Petits cailloux et ricochets

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le projet

En novembre et décembre 2006, Anna Fedorovna Kozlika a remonté les années de 2006 à sa naissance au rythme d'un billet pour chaque année. Elle a appelé cette série « Mes petits cailloux 2006-1960 »

A la fin, elle a eu envie de reprendre le chemin en sens inverse et quelques blogueurs ont eu envie de la suivre : ces billets avaient fait naître en eux échos, sourires, jeux de miroir ou clins d’œil... ces fameux ricochets que font les petits cailloux lancés au fil de l'eau.

Le blog collectif que vous êtes en train de lire a été créé ainsi, au détour de discussions au bas de quelques billets. Il s’appelle « Petits cailloux et ricochets » et accueille les textes de tous les participants.

Si vous aussi vous souhaitez faire des ricochets, les modalités pratiques sont expliquées sur cette page.

les textes
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année à 37 ans

Les textes sont présentés dans l'ordre chronologique de leur rédaction.

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sicaliptic, sur le chemin de 2006 à 19xx,
vendredi 16 février 2007

2003 : 37 ans la psy mon père et un chéri

Je ne sais plus ce qui m'a décidé cette fois, l'impression de déjà vécu sans doute, je retourne chez la psy enfin d'abord j'essaie d'en trouver une qui ressemble à celle qui m'a aidé à Paris.
C'est sans doute une erreur, je passe mon temps en comparaisons qui ne sont jamais à son avantage. Elle n'en sait rien, j'ai l'impression de perdre mon temps ou de lui faire perdre le sien. Elle a l'air de quelqu'un qui essaie d'avoir une attitude naturelle. Et je m'y connais, je suis experte dans ce genre de tentative en société, j'ai maintenant la preuve que c'est un exercice difficile.
Elle hoche la tête de temps en temps histoire de me laisser poursuivre. rien d'encourageant, on dirait qu'elle fait en sorte que je l'oublie. Elle est si maladroite que je ne vois qu'elle la plupart du temps.
Je ne suis pas une pratiquante chevronnée, je n'ai jamais été foutue de demander à ces gens de quelle confrérie ils étaient. En tout cas je sais que ma psy parisienne me parlait et que cela me faisait le plus grand bien, mon problème étant le manque de confiance en moi, avoir à rendre compte de mes entreprises me pousse à l'action et me motive.
Son silence me fait l'effet d'un jugement, j'ai donc l'impression de ne pas avancer. quand je regarde le noeud qui me fait le plus souffrir je ne vois aucun progrés par contre sans m'en rendre compte j'ai défait des problèmes périphériques dont je ne me souciais pas vraiment.

Après 5 ans de célibat je ne suis toujours pas en quête du prince charmant. Je regrette simplement la pénurie d'amants intelligents. Les garçons me déçoivent, leur langue se délie plus rapidement qu'ils ne nouent leurs lacets, l'intimité se discute sur la place publique et le sexe devient comptabilité, je ne suis pas un numéro je préfère m'abstenir. Moi, j'aime les amours d'aprés midi , les amitiés ambigues et les démentis. Je m'ennuie un peu, mais ce n'est pas trés grave.

Je ne sais comment je me suis réconciliée avec l'image de mon père et les choses ont changées, j'ai rencontré l'homme avec qui je vis. Ma psy me confirme que cela peut être une conséquence.
Voilà je suis toujours aussi gauche en socièté, j'ai du mal à assumer mes choix de vie et ma création mais maintenant j'ai quelqu'un avec qui en parler autrement qu'accoudée au comptoir d'un bar.

(en aparté, il y a quelques semaines, il m'a dit qu'il voulait bien démarcher les galeries pour moi...)

traou, sur le chemin de 2006 à 19xx,
dimanche 4 mars 2007

2001 – Une année de contrastes

Une année toute noire ou toute blanche, passant de la lumière la plus vive à l’obscurité la plus tenace, de la légèreté au poids des évènements les plus lourds, du rire aux larmes amères.

Début d’année fatiguée et mal à l’aise dans mon corps. Je décide d’agir, et quand je veux, je peux ! Quatre mois plus tard, j’affiche 12 kilos de moins, une forme et un moral incroyable. Je me sens belle, légère, de l’énergie à revendre. Ca tombe bien, il y a quelqu’un auprès de moi qui en a besoin, de cette énergie. Un ami cher qui subit une lourde opération suivie d’une longue convalescence. J’essaie de lui insuffler un peu de ma force, un peu de ma gaieté, d’être là auprès de lui, si fragile.

L’été me voit active, sportive, sur tous les fronts. La Crète, merveille dans laquelle je me fonds. J’enchaine le catamaran et le kayak, le vélo dans la montagne et la planche à voile, les randonnées et les soirées bruyantes. Je bouge, je danse, je nage, je pédale, je flirte un peu, sans conséquence, c’est délicieux. J’enchaine sur la Bretagne avec autant d’entrain. C’est l’été le plus lumineux depuis longtemps.

