1946.2. 1945, debout, paresseux, c’est l’heure et 46 attend.
Natif de décembre, par grand froid, à Bordeaux, au 183 rue de Pessac, tout le monde le sait. Fin novembre, que le thermomètre se mettait à descendre plus que de raison, dans la maison inchauffable faute de charbon, Verbehaud décida de revenir à Bordeaux, sa racine d’avant le Maroc, pour avoir près d’elle sa mère et sa sœur. Elle sacrifiait à une vieille tradition ancestrale qui de mère en fille les faisait accoucher entre femmes du même sang depuis des générations. L’échoppe convenait bien, le soleil était plus chaud, et la sœur était médecine.
Pendant ce temps, Concordance se battait avec le temps, et courait d’un robinet gelé à une conduite éclatée, dans le noir des coupures de courant, en évitant de glisser sur le verglas de l’escalier. Pour se souvenir de ma naissance, il s’en souviendra, et la tradition des femmes de la famille m’a ainsi permis de vivre.
Je serais mort de froid au milieu des tuyaux éventrés. Survivant au froid, je serais mort de mes propres tuyaux, qui commencèrent à s’éventrer tout seuls sans rien demander à personne. La tante médecine était pile à l’heure de ses travaux pratiques de débutante pour identifier le mal assez vite, trouver le professeur qui la guidait derechef, et me faire découper en rondelles puis recoudre en un lieu bien chauffé de la bonne ville des meilleurs vins du monde. Je regrette seulement qu’à la différence d’Henri IV, je n’aie pas été baptisé au Sauternes. Non pour le baptême, ne mélangez pas tout, mais pour le cru.
Qu’est-ce que vous voulez que je raconte de plus sur 1946. On savait que je survivrai dès la fin du mois de janvier, le reste était manger roter dormir rejeter, comme n’importe qui, ce que je fis consciencieusement comme on ne m’avait pas appris, à Bordeaux puis, les beaux jours revenus, à Issy-les-Moulineaux.
C’est ainsi, et nous sommes tous logés à la même enseigne, nous avons nos quatre tiers : pour moi, ils seront le petit tiers de Périgord plus blanc que blanc, le petit tiers de baudet du Poitou, le tiers de Cordouan sur Maroc, et un grand tiers de Paris.
Commentaires
En effet je proteste, on a décidé de lui fêter ses demi anniversaire, ce qui nous amène à juin et au doux soleil d'un début d'été ;-)).
Ceci dit, entre sagittaire, on se comprend ;-)).
Andrem, Louise est très touchée de ton attention pour elle. A mon avis, elle a du hérité de la lenteur de son père ;-) Mais comme le dit Luciole, elle aura un deminiversaire le 25 Juin. Ca compensera un peu.
Bonjour Louise.
Je te l'avais bien dit, notre complot a marché super. Il reste à trouver une combine pour passer au quadriniversaire. Tu ne dis rien aux parents, hein?Bonjour les parents. Merci d'être passés par ici. J'ai quinze années de handicap à rattraper, mais vous verrez qu'avec quelques tricheries bien ordonnées, je commencerai par moi-même. Et lire ce que Luciole, Akynou, et finalement tous les autres, m'encourage chaque matin à me remettre sur le divan. A ramer. A trouver un sujet. A le maltraiter. Puis à l'étaler, comme un miel un peu dégoulinant collant, qui vient poisser la cravate juste avant le début de la réunion décisive.
Heureux de vous avoir rencontrés tous deux, jusqu'à mettre longtemps avant de comprendre qu'il y avait comme un lien, je suis si distrait.