Petits cailloux et ricochets

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le projet

En novembre et décembre 2006, Anna Fedorovna Kozlika a remonté les années de 2006 à sa naissance au rythme d'un billet pour chaque année. Elle a appelé cette série « Mes petits cailloux 2006-1960 »

A la fin, elle a eu envie de reprendre le chemin en sens inverse et quelques blogueurs ont eu envie de la suivre : ces billets avaient fait naître en eux échos, sourires, jeux de miroir ou clins d’œil... ces fameux ricochets que font les petits cailloux lancés au fil de l'eau.

Le blog collectif que vous êtes en train de lire a été créé ainsi, au détour de discussions au bas de quelques billets. Il s’appelle « Petits cailloux et ricochets » et accueille les textes de tous les participants.

Si vous aussi vous souhaitez faire des ricochets, les modalités pratiques sont expliquées sur cette page.

les textes
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lilylalibelle, sur le chemin de 2006 à 19xx,
mercredi 5 mars 2008

1997 - 22 : Mariage

Je me suis mariée comme j'ai fait des enfants : sans me poser de questions (ce qui ne veut pas dire sans réfléchir !) . J'aurais peut-être du m'en poser avant, mais c'est un autre débat. Dans ma tête, la question ne se pose (ne s'impose) pour l'instant pas à moi. C'est dans la logique de mon chemin jusqu'à présent, voilà tout Je ne vais pas au-delà dans ma réflexion - et peut-être bien parce qu'inconsciemment je sais que si je vais au-delà, je ne l'aurai pas fait. Non seulement je ne me serais pas mariée, mais sans doute que j'aurais aussi quitté celui qui est mon mari aujourd'hui. Ceci dit, je ne le regrette pas non plus.

Il a, à mes yeux de jeune fille, toutes les qualités pour faire un bon mari : il n'est pas fainéant, il est bricoleur et, donnée non négligeable, il est amoureux.

Ce qui est assez symptomatique de ce caractère logique, voire "normal" ou même attendu de notre union, c'est que nous ne sommes jamais demandés officiellement en mariage. J'aurais bien aimé, pourtant, une vraie demande, dans les formes, avec la bague et tout. En fait, un jour nous nous sommes dit "quand est-ce qu'on peut se marier cette année ?" et on a fixé la date. C'était parti.

Huit jours après, j'avais acheté ma robe (c'est pas de ma faute, j'ai flashé sur la première que j'ai essayé et elle était soldée !). Mais pour le plaisir des grandes robes, j'ai fait quand même tous les autres magasins de la ville les semaines suivantes pour en essayer d'autres. Heureusement, je suis restée sur mon premier choix.

Je ne suis pas croyante mais j'ai tenu à ma cérémonie à l'église. Plus pour marquer le côté solennel de ce que je faisais que pour le reste. A l'époque, la cérémonie civile n'existait pas vraiment (pas dans ma campagne en tout cas) et je ne voulais pas me contenter de la lecture du Code civil et de la signature des actes à la mairie. Je voulais aussi faire part aux gens qui me sont chers que je ne m'engageais pas pour du beurre, enfin bref : être prise au sérieux. C'est vrai que mon chéri et moi avons longtemps été le petit couple de gamins amoureux. C'était une façon pour nous d'entrer dans le cercle des adultes, en quelque sorte. La journée fut une grande fête avec les familles réunies. En fait, la noce a duré trois jours...

Et ça dure depuis dix ans cette année...

lilylalibelle

lilylalibelle, sur le chemin de 2006 à 19xx,
mercredi 27 février 2008

1998 - 23 : Coup(é)e du monde

J'ai longtemps bloqué sur mon caillou 1998, cherchant ce qui avait pu me marquer cette année-là et ne voulant pas écrire, comme Louis XVI dans son journal au soir du 14 juillet 1789 "Rien". Mais c'était pourtant presque une année "pour rien" : je prolongeais mon stage à l'INRA à mi-temps en terminant ma maîtrise de communication et mon mémoire. Je postulais au poste de chargée de communication de l'école d'agronomie (dont le président était le même que celui du centre où je faisais mon stage) mais ce dernier a du avoir peur de ma complicité professionnelle avec ma tutrice de stage - qui m'a énormément appris sur le métier que j'exerce aujourd'hui, dans d'autres conditons.

J'ai terminé l'année par une inénarrable expérience professionnelle dans une boite de transports routiers, petit job d'été qui consistait à éditer des kilomètres de factures sur une immense imprimante à aiguilles qui plantait les trois-quarts du temps. Je passais donc mon temps à discuter avec l'écran de config de la bécane. Passionnant, quoi.

J'ai passé mon entretien de recrutement à la mairie où j'allais travailler à partir de 1999 le 19 décembre : c'était un samedi matin et la commune célébrait le solstice d'hiver avec un concours de scupltures sur glace dans la cour du château qui abritait la mairie. Dans mon sapin de Noël, cette année-là, il y avait ma lettre d'embauche, datée du 24 décembre...

La chose marquante, tout de même, c'est la coupe du Monde de foot en juillet, qui a réveillé mes souvenirs de supportrice (amateur) quand j'étais lycéenne et que je regardais les matchs avec les garçons à l'internat pendant que les filles se vautrait devant un film de Patrick Bruel. Nous avons regardé la première mi-temps de la finale chez... Pizza Hut, où nous devions récupérer à manger avant d'aller regarder le match chez des copains. Pile quand on a posé nos fesses dans la voiture, Zidane a marqué le premier but !