Je crois que sans le savoir j’emmagasine des forces, pour pouvoir affronter une suite dont je ne me doute pas.

11 septembre au matin : j’assiste à l’enterrement de B. Une "nature" comme on dit. Je l'aimais bien. Des années de bataille acharnée contre le crabe. Elle en avait gagné quelques-unes, a perdu la guerre.
11 septembre après-midi : seule au bureau, la radio en bruit de fond. Un flash spécial, inimaginable. Je fonce au sous-sol où je branche un de ces moniteurs minuscules qui servent à contrôler les appareils de projection que ma boite commercialise. Tout l’après-midi, enfouie dans cette cave, j’assisterai incrédule, comme des millions de gens, à la destruction de deux tours en flammes pas plus grandes que mon petit doigt.

12 septembre. Comme beaucoup, moi qui ne lis que rarement les journaux, j’en achète un ce matin, pour m’assurer encore que je n’ai pas rêvé cette sale journée. Au détour des pages pleines de flammes m’attend un drame pour moi seule. Ils ont l’air bien dérisoires, ces articles de la fin de Libé, réduite à la portion congrue ce jour-là, qui osent parler d’autre chose. D’une vie quotidienne entre parenthèses. De publicité malvenue. De petites annonces imbéciles. Et pourtant là, dans un encadré noir, un nom me saute aux yeux, me coupe le souffle plus que toutes les âmes mortes dans l’évènement mondial. Ce nom-là c’est celui de mon ami Jack. Le filet noir m’informe que lui aussi s’est envolé avec violence pour ailleurs sans que j’en sois prévenue.

Le 12 septembre 2001, une vieille dame m’a tenu la main dans le jardin public où je m’étais réfugiée pour pleurer à l’heure du déjeuner. A cause de Jack. A cause des tours. A cause de tant d’absurdité.

Quelques semaines plus tard, je perd un autre ami cher. Parce qu’il m’a demandé de façon totalement inattendue ce que j’avais l’intention de faire pendant les 30 prochaines années. Parce que cette proposition – puisque c’en est une, je finis par le comprendre – me laisse bouche bée en tout premier lieu, avant de la refuser, aussi doucement et affectueusement que je le peux. Mais l’affection n’est pas grand-chose en ce cas. Je ne peux rien à cela.

Un peu après, je rencontre Choul. Qui me dit avec cette petite lueur amusée dans l’œil que je ne vais pas tarder à adorer : « Il ne faudrait pas qu’on tombe amoureux, tous les deux… »

Drôle d’année. Drôle d’année pas si drôle. Noire et blanche.

mnesiloque, sur le chemin de 2006 à 19xx,
vendredi 9 mars 2007

2006 : Zen

Bientôt quarante ans. Sauf accident ou maladie qui hâterait la traversée, et compte tenu de l'espérance de vie moyenne par chez nous, je crois pouvoir raisonnablement supposer que je suis à égale distance des deux rives.

Pourtant, j'ai l'impression de seulement commencer à profiter du voyage. C'est qu'auparavant, piètre capitaine que j'étais, je menais ma barque d'une main de fer. Sans cesse en alerte, à lutter contre les éléments, à m'inquiéter outre mesure des récifs (parfois imaginaires) affleurant sous la surface, à craindre exagérément la proximité des autres embarcations, à paniquer au moindre signe de fatigue de mon navire, je m'épuisais vite, je vivais à peine. En pure perte d'ailleurs, puisque ce qui-vive permanent ne me permettait même pas d'éviter mieux que d'autres les écueils.

En 2006, je comprends enfin qu'en pleine tempête, il vaut mieux laisser filer, quitte à être emporté dans une direction inattendue, plutôt que lutter contre la houle et risquer de casser le navire. Et la traversée devient tellement plus agréable ! Oh bien sûr, j'ai encore de bonnes raisons de ne pas me sentir tout à fait à l'aise. Des amis très chers naviguent désormais loin de moi, Latone parce qu'elle m'en veut encore de mes maladresses passées, Bacchus parce qu'il a définitivement sombré dans l'alcool, Uranus parce qu'il a dû s'expatrier à l'étranger. Mes parents ne s'habituent pas à l'idée qu'ils ne deviendront jamais grands-parents - et si je leur refuse ce plaisir, ce n'est pas uniquement parce que je suis un garçon qui aime les garçons (enfin surtout un garçon, le beau Priape) et que ça complique singulièrement la reproduction, c'est aussi parce que je suis intimement persuadé qu'élever un enfant est totalement hors de ma portée. Mon patron Crepitus m'insupporte par son incompétence, au point de rendre pénible un boulot pourtant passionnant. Ma situation financière n'est pas glorieuse et surtout, je n'ai aucun espoir de la voir s'améliorer à moyen terme. Mais malgré tout, je gère. Ou plutôt non, je ne gère plus : je laisse aller, et je m'en porte étonnamment bien.

