Petits cailloux et ricochets

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le projet

En novembre et décembre 2006, Anna Fedorovna Kozlika a remonté les années de 2006 à sa naissance au rythme d'un billet pour chaque année. Elle a appelé cette série « Mes petits cailloux 2006-1960 »

A la fin, elle a eu envie de reprendre le chemin en sens inverse et quelques blogueurs ont eu envie de la suivre : ces billets avaient fait naître en eux échos, sourires, jeux de miroir ou clins d’œil... ces fameux ricochets que font les petits cailloux lancés au fil de l'eau.

Le blog collectif que vous êtes en train de lire a été créé ainsi, au détour de discussions au bas de quelques billets. Il s’appelle « Petits cailloux et ricochets » et accueille les textes de tous les participants.

Si vous aussi vous souhaitez faire des ricochets, les modalités pratiques sont expliquées sur cette page.

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Les textes sont présentés dans l'ordre chronologique de leur rédaction.

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izo, sur le chemin écrits dans la marge,
dimanche 10 juin 2007

de retour

J'ai un peu délaissé mes ricochets... Il fallait le temps de faire une petite collection de cailloux plats...
Je vous ai laissé en 1976, braillant de mes cris de nouveau-né...
On balance la prochaine pierre à la surface ?
C'est reparti !

valclair, sur le chemin écrits dans la marge,
jeudi 5 juillet 2007

Ricochets en déshérence

Encore une fois j’ai laissé passer ma journée Ricochets. Je ne suis pas le seul d’ailleurs. Beaucoup de ceux qui s’étaient engagés dans cette entreprise, notamment parmi ceux, celles, que je suivais avec le plus d’intérêt semblent en pause. Peut-être est-ce simplement fatigue de fin d’année, besoin de s’aérer la tête à l’approche des périodes de vacances, besoin d’un ailleurs dans les mots aussi, peut-être est-ce au contraire une lassitude plus durable ou l’épuisement même de l’envie du retour sur le passé.

Pour ma part je vais suspendre mes ricochets pour un temps indéterminé. Je n’aime pas trop démarrer quelquechose sans aller au bout, donnant ainsi de moi l’image de quelqu'un qui ne fait pas ce qu’il a annoncé. Mais c’est idiot, c’est une forme d’orgueil qui me conduit parfois, y compris dans des situations triviales de la vie courante à un acharnement source de mal-être et contre-productif. Je cherche à m’en défaire. Ce n’est pas pour le maintenir ici. Donc là aussi je vais m’en défaire. Je ne vais pas m’obliger.

Non que je ne trouve des caractères positifs à cette pratique du ricochet et à la contrainte que je m’étais imposée d’en suivre à peu près le consignes : un ricochet par semaine, un ricochet pour chaque année, ne pas déroger au sens de progression que j’avais choisi, en allant de mon âge canonique actuel (je puis me permettre ce terme depuis que je sais grâce à Traou que c’est un âge encore assez tendre à nos yeux de modernes !) jusqu’à mon premier vagissement, jusqu’à mon retour dans le giron maternel. Passé la difficulté à m’y mettre j’y ai trouvé des satisfactions en faisant ressurgir de beaux moments enfuis ou bien en me coltinant, parfois difficilement mais justement richement parce que difficilement, à certaines étapes passées de ma vie. Et je ne suis pas mécontent de certains des textes produits dans ce cadre.

Mais ces textes par définition étaient rétrospectifs/introspectifs, or en ce moment je crois je suis vraiment fatigué des rétrospections et des introspections. Dans mon écriture au jour le jour j’ai plus envie d’évoquer le miroitement du présent, d’être provocateur d’avenir plutôt que recenseur de passé. J’ai envie d’être plus ouvert à ce qui est mis en mouvement, à l’accueil de ce qui peut advenir, je pourrais presque dire que j’ai envie d’une écriture constructive/prospective. Et puis j’ai aussi une idée de récit fictionnel, enfin du fictionnel qui dirait beaucoup de moi mais autrement, c’est un texte qui mûrit depuis un sacré bout de temps et auquel j’ai bien envie de commencer à m’atteler vraiment en profitant des vacances qui commencent.

