Petits cailloux et ricochets

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le projet

En novembre et décembre 2006, Anna Fedorovna Kozlika a remonté les années de 2006 à sa naissance au rythme d'un billet pour chaque année. Elle a appelé cette série « Mes petits cailloux 2006-1960 »

A la fin, elle a eu envie de reprendre le chemin en sens inverse et quelques blogueurs ont eu envie de la suivre : ces billets avaient fait naître en eux échos, sourires, jeux de miroir ou clins d’œil... ces fameux ricochets que font les petits cailloux lancés au fil de l'eau.

Le blog collectif que vous êtes en train de lire a été créé ainsi, au détour de discussions au bas de quelques billets. Il s’appelle « Petits cailloux et ricochets » et accueille les textes de tous les participants.

Si vous aussi vous souhaitez faire des ricochets, les modalités pratiques sont expliquées sur cette page.

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écrits dans la marge

Les textes sont présentés dans l'ordre chronologique de leur rédaction.

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valclair, sur le chemin écrits dans la marge,
mardi 6 mars 2007

Difficiles ricochets!

Ce n’est pas facile du tout ces ricochets !

Dimanche j’ai commencé mon ricochet 2002 (le 2003 est prêt et dans les tuyaux pour mise en ligne sur le site jeudi, j’essaie de tenir mon rythme de publication hebdomadaire régulière) Mon ricochet 2002 parle de la mort de ma mère. Je n’ai pas pu finir dimanche j’ai essayé de m’y mettre tout à l’heure mais ça coince alors j’ai basculé sur ces mots qui disent la difficulté d’écrire.

Ce n’est pas tant une difficulté lié à un réveil de la douleur. (d’ailleurs y a-t-il eu exactement ce que l’on appelle de la douleur à ce décès ?). C’est plutôt une certaine difficulté un peu décourageante à cerner le passé. Sur les jours que j’évoque j’ai certaines images très précises, là c’est simple, il suffit de les reprendre et de décrire ce que je vois. Mais entre ces images il faut, pour pouvoir faire récit, traquer les transitions. Celles-ci sont plus floues, incertaines même et les écrivant je ne sais pas vraiment si je colle au réel advenu ou si je recrée. (Cela dit l’expérience m’a prouvé que parfois y compris des images très nettes et que l’on croyait parfaitement sûres se révèlent inexactes, confrontées à des éléments objectifs, photos, films, etc… alors ! tout souvenir est une recréation qui parle de notre présent autant que de notre passé, il faut faire avec ça) Il n’empêche que la difficulté à retrouver fait s’interroger sur la validité de l’ensemble du processus.

Et puis au-delà il y a la question de l’intérêt même de ce regard porté sur le passé. Est-ce que ce n’est pas encore et toujours se tourner vers ce qui est mort (voilà où est le lien peut-être avec le thème de l’entrée sur laquelle je bute ) plutôt que vers le présent à vivre dans l’aujourd'hui ?

Pour progresser dans mes ricochets je me suis fait un tableau en mettant en face de chaque année le souvenir que j’y traiterai. C’est du Valclair tout craché ça, un esprit de sérieux un peu excessif voire légèrement névrotique ! Et cet art de faire de ce qui est censé être un jeu une machine qui pourrait devenir pesante ! Pour certaines années je vois de façon évidente ce dont je vais parler, il y a même parfois plusieurs thèmes en concurrence. Pour d’autres, pour beaucoup d’autres c’est le vide apparent. Je sais bien, c’et le principe même de la démarche, c’est aussi en écrivant l’année x que surgiront en ricochet les cailloux de l’année y ou z. Il n’empêche que pour l’instant, vu d’ici, vu de là où je suis, ça me paraît un poil décourageant et je me demande dans quoi je me suis embarqué. N’est ce pas un peu bête d’avaler son temps dans cette écriture qui, même si elle me conduit à certaines découvertes (ou redécouvertes) est tout de même surtout une écriture ressassement ? J’ai aussi des envies fictionnelles et plus ludiques. J’ai notamment deux ou trois scénarios de petites nouvelles érotiques - j’aime bien écrire érotique - qui sont depuis longtemps dans un coin de ma tête et qui sont revenus me titiller l’esprit mais je ne peux pas tout faire. J’écris peut-être assez correctement (à ce qu’on me dit) mais j’écris lentement, très lentement, l’un d’ailleurs expliquant l’autre sans doute…

