Petits cailloux et ricochets

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le projet

En novembre et décembre 2006, Anna Fedorovna Kozlika a remonté les années de 2006 à sa naissance au rythme d'un billet pour chaque année. Elle a appelé cette série « Mes petits cailloux 2006-1960 »

A la fin, elle a eu envie de reprendre le chemin en sens inverse et quelques blogueurs ont eu envie de la suivre : ces billets avaient fait naître en eux échos, sourires, jeux de miroir ou clins d’œil... ces fameux ricochets que font les petits cailloux lancés au fil de l'eau.

Le blog collectif que vous êtes en train de lire a été créé ainsi, au détour de discussions au bas de quelques billets. Il s’appelle « Petits cailloux et ricochets » et accueille les textes de tous les participants.

Si vous aussi vous souhaitez faire des ricochets, les modalités pratiques sont expliquées sur cette page.

les textes
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année 1999

Les textes sont présentés dans l'ordre chronologique de leur rédaction.

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kaa, sur le chemin de 2006 à 19xx,
lundi 14 mai 2007

1999:26 - La boucle

Certains sont bloqués par une année de trop. Trop plein. Trop de douleur.
Moi, c'est l'année de moins. Trop vide. Et je plonge, et je n'écris plus.
J'ai un peu honte. De me laisser arrêter, comme ça, pour rien.

Ce n'est d'ailleurs qu'une sensation, une légende personnelle.
Il s'est passé plein de choses cette année-là.
C'est moi, qui n'étais plus là.

Je revois comme dans un cauchemar cet appartement si beau que j'ai eu envie de quitter tout de suite, comme tous les autres, avec toi.
Je me revois terrorisée, de retour dans une salle de classe, comme en adolescence.
Je me revois écroulée par terre, dans le couloir de la fac, ma mère au téléphone m'annonçant la mort de la chienne que nous avons tant aimée.

Et puis je me vois, fière comme une gamine qui vient de faire le poirier, écrire ma première boucle for, celle de mon premier programme informatique.

Thomas, sur le chemin de 19xx à 2006,
dimanche 23 septembre 2007

1999, année 22 -- Rester, partir et arriver

Comme chaque année en juillet, l'École s'est vidée peu à peu de ses étudiants. Ça fait trois ans que je suis ici, troisième été où mes camarades repartent aux quatre coins de France ou d'ailleurs. En première année, ils partaient en stage ouvrier. En deuxième année, en stage ingénieur. Maintenant ils partent pour de bon.

Moi, j'ai choisi de rempiler. J'en ai pris pour trois années de plus. Maintenant, j'ai un bureau et le titre de doctorant. Je ne suis pas encore en vacances, et je traverse le hall désert. Les copains sont partis et ne reviendront pas à la rentrée, cette fois. Je suis, seul, celui qui reste.

Je quitte ma chambre de la Maison des élèves. M'écrase un doigt au cours du déménagement. Maudis le médecin des urgences de la Pitié qui, sous prétexte de faire dans la délicatesse sophistiquée, invente une méthode aussi douce qu'inefficace pour vider un hématome sous-unguéal. Maudis sur sept générations l'interne prétentieux qui, le lendemain matin, me renvoie sommairement : « C'est normal que ça fasse mal, attendez que ça passe ! »

Une journée entière à serrer les dents et à sentir l'ongle qui s'arrache petit à petit à chaque battement de cœur. Je décroche à peine un mot pendant le repas avec la belle-famille. Je suis à bout. Retour aux urgences, Larib' cette fois. Je voue une reconnaissance éternelle à l'aide-soignant qui, lui, n'a pas son pareil pour manier la lampe à alcool et le trombone à papier de l'Administration et me soulage enfin d'une trombonisation magistrale.

Pour quelques mois je squatte chez µ, à deux dans sa piaule de même pas huit mètres carrés. Le temps que les travaux de notre futur appartement soient finis.

Novembre arrive. Une semaine faste.

  • Je viens de signer ma prise de poste comme allocataire de recherche.
  • À la quatrième tentative, l'inspecteur du permis de conduire me remet un papier rose avec un avis favorable. (Il dit cela comme à regret, la voix pleine de lassitude triste. Je m'en fous, je suis heureux, je l'ai !)
  • µ et moi emménageons dans notre chez-nous.
  • C'est mon anniversaire.

Aglaï, sur le chemin de 2006 à 19xx,
dimanche 23 décembre 2007

1999 : 19 - Tout rentre dans l'ordre

D'abord, le divorce de mes parents est enfin prononcé. C'est la fin d'une longue épreuve.

Ensuite, ma petite khâgne suit son cours. J'ai choisi mes matières, que j'étudie avec sérieux, et je bois les paroles des professeurs dans les autres (ahem, non, pas partout!), je m'imprègne de tous mes pores de tout ce savoir et je dévore les polycops. Tous les mercredis, une version, grec,latin, grec, latin, la régularité d'une horloge. J'apprends à traduire, à finir dans les temps, je n'ai plus peur de l'exercice. Cette gymnastique me sera très utile lors des prochains concours.

