Petits cailloux et ricochets

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

le projet

En novembre et décembre 2006, Anna Fedorovna Kozlika a remonté les années de 2006 à sa naissance au rythme d'un billet pour chaque année. Elle a appelé cette série « Mes petits cailloux 2006-1960 »

A la fin, elle a eu envie de reprendre le chemin en sens inverse et quelques blogueurs ont eu envie de la suivre : ces billets avaient fait naître en eux échos, sourires, jeux de miroir ou clins d’œil... ces fameux ricochets que font les petits cailloux lancés au fil de l'eau.

Le blog collectif que vous êtes en train de lire a été créé ainsi, au détour de discussions au bas de quelques billets. Il s’appelle « Petits cailloux et ricochets » et accueille les textes de tous les participants.

Si vous aussi vous souhaitez faire des ricochets, les modalités pratiques sont expliquées sur cette page.

les textes
S'abonner

année 1947

Les textes sont présentés dans l'ordre chronologique de leur rédaction.

Fil des billets - Fil des commentaires

andrem, sur le chemin de 19xx à 2006,
dimanche 4 février 2007

1947 - Un an. La concurrence.

1946 n’a pas fait de vieux os. Je ne vais pas, chaque fois, vous raconter les tenants et les aboutissants et le pourquoi du comment, en remontant cinq ans en arrière.

Quoique.

J’ai quinze années de rattrapage pour arriver en 1960, d’ici là vous seriez tous partis loin, et j’aurais besoin de continuer mes bouchées doubles. Alors je simplifie. Chaque année, j’évoquerai un événement, et un seul, et celui qui me viendra spontanément en tête à l’ouverture du blogue. Mirifique ou piteux, ennuyeux ou universel, peu importe, sa seule qualité sera d’être le premier venu.

Le diplomate de Chalais l'avait dit autrefois : méfie-toi de ton premier mouvement, c'est le bon.

1947 - Cette année là.

La concurrence.

Ils en ont plein la bouche. Ils n’ont cessé de la vanter, elle est devenu une valeur sûre de l’idéologie de l’évidence : la concurrence. Ils s’en sont servi à tel point qu’elle fut rejetée à 55% par un NON lamentable de citoyens fatigués qui, sous prétexte de lui barrer le passage, l’a renforcée comme jamais, rendant pour longtemps l’Europe impuissante face à elle et ouvrant un boulevard pour ce qui va nous arriver le 22 avril prochain, sans parler du 6 mai qui suivra.

Mon frère est né cette année là. Un petit bébé adorable à la peau lisse et blanche, aux yeux bleus radieux, aux bouclettes épaisses et blondes. Ma houppette brune, mes paupières chassieuses, et ma peau mate n’avaient aucune chance. J’ai appris la dure loi de la concurrence cette année là aussi. Vous dire que je m’en souviens serait très exagéré. Mais rien n’interdit les déductions et les reflux.

Les lettres de mes tantes, exclamatives et ébahies, la comparaison des hauteurs des piles de photographies de l’un et de l’autre, les souvenirs répétés tout au long des années futures du succès de ma mère en train de promener la poussette de la merveille, et la mauvaise humeur qui me vient à chaque fois que j’y pense, et comment voulez-vous que je n’y pense point ici et maintenant que j’écris, sont une preuve que j’ai bien appris cette année là ce que signifiait l'idée de concurrence alors que je n'en connaissais pas encore même le mot.

Pour un peu vous embrouiller dans la recherche des liens de cause à effet, sachez que j’ai voté OUI quand il a fallu voter, comme 45% de mes concitoyens, et que j’y voyais bien plus une arme contre la concurrence qu’une complaisance à son égard, mais c’est une autre affaire et la vérité m’oblige à avouer qu’à l’époque, je n’avais pas encore fait de choix sur la question.

Ainsi fut l’année 1947. J’aime mon frère, ses yeux bleus et son air perdu, et je sais que je suis plus heureux de ma vie que lui de la sienne. Alors, finalement, la concurrence, je m’en moque.

alain, sur le chemin de 19xx à 2006,
lundi 19 mars 2007

1967-1947 une nouvelle vie

1967:

Et me voilà pour quelques mois à apprendre les rudiments de l'électricité et de la mécanique :tout allait ensembles et je redécouvre ce que je savais déjà: je ne suis pas un manuel , je ne suis pas très adroit de mes mains .

Je terminerai honorablement cette formation sans plus....

Me serais-je fourvoyé une seconde fois ?:je n'envisage même pas l'hypothèse

1947:

C'est l'heure des premiers souvenirs même si je les situe mal et je me souviens d'une berceuse en occitan que me chantait ma "mamete" ma mémé:

som-som veni veni a l'efan lo som-som es partit es anat a Paris davalara dema mati a chaval sus un pouli

Dodo vient au petit le dodo est parti il s'en est allé à Paris il reviendra damain matin à cheval sur un poulain

Et comme il faut que durent les souvenirs je l'ai chantée à mes enfants et je la chante à mes petits-enfants