mnesiloque, sur le chemin écrits dans la marge,
mercredi 14 mars 2007

Un tableau impressionniste

En choisissant de remonter le temps à rebours, on s'impose une contrainte narrative : celle de devoir évoquer les effets avant les causes, les conséquences avant les actes. J'en avais bien conscience dès le départ, c'est même pour ça que j'ai choisi ce sens ; si j'avais emprunté le sens naturel, le risque aurait été grand de tomber dans la simple succession d'anecdotes, façon rapport de gendarmerie.

L'inconvénient d'un tel exposé chronologique linéaire aurait été de souvent suggérer un lien de causalité entre tel événement fort de mon enfance et tel trait de mon caractère actuel. Post hoc, ergo propter hoc. Or je suis persuadé que la vie est bien plus embrouillée et que nous influençons notre environnement autant que celui-ci nous influence. Par exemple, mon grand-père justifiait souvent son anticléricalisme par une punition injuste que le curé de son village lui aurait infligée dans son enfance ; mais c'est beaucoup trop simple. En réalité, rien ne permet d'affirmer que ce n'est pas l'inverse, que ce n'est pas son anticléricalisme notoire et préexistant à cet événement qui a poussé le curé exaspéré à le punir plus sévèrement qu'un autre enfant.

En remontant le temps, je m'oblige à reconsidérer des liens de causalité que je croyais jusque-là acquis ; je m'empêche de trop verser dans l'anecdotique ; je me contrains au recul et à la transversalité ; je me force à privilégier l'effet d'ensemble par rapport aux détails. Comme dans un tableau impressionniste. A mon avis, c'est tout l'intérêt de l'exercice - même si ça le complique singulièrement.

(En attendant, je ne suis vraiment pas à l'aise pour aborder l'année 2003... D'où ce petit billet dans la marge, pour faire diversion et passer le temps, l'air de rien...)

piloue, sur le chemin écrits dans la marge,
vendredi 23 mars 2007

Grain de sable, binette et nulligeste

Tous ici avons nos raisons de participer à cette pyramide de petits et gros cailloux. Moi qui en 2006 n'avais pas pu avoir d'enfant, je voulais remontrer le temps, point par point, caillou par caillou, pour revenir à ma propre naissance, comprendre et accepter mon propre enfantement et ma propre éducation. Comprendre et accepter pour ne plus avoir peur d'un grain de sable dans l'engrenage, le plus petit des cailloux, mais celui qui pique l'oeil et fait pleurer sans qu'on puisse vraiment l'expliquer. Remonter à mon origine pour être capable d'être moi-même l'origine de quelqu'un.

J'ai rapidement écrit les premières années, elles étaient encore fraîches, la terre était meuble, un coup de binette et les cailloux volaient. Et pendant ce temps je ne savais pas mais la magie commençait à opérer.

Nulligeste je ne suis plus depuis un mois et demi. Je ne sais pas encore de quelle manière cela va influencer le choix de mes futurs cailloux. Je dois redéfinir mon fil rouge. Et revenir jouer au petit poucet.

erin, sur le chemin écrits dans la marge,
dimanche 1 avril 2007

Où les petits cailloux deviennent des blocs de pierre...

Cela fait bien longtemps que je n'ai publié de ricochets. J'en ai pourtant deux de manuscrits (datés du 13 et 20 février dernier...). Mais je ne les ai toujours pas pianotés ici... Ni ailleurs non plus...