Ce n’est qu’un temps peut-être. Je n’exclus pas de revenir aux ricochets. D’ailleurs j’en ai un, d’une année de petit garçon, 1961, écrit au moment où je ne savais pas encore dans quel sens partir, je le garde en réserve, il viendra s’insérer à sa place, si je reprends. Mais je ne m’engage à rien. Je verrais. Voilà. Bonne chance aux Petits Cailloux et Ricochets. Et que d’autres prennent le relais, ne laissez pas cette jolie idée en léthargie, qu’elle reste vivante et que je puisse moi et d’autres y revenir quand j’en aurais de nouveau le désir.

samantdi, sur le chemin écrits dans la marge,
vendredi 6 juillet 2007

Plus lentement que prévu

A l'heure où sonnent les réveils joyeux des départs en vacances, je lis le billet de Valclair en me disant que je vais ricocher là-dessus.
Comme lui, j'ai manqué à la non-obligation de régularité et mes billets s'espacent tant qu'on pourrait croire qu'ils vont disparaître dans le néant de la page blanche, celle qui reste toujours à écrire.
Je ne le crois pas, et surtout, je ne le veux pas.
Je prendrai le temps qu'il me faudra mais je terminerai la promenade des ricochets avant la fin de l'année 2007.

Parfois des souvenirs d'années anciennes s'imposent à ma mémoire comme un caramel collé sur une dent branlante. J'hésite à ouvrir la bouche de peur que la dent ne vienne avec le caramel.

Mais justement, je viens de reprendre rendez-vous avec mon dentiste pour finir les travaux.

A bientôt, peut-être même à tout à l'heure.

andrem, sur le chemin écrits dans la marge,
lundi 19 novembre 2007

J'obtempère derechef.

La Directrice a dit:

Je voudrais vous proposer, que vous soyez toujours sur la route ou restés au bord du chemin ou carrément partis vers d'autres horizons, que nous publiions tous cette semaine du 19 au 25 nov donc un billet de la catégorie "en marge" pour faire une étape commune et foisonnante dans notre aventure collective. Cette étape pourrait être personnelle (pourquoi vous continuez, pourquoi vous avez arrêté, ce que ça vous apporte, etc.) ou vos impressions de lecture du blog, globalement, ou d'une année ou d'un âge en particulier.

Alors j'obtempère derechef.

Etrange impression. Etrange impression d'abandon. Dans tous les sens du terme.

Abandon de mon armure pour laisser voir, pour donner à voir, donner c'est cela. Comment suis-je ainsi devenu abandonné au point de me mettre à donner, mystère, magie Fedorovna. Est-ce que j'ai une tête de don? Ce qui semblait au début un jeu semi-innocent de voyeur-exhibitionniste est peu à peu devenu un besoin semi-inconscient de guérison par le regard oblique de soi sur les autres, par le regard supposé des autres sur soi. Soi, c'est moi, en fait.

Guérison de quoi, nul ne saura. Qu'importe. Ma lecture assidue des cailloux, tous les cailloux, j'insiste, j'ai lu tous les hiboux et tous les choux et tous les genoux et tous les cailloux, et l'écriture trop rare de paresse de mes ricochets m'ont soigné quelque chose qui ne retombera pas malade et je ne sais ce que c'est.

Abandon d'une histoire. De mon histoire. Au vingt-cinquième billet, le module savant de l'écran de Koz m'indique ce nombre, j'ai buté sur un escalier trop raide et j'ai passé mon chemin. N'espère pas que j'y revienne, je n'y reviendrai pas. Trop de pieuvres m'observent sur les marches plus hautes que larges, et le vide sans garde-corps qui gronde au dessous est trop large, comme un Urubamba de torrent. Je resterai dans ma cité figée et oublierai ce titre:"seven steps to heaven".

Vingt-cinq billets pour onze années, il y eut de la tricherie dans l'air. La règle était un billet par année, mais quelle serait la règle sans le plaisir de la courber à son propre son désir.

Abandon d'un enfant. Je me suis ainsi abandonné au seuil des marches de l'enseignement secondaire, à ce moment où la physiologie et l'Education Nationale vous font passer du stade élémentaire au stade Watson. L'initiation africaine mise au pas des normes européennes. Le jeune moine intronisé chez ses pairs et pères, le jeune garçon qui passe. Mais attention, lecture prudente et conclusion remâchée, tu ne dois pas te tromper de métaphore.