Zen. Enfin.

Bientôt quarante ans. A égale distance des deux rives, le moment est idéal pour se poser un peu et jeter un oeil en arrière.

erin, sur le chemin de 2006 à 19xx,
dimanche 1 avril 2007

Saint Claude 2004-2005 : 38 - Fuir... Partir...

2004... Cette année là je découvris le net autrement...

Ayant des problèmes de tolérance à un médicament, j'allais sur un site "médical". En fouillant un peu dans le menu, je découvris les salons de chat. J'allais sur celui concernant mon problème... J'y discutais longuement. C'était en avril.
J'étais en arrêt maladie, je n'avais pas le moral, j'étais dans une phase "anorexique" (une pomme et quelques tasses de thé par jour), mon couple partait à vau-l'eau depuis longtemps, mon agoraphobie n'avait jamais été aussi handicapante (j'arrivais parfois à descendre au courrier seule, mais au prix de quels efforts !!!).
Aussi, je passais mes journées derrière mon écran...

Un jour, le salon que je fréquentais était vide... J'allais sur un autre, toujours plein. Je commençais une correspondance électronique avec un suédois... jusqu'à prendre un aller-retour pour la Suède quelques semaines plus tard.
J'ai pris sur moi pour affronter l'extérieur, l'aéroport, l'avion que je n'avais jamais pris, un pays et une langue inconnus... et j'allais rejoindre, dix jours, un homme que je n'avais jamais vu...

Fuir... Partir... Disparaître...

Je revins dix jours plus tard, début juin. J'acceptais de prendre des AD et des somnifères... et retournais sur le chat, de jour comme de nuit... Là, je rencontrais des personnes qui participèrent à mon retour parmis les vivants...
Je me sentais morte de l'intérieur !

Un homme devint mon confident, mon meilleur ami, mon complice... et me sauva de mes envies de suicide. Nous passions tellement de temps ensemble... Puis, un jour de septembre, il fit près de deux cents kilomètres pour me rencontrer...
Depuis nous sommes liés... Nous avons eu confirmation que notre inclination par écran interposé était plus que virtuel... Réel... Si réel... C'était trop beau... magique...

Depuis l'été mon mari avait accepté la séparation. Je faisais chambre à part, dormant sur un lit de camp. Nous ne partagions plus que les disputes, où je me montrais de plus en plus silencieuse... Seul l'argent faisant défaut me gardait là...

Après la deuxième rencontre avec mon Arc-en-ciel, je pris la décision d'accélérer les choses. Par chance, il n'habitait pas trop loin de ma fille... Aussi je décidais de m'installer près de lui.
Durant trois mois je fis des aller-retours en train, pour chercher du travail et un appartement...

Je déménageais le 4 mars 2005 dans mon navire que nous occupons tous les deux aujourd'hui...

samantdi, sur le chemin de 19xx à 2006,
vendredi 4 mai 2007

1998, 37 ans - L'engagement

C'est une année en forme de tournant, ou même de croisement, de bifurcation.

Je suis à un carrefour : professionnellement, je me débrouille bien mais j'en ai souvent assez de faire cours à des enfants si tranquilles, à des fils de bonne famille qui réussiraient aussi bien sans moi. L'envie de demander ma mutation vers une ZEP me taraude mais j'ai peur de ne pas assumer, d'y laisser des plumes et de regretter ce choix.

Depuis le départ de Jules, j'ai l'intime conviction que je n'aurai pas d'enfant et que je ne fonderai pas de famille. D'ailleurs je vis seule et sans le moindre amant ni amoureux. Le désir même a déserté, mes fantasmes les plus joyeux se sont éteints, je suis sèche et stérile comme un vieux parchemin. Jules a emporté tout ce torrent de passion et de folie avec lui.

Je me demande ce que je vais faire de ma vie, je me demande pourquoi le compteur n'affiche que 37, comme la vie est lente. Je me sens tellement vieille. J'ai plus de souvenirs que si j'avais mille ans.

Un jour que je déambule dans une grande librairie, je suis abordée par une vieille dame habillée de couleurs très vives, qui tient un stand. Elle me demande si je m'intéresse aux enfants et si je pense que la lecture est importante. Elle me propose d'acheter un livre pour l'association qu'elle représente, ce livre sera ensuite lu par des bénévoles dans une bibliothèque de rue.
Ce qui me frappe, c'est la gaieté de cette femme, elle me fait penser à la Maud d'Harold et Maud. Elle a un chignon de cheveux blancs, très flou, très féminin, et des vêtements originaux et colorés. Elle parle avec vivacité. Elle attire mon attention, et je me mets à l'écouter. Elle me donne les grandes lignes de cette association. En fait, c'est un mouvement international, qui lutte contre la misère et l'exclusion. Elle me donne des documents, elle me propose d'assister à une réunion du groupe de notre ville.