Ce sont deux années descendantes, 2004 et 2003... Et je n'ai absolument rien écrit pour 1968 et 1969... Ni la moindre idée d'un sujet... J'ai pourtant des souvenirs qui me reviennent. Mais ils sont difficiles à écrire, car difficile à revivre... J'ai l'impression de ressasser des mauvais moments... Peut être ne suis-je pas prête pour les écrire... Car écrire pour moi c'est formaliser des émotions, des impressions, des sensations... C'est mettre des mots sur des maux... Et bien plus. Je crois que ce qui me retient c'est le jour sous lequel je montre ma mère... Car je ne la déteste pas tant que ça... Ce qui complique d'autant plus notre relation.

J'avoue que j'ai un problème avec la mère, qu'elle a été une épouse un peu trop étouffante, mais c'est une femme qui m'a fait rêver gamine... C'était mon modèle sur bien des points... Aujourd'hui, enfin depuis quelques années, je dis à qui est proche de moi et la connait que surtout, surtout, si je deviens comme elle, qu'on m'euthanasie !... Humour... Mais pas tant que ça...

Alors, au lieu de glandouiller derrière mon écran, d'aller de lien en lien sans presque jamais y laisser une petite trace de mon passage, il serait sans doute mieux que j'en laisse une ici... Sans doute...

Pour être honnête, en ce moment je me pose pas mal de questions, notamment sur le blog, sur son utilité, sur son impact sur l'auteur autant que sur les lecteurs, sur le monde de la blogosphère en général... Faut dire qu'il y a quelques remous par ci, par là... Ceci n'est pas une excuse supplémentaire, juste une petite facette d'explication.

sicaliptic, sur le chemin écrits dans la marge,
mercredi 4 avril 2007

constatations

il me semble par moment que les évènements marquants qui me reviennent sans effort sont ceux qui sont les plus noirs. Je me rends bien compte que mon compte à rebours est fait de morceaux épars qui ne rendent pas vraiment justice à la réalité de chaque année. Mais cela a surement une signification : préférer les petits cailloux noirs ou certains blancs plutôt que le gravier qui remplirait trop vite mes poches a un sens.
C'est vrai, Je ne me souviens pas de tout et je m'étonne de cette épuration dont je n'avais pas conscience jusqu'à présent.
mais les ricochets sur l'eau et les rides de mon visages sont dus autant aux rires qu'aux pleurs, j'espère retrouver aussi les traces de ces joies qui m'ont fait des plis autour des yeux...
il me reste encore 26 ans à explorer.

valclair, sur le chemin écrits dans la marge,
lundi 9 avril 2007

Ricocherai-je encore?

Je pars demain matin pour une dizaine de jours dans la région toulousaine, dans la « maison de famille » comme on dit. Voyage très famille d’ailleurs. On emmène mon père. Le fiston va venir nous rejoindre pendant quelques jours avec un copain. Ma belle-mère aussi peut-être.

Ce sera l’occasion en tout cas d’une coupure d’internet, d’un éloignement du blogo-monde (mais pas de toutes ses personnes d’ailleurs, je me détacherai une journée du cercle familial pour aller rencontrer quelques blogami(e)s de la région). Disons que je mettrai à distance ma blogovie dans sa quotidienneté avec les pressions qu’elle comporte : aller lire, aller écrire, éventuellement aller commenter. C’est très salutaire d’avoir de temps à autre ces moments de coupure.

Or je pars sans avoir de ricochets d’avance. Je ne pourrais donc pas les déposer avant mon départ pour qu’ils soient mis en ligne, au jour que je m’étais fixé, chaque jeudi. Il faudra attendre. Mais les écrirai-je même ? Les relancerai-je si je perds le fil de cette régularité que je m’étais imposée ?

