pour sept ans et un jour.

Parce que tout le monde sait qu'il manquait un. Bah oui. Ca a cinq doigts, une main.

Laurence, sur le chemin de 19xx à 2006,
vendredi 9 mars 2007

1989 : 06 - Primaire et cinéma

L'année de mes 6 ans, je rentre au CP, en primaire, chez les grands. Finallement c'est pas si drôle que ca, faut apprendre, travailler, apprendre à apprendre, apprendre à lire. Mais moi je préfère les chiffres, même si le calcul rapide c'est pas toujours mon truc. Cette année là (oui oui, je me corrige), je rencontre aussi ma premiere meilleure amie : Anne-Marie. Elle est chouette Anne-Marie, elle est belle, elle fait de la musique, son papa est musicien.

En 1989, y'a un évenement qui va déclencher des semaines, des mois, et peut être plus, de cauchemards. Ca a l'air de rien, mais voir "SOS fantômes 2" au cinéma à 6 ans, ben ca fout la trouille. Sisi!

Supplément sport : Malgrès mon entrainement intensif (une fois par semaine) de judo, je découvre avec horreur qu'il existe d'autres sports, dont un qui va me causer bien des soucis. Le cross annuel. Pour le tout premier cross de ma vie, j'établirais un record personnel historique : j'arrive première (en partant de la fin) alors j'aurais pas de médaille. Oui, faut bien un dernier mais quand même, c'est pas cool.

marionette, sur le chemin de 19xx à 2006,
mercredi 21 mars 2007

1989, 2 ans. En noir et blanc

'A y'est ! Je marche, et même plutôt bien.

Je continue de passer pour un garçon dans la rue... et mes cordes vocales me viennent bel et bien du côté paternel. Leur force et leur résistance épate du monde. Je chante pour m'endormir, je me marre pour beaucoup de choses, je dors un peu, et le reste du temps... je crie !

Les parents nous baladent, Florence et moi, d'une fête à une autre, le lit dans une chambre à l'étage ou calé dans le coffre de la voiture quand vraiment c'est pas possible. La sono ne nous empêche pas de dormir, les parents sont ravis. Quand ils le peuvent, ils nous laissent à la maison avec une baby-sitter. Ils le font de plus en plus, même. Maman n'est pas beaucoup là, ses études de médecine l'envoient souvent loin et longtemps. Florence m'en a souvent parlé, mais je n'en ai gardé aucun souvenir. D'aucune baby-sitter, d'aucune soirée, de rien. Il me semble avoir changé de chambre cette année-là : j'ai eu la mienne propre. Ca fichait la trouille et j'en pleurais souvent, mais j'ai fini par m'y faire. Enfin, je suppose.

Je me rapelle d'une photo en noir et blanc, affichée dans la chambre de mes parents. Je la vois très nettement. Mon papa, allongé sur l'herbe, un bob foncé vissé sur le crâne, me porte à bout de bras, comme pour me faire faire l'avion. Mon petit corps dépasse à peine de ses grandes mains qui me tiennent par la taille au dessus de sa tête. Tous les deux, on rit aux éclats. Les visages ont les mêmes traits, le même sourire, le même menton, les mêmes yeux et on entend presque les deux rires se nouer... mon papa...

chulie, sur le chemin de 19xx à 2006,
vendredi 20 avril 2007

1989 - Laïcité contre religion.

En 1989, mon école fête le bicentenaire de la révolution française en inaugurant une fresque peinte par les élèves sous le préau. C'est une grande kermesse républicaine, tout le monde est invité, il y a des jeux, la pêche au canards, le chamboule-tout, une tombola. Je pose dans ma salle de classe avec Karen & Jean Pierre, nous sommes déguisés en sans-culottes. Mamie m'a cousu une jupe à rayures bleu-blanc-rouge, et ma marraine m'a donné des souliers rouges à brides qui font clac-clac quand je marche.

1989 est aussi l'année de ma communion privée. C'est la première année où je fais connaissance avec Dieu.

19891 La communion, c'est comme un mariage, il faut être habillée en blanc. On me trouve la plus belle robe du monde, avec de la dentelle anglaise. Mais pour les chaussures, c'est la galère. Je chausse déjà du 39. La veille du grand jour, maman tresse bien serrés mes cheveux mouillés. J'aurais des frisettes et je serais jolie pour recevoir l'Ostie. J'attends aussi avec impatience mes cadeaux : une paire de boucles d'oreilles, un appareil photo, et un grand sac de voyage. Pour me préparer à la communion, je vais au catéchisme après l'école avec les autres petits catholiques de mon âge. Ca ressemble à un gouter d'anniversaire, on mange des gâteaux, on chante, on fait des dessins, on lit des histoires. Il me faut aussi aller à la messe des enfants le mercredi matin, alors qu'il n'y a pas classe.