J'ai fait mauvaise roulette, c'est manque qui est sorti. J'ai cessé de savoir qui j'étais pendant les siècles qui ont suivi et je ne peux plus rien raconter, ou plutôt je dois refermer l'armure.

Non pas à cause de l'extérieur hostile, mais de l'intérieur nauséabond.

Ame, sur le chemin écrits dans la marge,
lundi 19 novembre 2007

Si c'est à refaire, j'é-marge encore...

Petite pierre jetée dans l'eau,
parfois prise dans un rebond, une onde,
parfois non,
j'émarge encore
au côté de mes amis projectiles.

J'avais trouvé le projet de Kozlika beau à lire. Je me suis beaucoup amusée à choisir mes petits cailloux à les faire rebondir et à les voir se mélanger. Pour certains, j'avais hâte de les faire partager. D'autres, me faisaient sentir assez(trop!) banale, une fois mêlés aux autres. L'écriture de chacun de mes pas a en tout cas donné lieu à un travail d'élaboration, de polissage qui me laissait souvent un peu fatiguée, comme courbaturée par la tâche.
Parallèlement, c'était un tout autre exercice : lecture, recherche, visionnage des ondes formées par les collègues. Car c'est là que mes petits ronds dans l'eau prenaient du sens. Je naviguais entre âge, année, évènement. Ma curiosité m'amenait ici, là, avec elle ou bien encore avec lui. Chez nous ou des fois, jusque chez eux. Ils m'ont emmenée.
Petites perles découvertes, donc, par des soirées tranquilles, où l'on entendait que les souvenirs remonter, puis de nouveau s'évanouir .

Drames personnels, mythes familiaux, une rencontre à deux voix, même, un jour...Explosion, rendez-vous amoureux, accident de voiture, petits bonheurs, coeurs qui battent, doutes sur l'avenir, mensonges, changements de cap. Mort.

J'écris au passé mais en fait, c'est une histoire qui continue pour moi et qui continue tout court. J'ai juste été bloquée pour écrire mais je reviens souvent...Et je regarde, je lis, je souris ou je reste interdite. Certains cailloux sont beaucoup trop lourds pour une personne!
Je continuerai donc à jeter mes cailloux d'ici peu, sûrement. Et même si j'en garderais des copies pour moi, je les trouve très bien là, au milieu de ceux des autres.

orpheus, sur le chemin écrits dans la marge,
mardi 20 novembre 2007

Un, deux, trois... et plouf...

Par goût du jeu et peut-être aussi du défi que cela pouvait représenter, j'avais mis les pieds dans cette marre à ricochets.

Rapidement une question métaphysique s'est posée : quel chemin suivre ?
Au tout début, il était proposé "de 1960 à 2006" ou "de 2006 à 1960". Et comment qu'on fait quand on commence à brailler en 71 ? Les meneuses (de revues et) de jeu ont par la suite assouplie les règles. Mais j'avais déjà commencé avec la décision de suivre le chemin ascendant en comblant "le vide" par l'histoire de mes parents.

Je revois encore leur tête quand ils sont passés à la question. "Alors, en 1960... T'étais où ? Et tu faisais quoi ?... Et Papa ?... Deux secondes, je prends des notes... Okay, on passe à 61 ?". Certes, je connaissais déjà les grandes lignes, mais la chronologie exacte m'échappait.
Chaque semaine, je prenais ainsi plaisir à écrire quelques lignes sur la vie de ceux que j'ai tout simplement nommé mes XX et XY.
"Et en 1971, tu es né et on s'est posé... On a recommencé à vivre quand tu es parti. Ah ah ah". L'humour de mon père me fera toujours mourir de rire. Pas de problème si à partir de là vous n'avez plus rien de palpitant (à part moi, bien sûr!) à raconter, puisque je suis censé prendre la relève. Et toc !

Sauf que...
Dame Ecriture est une muse perverse qui se plait à embrouiller les cartes du joueur.
Les cailloux de mes XX/XY m'ont tellement diverti que lancer les miens (surtout ceux un peu flous des premières années) me faisait l'effet d'un pensum. Tel est pris qui croyait prendre. Leur période, qui au départ devait combler un vide, avait fini par capter tout mon intérêt...
Etant plus du genre épicurien que stakhanoviste, j'ai préféré posé mon sac de galets plutôt que de les jeter laborieusement, sans satisfaction. Défi perdu ! Baisser les bras ne me dérange pas. J'y vois plus de vertu que dans le jusqu'au-boutisme.
Depuis, je me contente d'assister aux spectacles des ricochets des autres.
Et c'est très bien comme ça.