C’est qu’ils ne sont pas faciles ces ricochets ! Je ne suis pas sûr qu’ils me fassent du bien. Je n’arrive pas à être dans une approche légère, ludique, dans la simple chasse aux souvenirs, dans le pur plaisir des surgissements et des évocations. Je ne peux m’empêcher de faire travailler le souvenir dans mon présent, d’analyser ce qu’il me renvoie de mes choix ou plutôt de mes pentes de vie et donc passent des ombres qui viennent réactiver des regrets, des échecs, des impuissances, qui les ramènent à moi non comme des difficultés surmontées mais comme des récurrences et des permanences.

Je pourrais essayer de ricocher différemment. Dans l’autre sens c’est sûrement plus facile. Il me semble que j’arriverai mieux à me faire plaisir dans l’évocation des souvenirs d’enfance. Non qu’ils soient tous toujours roses. Mais en tout cas ils sont plus à distance, ils ne s’articulent pas de la même façon avec mon présent. Je pourrais imaginer de tenir les deux bouts, continuer de descendre mais aussi commencer à monter, prendre des respirations du chemin descendant grâce au chemin montant (ce serait amusant d’ailleurs de voir sur quelle année la tenaille se refermerait, les chemins se rejoindraient).

Ou bien je pourrais renoncer complètement à la contrainte des chemins, lancer des cailloux erratiques, évoquer les années quand l’envie m’en vient en dehors de toute chronologie suivie. J’ai une année prête déjà d’ailleurs, 1961, c’est la première que j’ai écrite parce que c’était le moment où en étaient nos dames initiatrices lorsque j’ai commencé, une année proche de leur naissance, et j’avais eu envie de ricocher par rapport à elles.

Je pourrais arrêter aussi tout simplement. Il n’y a aucune obligation, je n’ai pas signé de contrat, n’est-ce pas, et je n’ai non plus aucune obligation morale vis à vis de quiconque. Je n’en ai pas d’autre que celle que je me mets à moi-même. C’est une tendance que j’ai souvent ça, me créer des obligations. Comme si il n’y en avait pas assez qui nous sont imposées de l’extérieur ! Lorsque je commence quelquechose j’aime bien aller au bout. Ce qui part d’un bon principe – ne pas renoncer à la première difficulté – mais qui ne doit pas être poussé trop loin, il ne faut pas que ça se transforme en acharnement par refus obtus de remise en cause ou par orgueil.

Le but de mon écriture c’est aussi, c’est d’abord, du moins ce devrait être d’abord, de me faire du bien : par le plaisir d’écrire, par le plaisir de transmettre, par le plaisir d’échanger et de me créer des ouvertures nouvelles au monde. Je sais aussi que j’ai beaucoup de plaisir dans l’écriture fictionnelle. Or j’ai un projet de récit, un peu plus qu’une nouvelle, un peu moins qu’un roman auquel je pense depuis pas mal de temps maintenant. Peut-être que cette écriture qui parlerait de moi tout en m’en éloignant serait bienvenue désormais plutôt que de m’acharner à ces ricochets…

Je vais pouvoir laisser mûrir tout ça en étant un peu à distance pendant ces vacances. Peut-être que je vais produire quelques ricochets ou peut-être pas. Nous verrons…

andrem, sur le chemin écrits dans la marge,
vendredi 20 avril 2007

La première décennie.

Après un long silence dont je peine à sortir, je reviens sur mes lieux hantés et je cherche mes mots. A ‎quoi bon, me dit le diable vauvert, que fais-tu à perdre ton temps et le bout de tes doigts. L’ordinateur ‎n’est pas un appareil si anodin que tu lui confies tes états d’âme et de service, que tu lui racontes ta vie ‎à ta façon, que tu encombres les fils électriques de tes simagrées. Le silence est d’or dit-on, et le moine ‎ne me contredirait pas qui sait si bien tenir sa langue et son piano, quand il veut.‎