Rentrée chez moi, je lis la documentation, je suis tout de suite intéressée. Une sorte de déclic se fait en moi : il faut que j'aille voir ça.
Cependant, les contretemps se succèdent et je ne parviens pas à remettre la main sur la jolie dame au chignon ni ses collègues. Du coup, je m'adresse au groupe national qui me propose de partir une semaine à Marseille. Nous sommes au seuil de l'été, j'accepte et me voilà embarquée pour un engagement qui est, neuf ans après, au centre de ma vie.

Après ce séjour marseillais je parviens enfin à rejoindre le groupe de ma ville. Je découvre des gens passionnés, originaux, bigarrés. Notre engagement nous lie malgré nos différences. De fous-rires en prises de bec, de combats communs auprès de gens en situation d'exclusion, de pique-nique en réunions, j'apprends à composer avec certains qui jusqu'alors me semblaient des ennemis, des étrangers à mon monde.

L'engagement sur le long terme nécessite des compromis. Sinon, on claque la porte très vite. En effet, avoir un idéal théorique ne suffit pas quand il s'agit de donner de son temps et de son énergie, d'affronter des situations parfois conflictuelles, de se retrouver aux côtés des gens dont personne ne veut, que personne ne voit, et dont on pense que leur destin est tout tracé.

Mais vraiment, ça vaut la peine.

Plus jamais je ne me suis demandé ce que j'allais faire de ma vie : il y avait devant moi un chantier pharaonique et je m'y suis attelée.

Otir, sur le chemin de 19xx à 2006,
mardi 18 décembre 2007

1995:37 Sursauts de l'espoir

J'ai promis à Sidonie qu'un enfant naîtra. Dans le même temps, je suis contactée par Médecins sans Frontières qui recherchent des interprètes pour partir à Grozny. Je passe l'interview et à la dernière seconde, je leur dis que la seule chose qui m'empêcherait de partir serait si je suis enceinte.

Quand je fais savoir ma décision à Estac, il panique. Il veut que je reste avec lui. Il veut que je sois là pour les premières sessions de studio à Brooklyn. Il me dit alors que s'il ne tient qu'à faire un bébé, il va le faire, et il m'entraîne dans la chambre ; et quand quelques heures plus tard, Gabrielle m'appelle au téléphone, je lui dis en riant que j'ai fait un bébé.

Mais quelques jours plus tard déjà, Estac ne veut surtout plus en entendre parler. Ce n'est pas grave d'ailleurs, puisque je suis enceinte. Mais quand je le vérifie, et que je veux le lui annoncer, il refuse de m'écouter. Je suis mortifiée. Je voudrais tellement être à partager quelque chose avec lui, et il ne m'autorise pas à le faire, alors je partage avec les femmes de ma vie, sans qu'elles se doutent que ma plainte est intense.

Je vais partir le rejoindre à Brooklyn. Il m'interdira de mettre un seul doigt de pied au studio et je reste confinée au sous-sol, à l'attendre, et attendre mon bébé tranquillement, tout en répétant la cantate de Bach pour le trimestre à venir. Jamais je n'aurais été aussi bien préparée pour un concert. J'ai dû renoncer à mes cours d'hébreu, je vais en manquer trop, de toutes manières j'aurais également abandonné si j'étais partie en Tchétchénie.

A mon retour, je vais faire la connaissance de Romain. Claudette ne sait pas que je suis enceinte. Elle me raconte que Romain est revenu avec le cytomégalovirus. J'ai un coup au coeur. Ma gynéco me rassure plus tard en me disant que l'on est exposé partout dans le métro. N'empêche, l'hôpital trouvera plus tard que le foetus ne se développe pas si bien et que j'ai des anticorps qui indiquent que j'ai été un jour exposée, mais quand ? On ne saura jamais. Estac ne veut toujours rien savoir. Je passe cette grossesse toute seule et d'ailleurs personne ne s'en aperçoit avant le septième mois.

Quand notre bébé vient au monde, c'est avec l'aide d'un autre homme que mon mari. Je savais bien qu'il y avait des sage-femmes hommes dans le service, mais j'avais espéré que j'aurais de la chance[1]. Ce n'est pas grave. Il s'appelle Frédéric et il s'est très bien débrouillé, un peu effaré de la vitesse à laquelle le travail s'est déroulé. Estac n'a pas eu le temps d'arriver. Et on n'est toujours pas d'accord sur comment Monsieur Ziti s'appelera.

Notes

[1] de rester entre femmes.