Nous avons terminé dans un concert de klaxon sur la route du retour (d'habitude dix minutes entre le domicile des copains et le nôtre) qui s'est éternisée sur deux heures, mais avec une vraie joie et une sorte de ferveur qui me donne toujours des frissons quand j'y repense. Le lendemain, la ville organisait son traditionnel feu d'artifice de la Fête Nationale, mais le spectacle pyrotechnique qui célébrait le centenaire de l'abolition de l'esclavage paraissait austère face aux hymnes improvisés à la gloire de l'équipe de France.

lilylalibelle

shayalone, sur le chemin de 2006 à 19xx,
dimanche 17 février 2008

1997 Tu seras docteur ma fille

Episode I: J'ai rencontré Alexandra la veille. Partie au matin, elle revient à midi me chercher, m'expliquant qu'elle a quitté sa copine et son copain et qu'elle aimerait me présenter à ses amies. 15h30, je vais le coeur battant voir mes résultats. 43 sur 1600. pour 120 places.

Il y a deux jours, je pleurais sur une marche à la fac, sur ma solitude, ma nullité. Aujourd'hui, il fait drolement beau dans ma vie. J'appelle ma mère, la biologique. J'appelle mes mères, les identitaires. Adèle est choquée que j'ai déjà couché avec Alexandra, quelques heures après l'avoir accueillie et m'être fait sauvegement draguée... Mais elle aussi est fière de moi.

Episode II: Je suis toujours avec Alexandra. C'est l'été. Elle vit enfermée chez ses parents et m'appelle en cachette quand elle va acheter du pain. Je sais qu'ils la maltraitent et je fulmine qu'elle accepte ça. Toute à notre histoire, elle n'a pas beaucoup bossé. Elle a eu son concours de sage-femme, mais à Nimes, pas à Montpellier. Moi j'ai continué jusqu'au concours, réglée comme une horloge. de 8 à 22h, je bosse, puis je sors et on fait l'amour jusque vers une heure. A 7h, le réveil sonne, je saute dans la douche, elle me beurre les tartines que je mangerai dans l'amphi. Le mercredi pm, je fais l'accueil au CGL, le vendredi et le samedi soir, je vais en boite. L'heure des résultats est là. 41°. Je suis constante, c'est le moins qu'on puisse dire.

Je vais pouvoir rendre ma place en Dentaire, acquise l'an dernier, 151° en cinq semaines de boulot...

Je viens de réussir mon concours de PCEM1. J'ai le choix d'aller à Montpellier ou à Nimes, moi. Rester avec mes amis ou suivre mon amour qui n'assume pas?

"Si tu te poses seulement la question, c'est que tu as la réponse" me dit simplement ma soeur, pour une fois de bon conseil.

Ce sera montpellier, alors. Médecine, me voilà!

shayalone

shayalone, sur le chemin de 2006 à 19xx,
dimanche 10 février 2008

1998 Décidée

C'est ainsi qu'on m'appelle. C'est ainsi qu'Il m'appelle, Sensible. Sensible et décidée, c'est le couple présidentiel infernal. Avant lui, mon surnom, c'était Domina. Mais là il n'avait pas de place. On se complète, on s'adore, enfin surtout lui. Moi je l'aime bien, mais ça reste un garçon, je ne peux guère lui rendre la passion qu'il me voue. Je ne peux guère rendre quoi que ce soit à qui que ce soit. Je m'arrache les tripes au quotidien, parce que c'est tout ce que je sais faire. Ce n'est pas par bonté d'âme ou par altruisme. C'est juste mon destin, et j'y cours, décidée. Mais je donne ce que j'ai , et je deteste qu'on me demande, qu'on exige, qu'on m'aliène. Parce qu'en vrai, décidée va mal. mais elle n'a pas le logiciel pour le dire. Alors les relations proches de sensible, c'est insupportable. Plus il s'approche, plus je me révolte. Jusqu'à mordre. Décidée a les crocs aussi pointus qu'elle a les mains douces. Sensible est déchiré. J'ai trop de colère pour me sentir coupable. L'intrusion affective. Insupportable.

Je n'ai pas beaucoup changé.

shayalone

shayalone, sur le chemin de 2006 à 19xx,
dimanche 10 février 2008

1998 Décidée

C'est ainsi qu'on m'appelle. C'est ainsi qu'Il m'appelle, Sensible. Sensible et décidée, c'est le couple présidentiel infernal. Avant lui, mon surnom, c'était Domina. Mais là il n'avait pas de place. On se complète, on s'adore, enfin surtout lui. Moi je l'aime bien, mais ça reste un garçon, je ne peux guère lui rendre la passion qu'il me voue. Je ne peux guère rendre quoi que ce soit à qui que ce soit. Je m'arrache les tripes au quotidien, parce que c'est tout ce que je sais faire. Ce n'est pas par bonté d'âme ou par altruisme. C'est juste mon destin, et j'y cours, décidée. Mais je donne ce que j'ai , et je deteste qu'on me demande, qu'on exige, qu'on m'aliène. Parce qu'en vrai, décidée va mal. mais elle n'a pas le logiciel pour le dire. Alors les relations proches de sensible, c'est insupportable. Plus il s'approche, plus je me révolte. Jusqu'à mordre. Décidée a les crocs aussi pointus qu'elle a les mains douces. Sensible est déchiré. J'ai trop de colère pour me sentir coupable. L'intrusion affective. Insupportable.

Je n'ai pas beaucoup changé.

shayalone

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