Cet or là me pèse, et plus s’accumulent les idées molles, plus l’envie de dépenser me tenaille. Les ‎déconvenues, ou plutôt la contemplation de la vraie réalité de mon enfermement volontaire et vital, ‎s’opposent à me voir revenir et simultanément rendent mon retour plus nécessaire que jamais à ma ‎survie. Etrange piège où je me suis fourré, en commençant d’écrire d’abord, en cessant de le faire ‎quelques courtes journées ensuite, moins de quarante en tous cas. Je ne peux désormais ni ‎m’interrompre ni recommencer.‎

Avant de reprendre les blogues, je vais un peu ricocher, voir si l’on voit, voir si je vois, regarder. ‎Justement, me voici au crépuscule de la première décennie. J’ai révolu neuf ans, et je vais attaquer le ‎dixième, avec toujours cette incertitude de savoir si l’an zéro compte rien ou un. Incertitude ‎philosophique, qui en rejoint d’autres. Après tout, parler de l’an 1956 est-il pertinent, évoquer Noël ‎‎1955 ou Noël 1956 sous prétexte de souvenirs a-t-il un sens ?‎

Pourquoi ne parlerait-on pas du Noël zéro, avant de chercher un sens à 1956 années plus tard ?‎

Réflexions.

Il en est du Noël zéro comme du grand boum, en anglais le Big Bang. Plus on s’en rapproche, plus il ‎est flou. Les astronomes trouvent une lumière fossile et se perdent dans les températures si ‎gigantesques que le glaçon a fondu avant d’arriver au fond du verre comme celui d’un jour de canicule ‎à l’heure du pastis sur le Vieux Port. Dans ces territoires étranges, gagner un milliardième de seconde ‎dans le passé sur les cinq qui restent à examiner est plus difficile que parcourir tout le chemin qui a ‎conduit à ce cinquième milliardième. Le point zéro est à jamais inaccessible.‎

Ainsi le Noël zéro.

Déjà personne ne sait si la première année de l’ère a été l’an zéro-un, ou l’an un, ou ‎l’an zéro. On commence mal. Déjà que Noël n’est pas tombé un premier janvier, ce qui est bon pour ‎les jours fériés mais mauvais pour s’y retrouver, et très mauvais pour le vacarme commercial. Ainsi, ‎plus on se rapproche de ce temps originel, c’est bien ainsi qu’il faut le nommer, originel, moins on ‎comprend.‎

Ceux qui nous ont raconté ce Noël zéro ne sont pas encore nés, de très pieux pères les inventeront de ‎toutes pièces de nombreuses dizaines d’années et de Noëls plus tard ; dans quel but et pour quels ‎complots de conquête, vas savoir. Le travail a été bien fait, Jean Mathieu Luc Marc, quatre noms ‎sortis du panier qui seront apôtrifiés en chœur pour faire du vécu, et qui diront des choses proches mais ‎différentes sans se contredire mais un peu quand même, après tout Dieu justement lui sait comment il ‎faudra plus tard interpréter le discours, autant se donner de la marge.

Ainsi est né Noël, la planque ‎dans la grotte, l’âne et le bœuf, les rois et les trésors ? Le recensement de César, et quel César, le seul ‎le vrai qui se pavane chez Astérix, ou bien un de ses comparses historiques, Auguste, Claude, je ne sais ‎qui ?‎

Mets quelques détails vrais dans cette belle invention, et les chercheurs de révélation n’auront plus ‎qu’à se mettre en route, on trouvera bien des manuscrits du côté de la Mer Morte et un recensement ‎confirmé par Tite-Live ou Pline jeune et vieux, pour crédibiliser la question, à défaut de la réponse.‎

Et les cadeaux des rois, où sont-ils passés ? Hein, personne n’en parle, de ces cadeaux. L’encens, la ‎myrrhe, l’or, et le reste, qui les a récupérés dans la grande pagaille de visiteurs de la crèche ? Que fait ‎la police ? Il faudrait peut-être aller voir les caves du Vatican, à tout hasard, pour ceux qui aiment ‎révéler des complots introuvables.‎

En un mot, je dis 1956 parce que je le vaux bien, mais franchement, je ne suis pas sûr du montant et ‎personne ne l’est d’ailleurs. Je sais seulement que l’erreur, quelle qu’elle soit, est la même pour tous, la même pour toutes les dates. J’ai donc bel et bien dix ans et je vous écris pour exister.‎

gabriel, sur le chemin écrits dans la marge,
dimanche 29 avril 2007

En pause... et bonne route !

