Fuir, fuir loin de ces années 2000. Je n'arrive pas à écrire quelque chose de vraiment rose, (façon de parler), parce que ce sont surtout des années de tumulte. Peut-être arriverai-je après à écrire davantage sur 2001, mais pour le moment, cette année se résume à deux faits simples,
le dimanche 4 mars, dans la matinée, ma maman est décédée. On sait ce qui précède, l'hospitalisation en gériatrie, les visites, l'inquiétude, et la chute fatale alors qu'on venait de la mettre "au fauteuil". Diagnostic: une fracture avec hémorragie interne. Elle était inopérable, beaucoup trop faible (elle pesait à peine quarante kilos). Dès lors, ce fut l'attente affreuse de sa mort, j'ai passé la dernière après-midi, avec elle, à lui tenir la main. Elle a essayé de me parler, n'y est pas arrivée, sans doute voulait-elle me faire une ultime recommandation, quoi? Puis l'enterrement, et surtout, rentrer à la maison et sans un mot, dans le désespoir, mettre de l'ordre, retirer ce qui attestait encore sa vie, sa présence-absente, hier...
La nuit qui a précédé ce dimanche, j'ai très, très mal dormi. Sommeil agité, plein de cauchemars. J'aurais peur de revivre une nuit pareille. Elle est trop annonciatrice d'un drame.
Un mois après, je reçois une lettre, venant clore par un "non" (non... Non...) dur, si dur, un projet dans lequel j'avais placé beaucoup d'espoir. Mais dans lequel je n'avais peut-être pas assez mis de moi-même... J'étais tellement ignorante! Et puis, je perds encore une amie. Je me rends compte qu'avec le temps, j'ai quasi oublié cette rupture - définitive. Après ces deux événements, je suis vraiment par terre. J'ai l'impression de porter la poisse. Ce sont les moments de terrible doute sur moi-même, sur celle que je suis vraiment, voire, sur le bien-fondé de mon existence. Et pourtant, la machine, toujours, redémarre, silencieusement...
L'escalade du versant nord de la montagne est dure... "Tomber sept fois, se relever huit fois...", c'était un livre qu'une amie S*** m'avait donné. J'ai vraiment l'impression qu'à partir de 1999, c'est ce que j'ai fait : je suis tombée et que je me suis chaque fois relevée.
Le hasard a fait que le 11 septembre, je suis rentrée plus tôt chez moi. Vers 15 heures. Au bout d'un moment, je suis descendue chez mon père, il regardait la télé, on voyait les twin towers, à New York, s'effondrer dans une énorme nuée. Consternation. Ce 11 septembre ne m'a pas fait oublier le 11 septembre 1973 pour autant. Tout de même, en mettant de l'ordre dans de vieux journaux, j'ai retrouvé un de mes "Christiane" (un mensuel français des années 70), consacré à New York, où l'on voyait des photos de très belle qualité, en noir et blanc, des deux tours récemment construites.
Plus que jamais, je souhaite militer pour les causes qui me sont chères : contre la violence faite aux femmes, par exemple... Et militer, pour moi, c'est utiliser ma plume. Alors, je rédige ce cher dossier pédagogique "Images de la citoyenneté au féminin", dont tous les exemplaires dorment dans des caves. (Je fais le plan du dossier en une heure à peu près, en marge d'une réunion d'équipe...) - Je vais au musée de l'Afrique centrale, au musée de la Déportation, à la Caserne Dossin, j'assiste à des projections cinématographiques, je modère même un débat, sur les femmes et les médias...
Et en novembre 2001, je rencontre Thé Vert. Qui va tant m'aider et me soutenir. On s'est connues au détour de forums de discussion, on a parlé littérature, culture. On a beaucoup de goûts communs. On se voit pour la première fois au mois de décembre, nous allons écouter une lecture à plusieurs voix des "Mémoires d'Hadrien", de Marguerite Yourcenar... Et puis manger un bout ensemble, dans un resto thaï du centre ville, et puis aller au cinéma, et puis, et puis... Mais tout ça, c'est pour 2002 et 2003.
Elle m'envoie un petit texto d'encouragement à ma deuxième comparution pour obtenir le divorce. Car en 2001, je divorce. Première comparution, Palais de Justice, salle des divorces, le magistrat demande si nous sommes d'accord pour divorcer. Mon mari dit "oui" et j'hésite, avant de rayer d'un mot quinze années de vie commune. Et puis, je dis oui. Après ça, je respire. C'est probablement le "oui" le plus intelligent que j'aie prononcé dans ma vie, un "oui" qui me libérait.
C'était... Juste un résumé de l'année 2001. Davantage pensé que pesé et rédigé.
Mais finalement assez révélateur.
Commentaires
Tu as dû souffrir Albertine... en te lisant, ces années 2000 paraissent un calvaire. Comment tiens-tu?