Un vendredi sur trois (à peu près), je dors jusqu'au matin, parce que déjà j'avais du mal à terminer mes semaines... et j'arrive au lycée pour la deuxième heure d'espagnol. Lorsque j'entre, en m'excusant bien entendu : est-ce qu'au moins tu as bien dormi? me demande la prof, Madame C., un brin taquine. C'est un petit oiseau vif et sautillant, bien que tout près de la retraite, et c'est elle qui nous faitdécouvrir, outre mille écrivains et poètes hispanohablantes, Salamanque, Salamanca, au cœur du mois de février. Il faut imaginer une douzaine de jeunes filles, chaperonnées par une petite dame malicieuse, le tout emmitoufflé d'écharpes et de manteaux pour résister au vent glacial, se réfugiant dans les cafés pour boire du chocolat et croquer des fruits secs, que notre chère et précieuse guide sort toujours de son sac, miraculeuses provisions !

Mais Le Concours approche, l'objectif étant : advienne que pourra !!! Je n'ai aucune ambition, la barre est bien trop haute et je suis encore assez sage pour ne pas me ruiner la santé à chercher l'impossible (comme quoi on ne progresse pas suivant une droite ligne, cette sagesse m'ayant fait défaut quelques cinq ans plus tard). En attendant je profite, profite de ma formation, excellente et passionnante sur bien des points (ahem, pas tous...).

L'écrit passé, on prépare l'oral, et pour ce faire, nos après-midis sont libérées. Je m'inscris, par acquis de conscience, pour passer une colle dans chaque matière, et me voici libre avec mon amie Folio.

C'est le temps des cadavres exquis (jusque, et surtout, dans les cours de philo!) et des après-midi pomme-poire-cannelle... J'ai acheté ce thé peut-être pour son nom, qui sonne comme comptine, et nous le buvons toutes les deux en bavardant, en partageant lectures, chants et petits potins, dans le printemps de ma jolie petite chambre d'étudiante. Du bonheur...

Enfin libre! Heureuse d'avoir vécu ces deux ans de prépa mais plus encore d'en être sortie, débarassée! - et pourvue d'un solide bagage et d'amitiés qui vont durer. Folio surtout. Durer parce que construites sur des affinités profondes : l'amour de la littérature et des fous rires !!!

Septembre, c'est la rencontre avec Coraline, la fille que j'étais destinée à rencontrer depuis ma plus tendre enfance - ainsi en avaient décidé sa tante et ma grand-mère qui elles se connaissaient bien, et ont abondamment parlé à l'une de l'autre. On se méfie en général des enfants de ton âge avec lesquels on veut à toute force vous faire jouer... Mais Coraline et moi, nous étant rencontrées par hasard, présentées l'une à l'autre par une tierce personne, nous avons sympathisé avant même de savoir qui nous étions. Tout de suite. Et ce n'est que lors du premier appel de nos noms, en TD, qu'ébahies nous nous tournons l'une vers l'autre : c'était donc toi ?!! Elle est drôle et simple, l'année s'annonce bien...

Enfin, pour terminer, suite à quelques péripéties, Il est retombé dans mes bras, à moins que ce ne soit moi dans les siens, et pour fêter l'événement, tous nos amis ont été invités à la crémaillère de mes 25 mètres carrés, où Il va vite s'installer pour les deux ans qui viennent...

Tout est rentré dans l'ordre, et la vraie vie, la vie normale, peut commencer. Du moins c'est ce que je crois...

Otir, sur le chemin de 19xx à 2006,
dimanche 23 décembre 2007

1999:41 Sauvée des eaux par le filet

Je me suis inscrite à quelques listes de discussion sur Internet. Il y a très peu de choses en français, le tour est vite fait. Ceux qui sont branchés dans le monde de l'autisme sont québécois, mais sur la toile on n'entend pas nos accents. Les quelques français de France deviennent rapidement mes amis et lors de mon passage en France durant l'été, on se rencontre, brièvement mais c'est toujours ça. Je suis contente d'assister à mon premier congrès sur l'autisme à la Défense, je me sens tellement compétente, c'est comme si j'apportais enfin quelque chose de valable, comme si ce que j'écrivais au fil des jours avait enfin du poids, servait à quelque chose et à quelqu'un.