Je suppose que vous n'aviez pas fait attention, au milieu de tous ces ricochets, et je n'en prends d'ailleurs pas ombrage, mais je me suis arrêté en cours de route.

Mon dernier ricochet, pour sincère qu'il ait été (car j'y annonçais la supercherie), était une parabole, variation fantasmatique imaginant un baiser avorté, qui ne fut jamais esquissé que dans mon imagination et l'étreinte de deux mains. Bref, un mensonge éhonté, pour aborder une période où la félicité le disputait à la frustration.

Ce fut un point d'arrêt. Comme s'il y avait un mur. Avant 1999, avant mes quatorze ans, rien. Tellement de choses à la fois, mais valent-elles la peine d'être dites ? Et surtout : d'être dites en poèmes ?

Je suis en pause. Assis au bord de la rivière. Je ne sais pas si je me relèverai pour reprendre la route. Peut-être que quelqu'un viendra me pêcher, malgré lui, me prenant pour un arc-en-ciel ?

Je suis en pause, et vous regarde passer. Bonne route.

luciole, sur le chemin écrits dans la marge,
mercredi 9 mai 2007

Au revoir

Parce que j'ai beaucoup à faire, parce que je me suis dispersée, parce que cela fait si longtemps que je suis dans l'introspection, parce que j'ai envie d'autre chose, parce que je suis en retard sur une pièce de théâtre que je dois écrire, parce que je ne sais pas tout faire, parce que j'ai déjà tant écrit sur ma vie passé, parce que ... Je ne continue pas les petits cailloux et ricochets ...

Mais comme je ne sais pas fermer les portes définitivement, je la laisse entrouverte et me garde le droit d'un jour y revenir. Merci à kozlika qui a lancé cette aventure. Je n'aime pas d'ordinaire ne pas finir ce que j'ai commencé mais j'ai d'autres priorités en ce moment.

Bonne continuation à tous...

valclair, sur le chemin écrits dans la marge,
jeudi 24 mai 2007

Jeudi c'est ricochet!

Enfin en principe. Car nous sommes jeudi justement. Et mon ricochet 1994 n’est pas prêt. Il était pourtant sur le feu dans ma bouilloire intérieure depuis quelque temps mais aucun mot n’en a été écrit...

C’est qu’il n’est pas facile. Il n’est pas spécialement douloureux mais il fait étrangement écho à des ricochets d’une autre nature qui se nouent ces jours ci dans mon présent. Et ce sont ceux-ci d’ailleurs qui ont absorbé une bonne part de mon énergie mentale de ces derniers jours, m’empêchant de me tourner vers ces temps plus anciens ou plutôt peut-être de trouver la bonne distance pour en parler. Alors je préfère laisser mijoter.

Donc je saute l’échéance. Je passe le tour. Tant pis pour mon contrat du jeudi qui après tout n’est un contrat qu’avec moi-même ! Et puis tiens, ça ne me déplait pas de laisser un peu plus longtemps comme ricochet dernier en date, ce ricochet 1995, si heureux et lumineux.

Evidemment si je m’amuse à sauter comme ça les échéances, je n’ai pas fini de dérouler le film ! Moi qui doit déjà ricocher sur plus d’années que bien d’autres, si en plus je saute mon tour quand donc arriverais-je au bout ? Il y en a qui vont avoir le temps de faire trois fois le tour avant que je n’atteigne le doux temps où je pourrai réintégrer le cocon primordial, la quiétude du giron maternel (hum ?!)

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