Mais là encore...
Dame Ecriture est une muse perverse...
Ces quelques lignes sollicitées seraient-elles en train de raviver la flamme ?
A mes pieds, le sac est encore là avec dedans une grosse trentaine de pierres à lancer.
Il n'y a qu'à se baisser et l'attraper.
On verra ça 'demain'.

alain, sur le chemin écrits dans la marge,
mardi 20 novembre 2007

Et je continue

Ah diable en 1960 j'avais déjà 16 ans.Allais-je laisser tomber toute mon enfance et une partie de ma jeunesse? Ah non le défi était intéressant et je décidai de le tenter en faisant d'une pierre 2 coups pour rattraper les autres (c'est que je suis vieux moi!!)et remettre à flot cette histoire dont je gardais quelques bribes enfouies consciemment ou inconsciemment.

Et je démarrais 1940-1960 avec pour les 4 ou 6 premières années de 1940 à 1946 ce que je savais ou avais deviné car tous les acteurs ont disparus excepté ma mère qui approche les 90 ans et a refermé la porte de son passé pour ne vivre qu'à l'instant immédiat.

Avec plus ou moins de constance et de régularité quand un souvenir revenait comme 1957 avec le lancement du premier satellite et la chanson que je n'ai jamais oublié....

Et au fil des ricochets je serais arrivé au terme de mes 40 années peut-être continuerai-je quelques années de plus mais je ne pense pas dépasser la cinquantaine ou alors plus tard,plus tard......

Et tous ces morceaux de vie amusants, émouvants, tristes, gais, avec plein d'amour ou pas du tout, la vie,

c'est la vie notre vie merci

shayalone, sur le chemin écrits dans la marge,
mercredi 21 novembre 2007

espace-temps

Je tombe sur mes premiers ricochets sur le blog de Thomas. Je ne sais pas comment j’ai réussi à passer à travers depuis Janvier. Sans doute n’ai-je pas voulu voir, n’étais-je pas dans cette dynamique là. Maintenant j’y suis, et plutôt deux fois qu’une. A l’heure de passer le relais, de créer une nouvelle vie – quelle folie ! – me pencher sur mon histoire me semble une évidence. Faire apparaître les lignes directrices avant qu’elles ne me dirigent à nouveau. Choisir des évènements du passé, et savoir que si je les ai choisis, c’est qu’ils parlent de mon présent. Parce que l’histoire n’existe pas, que tout souvenir est faux par essence. Pourtant il existe ce souvenir, il existe et il agit. Comme moi, qui n’existe pas plus.

anita, sur le chemin écrits dans la marge,
mercredi 21 novembre 2007

solitaires, ou en rivière, cailloux are the best blog's friends.

Ecrire en marge

qu'on n'arrive plus à écrire.

Que dans le jeu rieur

de jeter caillou dans les mares-ans

de jeter caillou dans les temps

un scrupule est venu

petit caillou dans la chaussure.

S'arrêter sur le chemin

il faudra bien un jour

retirer sa godasse

examiner le sous-lié,

sous le sec "aie où?"

renouer ce qui pourtant ne fut pas lassé.

etienne, sur le chemin écrits dans la marge,
jeudi 22 novembre 2007

Pas d'écriture

Le dernier (et le premier, d'ailleurs) billet remonte au 27 mars. Je le sais, je viens de vérifier. C'est fou comme le temps passe.

27 mars : 8 mois. L'écriture de ces billets se voulait thérapeutique. Je cherchais à y exprimer le mal-être qui m'envahissait, lié à une relation sentimentale sur le déclin. Elle a cessé, une récréation est passée elle aussi, et me voici embarqué ailleurs.

Pas plus qu'il y a huit mois je n'ai de goût prégnant pour raconter mon histoire. Voici cinq ou huit années, oui, je l'aurais fait. Pas maintenant. Plus maintenant. Pas encore.

Je ne vous lis pas, car cet étalage m'apparaît impudique et dérangeant. Il s'agit de vos vies que je n'ai pas envie moi, de connaître aujourd'hui. Malgré cela, je vous souhaite sincèrement une bonne continuation et de bonnes écritures.

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