Un jour, je trouve une de ces petites notes que me laissait souvent Estac puisqu'on se croise plus qu'on ne vit ensemble dans la grande maison. En cela, rien n'a vraiment changé. Sur la note, il me dit qu'il est temps que je rentre définitivement en France avec les enfants. Cela fait un peu plus de six mois qu'on vit tous ensemble. Il me demande quand est-ce que je sèvre le bébé. Il vient de moins en moins souvent aux rendez-vous d'évaluation, et jamais aux thérapies. Il ne met même pas un pied dans la chambre d'enfants mais projette tout de même la commercialisation d'un programme logiciel pour l'apprentissage des enfants autistes, qui ne verra jamais le jour, en tout cas pas grâce à lui. Il me reproche d'être la cause de l'arrêt définitif de sa carrière, moi, l'autisme, les enfants.

Je me réfugie dans le cliquetis de mon clavier et je regarde les arbres par la fenêtre.

lilylalibelle, sur le chemin de 2006 à 19xx,
dimanche 20 janvier 2008

1999 - 24 : Le début du commencement des choses

Beaucoup de changement à l'aube de l'an 2000 : premier "vrai" emploi salarié, après les petits jobs d'étudiante et première "vraie" maison, après les appartements rennais.

4 janvier, 8h du matin : je débarque dans ma "nouvelle vie" d'employée de mairie, comme animatrice multimédia dans une petit ville sympathique. Mon bureau est niché dans un château séculaire et les rues médiévales séduisent dès le premier jour mon oeil d'historienne et d'amoureuse des vieilles pierres. Et comme dans cette ville à la campagne, on trouve de tout en étant à seulement un quart d'heure de la "grande ville", nous y élisons domicile quelques mois après, dans une petite maison à ossature bois très sympathique. La vie n'est pas facile tous les jours (il faut apprendre à jongler avec le travail, les tâches domestiques et les loisirs), mais j'ai la joie - simple - de m'asseoir dehors pour écouter les oiseaux et observer le manège des vaches dans le champ d'en face.

J'aime le soir quand le soleil commence à décroître à l'horizon. Il fait très chaud sur la terrasse, située plein sud, mais heureusement le parasol de toile me protège des dernières ardeurs. Il flotte comme une atmosphère sereine qui incite à ne rien faire qu'à jouir des rayons du soleil, de la brise insoupçonnable qui effleure les rosiers de temps à autre et du temps qui passe. Je suis bien. Malgré le bruit des voitures qui passent et auquel on s'habitue, malgré les soucis divers qu'on chasse pour un instant.

Le ciel d'un bleu profond prend une curieuse teinte turquoise au ras des maisons. Du promontoire où nous sommes, nous dominons toute l'entrée de la ville...

Mon impatience naturelle est bridée par la multitude de choses à faire : le concours à préparer, le parterre de fleurs, la maison, le ménage, la cuisine et le reste... Heureusement, toutes ces tâches ne sont pas (encore) des corvées. La priorité est le concours et je commence à prendre mon rythme de croisière dans ma préparation par correspondance. En bonne citadine que je suis, j'ai laissé tomber le jardin et préfère m'occuper des rosiers : j'aime bien, le soir, passer un peu de temps à couper les tiges mortes, désherber un peu, débarasser les fleurs fanées pour permettre à de nouveaux boutons de se développer.

La décoration intérieure de la maison attendra l'hiver : j'ai encore à m'habituer à avoir un "dehors". Le plus heureux, dans le lot, c'est le Chat !

On traîne sur la terrasse jusqu'à la tombée du jour. Le grillon qui chantait habituellement devant le parterre de rosiers est parti. Dommage : j'aimais entendre son crissement nostalgique annonçant la nuit...

shayalone, sur le chemin de 2006 à 19xx,
dimanche 3 février 2008

1999 trous noirs

Petit à petit, le feu s'étiole, le feu s'éteint, et je gèle de l'intérieur. Ne plus sortir, ne plus ranger, ne plus manger. Pleurer. Toujours, sans arrêt, comme une lame de fond qui balaie tout. Je ne sais même pas pourquoi je suis triste. Je ne suis même plus triste bientôt, je suis la tristesse. Je me rends compte que je coule, que je fais une bonne figure bien pâle, mais toujours efficace aux yeux des autres. Enfin, apparemment, puisqu'ils ne disent rien. Je suis la fille la plus entourée qui soit, et je crève dans la solitude, sourires ou crocs dehors, égale à moi même, et interieur devasté.

Je prévois de disparaître. A l'HP. Hôpital de la Colombière. Là où on met les fous comme moi, les enfants qui craquent. Pourtant j'y suis passée deux fois en stage, ça devrait me vacciner. Mais j'ai dépassé depuis longtemps le stade de la raison. Je pose des congés, il ne faut pas que les gens s'inquietent! Une semaine. Je cherche juste une semaine de répit. Je ne gère plus rien, pantin désarticulé tout juste tenu par une vie bien remplie.