Je découvre les disparités entre les différentes religions. Par exemple, Stéphanie ne va ni au catéchisme ni à l'église et la croix qu'elle porte autour du cou est différente de la mienne. Pareil pour Nicolas qui me dit "une fois, avec mes parents, on a du s'abriter de la pluie dans une église catholique. Moi je suis protestant, alors j'ai foutu le bordel !". Quand à Mabrouka et Karima elles n'ont pas de cours de religion, et elles vont en récréation à la place. Je leur demande "vous n'avez pas de religion alors ?". Elle me répondent "Si, on est musulmanes et on prie à la maison."

A 8 ans et demie, je voudrais bien être musulmane, pour prier à la maison, aller en récréation, et dormir le mercredi matin.

sicaliptic, sur le chemin de 2006 à 19xx,
dimanche 22 avril 2007

1989 : 23 ans la vie en colloc

Depuis l'an passé je vis en collocation à trois.
Les premiers temps nous n'étions effectivement que 2 (filles), lui passait son temps à découcher ce qui ne nous dérangeait pas vraiment. Il fallut tout de même le libérer de ses obligations envers nous, vint à sa place une étudiante inconnue qui fit basculer notre équilibre budgétaire dans un partage suspicieux du frigo, organisation assez classique mais qui est difficile à appliquer sans une réelle bonne volonté. Avant cela nous partagions tout malgré nos différences de gouts, je me rappelle qu'elle aimait les yaourts aromatisés que je ne peux avaler et moi ceux avec des morceaux, on achetait donc les deux et on divisait. Ce n'était pas prise de tête, il n'y avait que pour le téléphone que les calculs étaient un peu compliqués, on était sensé tout marquer et je vérifiais avec la facture détaillée. J'étais la seule à faire ça avec plaisir, c'était donc mon rôle, j'ai toujours été plus que réglo avec l'argent elles me faisaient donc confiance.
Puis une copine, une vraie est venue compléter notre duo. Les problème n'étaient pas vraiment les même et c'était plus facile d'en parler.
Il fallut apprendre à respecter les maniaqueries de l'une, les nombreux amis de l'autre et le rangement des parties communes où mon bordel finissait toujours par déborder.
Tant bien que mal la communauté a subsisté un an, elles ont même continué à vivre ensemble après mon départ pour Paris.

J'ai appris que je n'étais pas quelqu'un de facile à vivre, à cette époque je faisais souvent la tête sans raison, mais au grand dam de l'une d'entre elles j'avais le chic pour désamorcer les tensions au moment où elle se décidait à se laisser aller à son ressenti. Elle m'avoua plus tard que Je lui coupais systématiquement l'herbe sous le pied et nous n'eûmes jamais de réels affrontements. C'est une chouette époque, j'avais de l'espace, du temps pour travailler, ma licence s'est passée comme sur des roulettes, et je faisais souvent la fête.
Ce dernier été je rencontre plein de gens underground et je m'amuse beaucoup.

Thomas, sur le chemin de 19xx à 2006,
dimanche 15 juillet 2007

1989, année 12 -- Révolutions

C'est l'année du bicentenaire. Dès le début de janvier, ça commence par un beau timbre bleu et rouge avec des oiseaux de Jan-Michel Folon. À cette époque je m'occupe encore assidûment de ma collection : il figure en belle place sur la page thématique « Révolution française » de mon album. Je réserve aussi une étagère de ma chambre aux divers memorabilia glanés au long de l'année, avec en fond une Marianne que j'ai décalquée. Et tant pis pour l'anachronisme s'il s'agit en fait d'une Liberté de Delacroix, égérie des barricades de 1830. Je négocie dur pour qu'aux premiers jours de juillet on puisse rester encore un peu à Paris, au lieu de partir tout de suite à la campagne. Ainsi je peux visiter PhilexFrance, le grand salon phlatélique, j'ai mes cachets spéciaux « Premier jour » sur le bloc-feuillet Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, je suis aux anges.

On rejoint donc la campagne. Une idée révolutionnaire elle aussi est sur le point d'infléchir un bon bout de ma vie. Avec les amis qu'on retrouve là-bas à chaque période de vacances, trois familles, six gamins, on va monter une pièce de théâtre. C'est Mickaël qui a eu cette idée brillante, probablement sans soupçonner (sans que je soupçonne moi-même) dans quoi il m'embarquait.