Mais je craque, une semaine avant, un dimanche matin où Sabine et Virgine m'apportent un pot de jonquilles "il faut que tu t'occuppes d'elles, elles te tiendront compagnie". Je leur parle de mon projet d'internement.Viginie me gifle. Avec sa main ou avec des mots, je ne saurais le dire, c'est cinglant, et aussi désespéré que moi. Les gens qui nous aiment font de drôles de choses parfois. Elles partent, et je me retrouve à genoux sur le bord de mon lit, à me balancer, autiste, incapable de trouver ailleurs du reconfort. Mais j'ai perdu dans la bataille le peu de courage qui me restait pour faire ce dernier geste vers un salut possible. On est en avril, j'ai 20 ans, et je sombre.

Aout. J'ai eu 21 ans, et je pense à mourir tous les jours. Je ne peux plus. Je bosse comme une machine, je fais les ménages dans la clinique où bosse ma mère. J'ai les clés de toutes les pièces, y compris la pharmacie. C'est parfait pour mes plans, que j'échafaude toute la journée, tous les jours, chacun de ces jours où un vieux dont le corps se meurt salue ma jeunesse, ma beauté et la vie en moi. Mes entrailles se déchirent à chaque fois un peu plus, mais les hurlements restent coincés dans ma gorge, toujours.

Ma collègue de boulot, 20 ans, traumatisée que je sois lesbienne "mais ça n'est pas possible, ta mère est quelqu'un de bien, tout le monde l'aime ici". Un autre monde hein... moi aussi je l'aime ma mère, ne t'inquietes pas cécile.

J'hésite entre le potassium et la morphine. Peur d'avoir mal avec le potassium, peur d'être retrouvée la mousse aux lèvres avec la morphine, comme les cadavres d'overdose que j'ai vus. Je ne le sais pas encore, mais l'heure du choix approche.

Pharmacie de la clinique. Une boite remplie d'ampoules de morphine. Pas rangée dans l'armoire des stupéfiants, là, disponible, pour moi. Les voler, et mourir, ou aller le dire pour qu'elles soient remise sous clé, où je n'y aurais plus accès. Mourir, et être soulagée, c'est trés tentant. Mais ça ferait de ma mère la mère dune voleuse, pas quelqu'un de bien. Je pense aux ennuis qu'elle va avoir, et ça, ça arrive encore à peser dans la balance. L'heure du choix est là. Nana m'apparait, Nana, pas encore 14 ans, ai-je le droit? Ai-je le droit d'imposer à cette petite de grandir avec l'image d'une soeur suicidée? Je l'imagine grandir en portant ça, et ça me déchire les tripes. Tout n'est pas mort en moi.

Je préviens une des infirmières dans les étages qu'il y a de la morphine qui n'a pas été mise sous clé en bas.

Je renonce au suicide. Quand cette porte de sortie disparait, je n'ai plus le choix, plus d'autre issue à ma dépression. Je pleure beaucoup.

Mais je me réveille apaisée, enfin, après six mois d'enfer, le soleil s'est levé sur mon coeur. Nana, ma brindille incandescente, a fait renaitre le feu sacré.

Hadrian, sur le chemin de 19xx à 2006,
jeudi 16 décembre 2010

1999 : rencontre (28 ans)

Je vivais en province, en cours de séparation, invité à dormir à Paris.

Je rate une correspondance, j'arrive avec une heure de retard à la gare. Pour une raison ou pour une autre, impossible de prévenir.

La copine qui me prêtera un canapé ce soir m'attend au volant de sa voiture, dans le parking derrière la gare. Je ne sais même plus comment on s'est retrouvés : c'était avant l'ubiquité des téléphones portables.

Elle me dit qu'on est attendus chez "sa meilleure copine, presque sa sœur jumelle" pour l'apéro.

Nous arrivons, et l'interphone proteste : "ça fait une heure que je vous attends, en plus l'interphone est en panne, il faut que je descende cinq étages pour vous ouvrir". Il n'y a évidemment pas d'ascenseur, et je me sens de plus en plus mal.

Arrive alors une femme grande comme on s'imagine les mannequins, petite jupe droite en laine, pull cigarette noir, je suis décidément au plus mal. C'est le genre de fille à qui je ne peux pas décemment parler, trop bien, trop parfaite, trop parisienne pour le bouseux que je suis.

S'ensuit une soirée où, pour masquer la timidité incroyable que m'inspire une aussi impressionnante personne (parce qu'en plus elle est intelligente, cultivée, fait un métier dont je n'ai à l'époque entendu parler que dans les magazines), je fais l'imbécile, alignant bêtise sur bêtise comme je ne sais que trop le faire.

Ce soir-là je mange pour la première fois des fajitas, et évidemment je m'arrange pour me faire la pire de toutes les taches, sur un pull beige : le genre de tache rouge tomate, qui commence au col et finit à la ceinture, vous décore comme un plastron et vous humilie à vie.

Je ne sais pas, de tout ça, ce qu'elle a aimé.

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