On a choisi un texte court, bien sûr, mais c'est quand même une vraie pièce : le Médecin volant de Molière. Au boulot ! On bosse sans compter, il faut apprendre nos textes, trouver des costumes et des décors en fouinant dans les malles et les granges des uns et des autres, imaginer une scène en plein air. Répéter jusqu'à ce que ce soit fin prêt, disposer la rangée de chaises du public, rameuter parents et voisins, et donner nos deux représentations. Franc succès. Le nouveau caméscope du grand-père immortalise le spectacle, et je crois qu'une cassette dort toujours aujourd'hui quelque part en banlieue.

Mes tout débuts sur les planches. Une histoire qui dure depuis dix-huit ans.

Otir, sur le chemin de 19xx à 2006,
vendredi 7 décembre 2007

1989:31 Nuits de la pleine lune

Je m'ennuie terriblement au bureau. La fusion de l'entreprise a entraîné d'importants mouvements de personnel et notre service de central devient redondant et condamné à terme. La situation est stressante et j'aurais rêvé de meilleures conditions pour pouvoir savourer ma liaison avec Estac. Malheureusement, celle-ci devient rapidement la source d'angoisses que je ne m'explique pas. Moi qui voudrais exulter, je suis comme étouffée, réprimée et punie pour des crimes qu'on ne me dit pas.

J'écris : "j'ai besoin de vigilance, pour ne pas sombrer dans le piège que je me tends et en premier dans celui d'avoir peur de l'autre. Parce que de cette peur devient implicite que je suis vulnérable, fragile".

Je cache donc cette fragilité pour ne pas montrer à Estac quel oiseau capable d'être broyé et anéanti je suis, du moins, je m'en persuade, alors que c'est justement cette qualité qui l'a fait me choisir et qu'il cultive soigneusement, la mettant scientifiquement en cage pour qu'elle reste disponible à la demande.

Dans le même temps que je me débats dans le piège, je me confie à Octave malgré l'interdit qui pèse sur la révélation de ma liaison avec Estac. ll a cette suggestion absolument terrifiante pour moi : "Peut-être qu'il a honte de toi ?" parce qu'elle vient renforcer l'idée que je me fais de moi qu'il faut me taire et me cacher, et surtout parce qu'elle m'éloigne de la seule décision qui aurait été sage et aurait mis un terme à cet enfermement programmé. Je décide de lui prouver ma valeur par tous les moyens, et pour cela, il faut bien que je reste auprès de lui, et que je me rende complaisamment à tous ses désirs.

Je l'aide à obtenir sa bourse aux Etats-Unis, me rendre aussi utile est bien sûr une victoire pour moi quand elle ne fait que m'aveugler encore plus sur la stratégie de l'oiseleur. Je chante pour lui en cage, mais je chante de mieux en mieux.

Quand il part pour un trimestre, je revis, même si j'échoue au concours que je présente pour une reconversion professionnelle que j'avais pourtant préparée dans le même temps que sa bourse. Peut-être que je ne voulais surtout pas éclipser sa valeur en l'égalant. Je pars à Saint-Céré en stage de chant choral, et c'est du bonheur pur et simple, je ne me rends pas compte de l'importance de ma liberté alors qu'elle devrait me sauter aux yeux, et je n'attends plus qu'une chose, vivre indépendante et faire ce que je veux et non plus ce que quelqu'un veut de moi.

Ce qui ne m'empêchera pas de retomber sous le charme dès son retour et me précipiter là où il voudra de moi. A la fin de l'année, seulement quand je chercherai à m'échapper à nouveau, et mettre un terme à ce qui me semble un échec total de communication harmonieuse, il me rattrapera par les basques et acceptera de me reséduire et viendra s'installer chez moi comme si de rien n'était.

Johann, sur le chemin de 19xx à 2006,
jeudi 7 février 2008

1989:3

Premier janvier. Le réveillon. Papa n’est pas là. Aucun souvenir de ma part. Ma mère se sent un peu mal. Elle n’a jamais tenu l’alcool. Mais, problème : elle est enceinte de sept mois - son réveillon, c’est au jus de pomme qu’elle le fête. Champs sur Marne, un premier de l’an, c’est désert, surtout lorsqu’on accouche sans son mari avec deux mois d’avance. Sans doute les huîtres qui n’étaient pas fraîches.

Mon petit frère est né à Brou-sur-Chantereine, Seine-et-Marne, le 2 janvier 1989. Il était si rapide que ma mère ne le sentit presque pas passer : d’après elle, la sage-femme l’a attrapé au vol. C’est quand même fort, de commencer sa vie sur Terre en boulet de canon, non ?

Les premiers temps sont difficiles et en couveuse, et il restera de santé fragile pendant quelques temps, puis finalement, deviendra comme moi : en bonne santé, et vivace. Il nous faudra des années pour voir apparaître nos différences génétiques. On se ressemble. Les frères Grimm, c’est prédestiné.

Je ne sais pas si mes parents ont un jour pensé à un troisième. Une fille ?