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  <title>Petits cailloux et ricochets</title>
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  <language>fr</language>
  <pubDate>Fri, 19 Feb 2010 10:06:12 +0100</pubDate>
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    <title>7 : 1970/1971 Manigances et méchanceté</title>
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    <pubDate>Thu, 18 Feb 2010 10:39:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>gilda_f</dc:creator>
        <category>de 19xx à 2006</category>
        <category>1970</category><category>1971</category>    
    <description>    &lt;p&gt;&lt;strong&gt;lieux&lt;/strong&gt;&amp;nbsp;: Taverny (95)&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;logements&lt;/strong&gt;&amp;nbsp;: &lt;a href=&quot;http://www.fotolog.com/gilda_f/21710718&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;petits pavillons en série&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L'année du CE1 sera pour moi celle d'une découverte terrible&amp;nbsp;: des gens a priori sympathiques peuvent aussi être méchants, sans réelle raison, comme si c'était simplement par plaisir. J'avais pigé depuis mes débuts scolaires que certains aimaient nuire. Mais je les supposais, c'était à chaque fois le cas, qu'ils agissaient par stupidité. Ou pour certains garçons, besoin de violence qu'ils ne maîtrisaient pas. Dès lors je les plaignais et me contentais de me tenir à l'écart et de ne fréquenter que des enfants un peu plus élaborés.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Mais voilà qu'en CE1, nous sommes trois grandes amies et l'une des trois me raconte sur l'autre une embrouille qu'elles auraient eues et me dit Elle a été méchante, hein&amp;nbsp;? Ignorant tout du mensonge, je la crois, et c'est vrai que c'était méchant, donc j'acquiesce avec toute la tristesse de qui quelqu'un déçoit. Elle me piège alors en allant dire à l'amie commune que j'avais dit qu'elle était méchante. Je n'ai rien vu venir, rien. Et sombre malheureuse au soir d'une récré où cette dernière me dit en substance que comme j'ai dit qu'elle était méchante elle ne me causerait plus.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;J'ai un vague souvenir de ma mère tentant de me consoler et ne comprenant pas, elle qui a peu d'ami(e)s et aucun lien très fort, pourquoi ça me met dans un tel état.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Celui aussi au lendemain, de convoquer les deux donzelles et mettre les choses au clair, tout dire en présence de tout le monde. Un lien se répare mais j'ai perdu la confiance nécessaire pour qu'elles restent mes confidentes et comme j'ai plein de copains garçons qui eux ne font pas d'histoires, quand ils sont fâchés ils se bagarrent un bon coup, se font punir ensemble et redeviennent amis, je laisse de côté les parlottes et me consacre plus qu'avant aux jeux actifs.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ils ne manquent pas&amp;nbsp;: on joue à chat, à &quot;Où sont les cerfs&quot;, aux grandes cordes à sauter (deux qui font tourner une personne qui saute), plus tard apparaîtront billes, élastiques et osselets. Je ne cours pas vite ni ne saute haut mais je suis stratège, je n'ai peur de rien et se dessine alors ce truc qui me rendra incasable&amp;nbsp;: à la fois tête de classe mais ne ressemblant pas aux bons élèves sages à lunettes, turbulente même parfois.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Une des filles de ma classe dont les parents travaillent tous les deux rentre seule chaque soir. Elle n'habite pas très loin de chez moi et nous devenons amies. Ma mère est offusquée que des parents laissent une petite seule ainsi rentrer avec sa clef dans la grande maison - car ils sont riches ils ont une villa et non un pavillon -. Elle y a peur toute seule. Pleure parfois. Et je tente de la consoler. D'obtenir aussi de ma mère qu'on fasse le petit crochet pour l'accompagner au moins jusqu'à la porte.
Je ne sais plus si j'ai ou non gain de cause, à moins qu'une solution intermédiaire ne se soit dessinée - ma mère attendant au bout de la rue avec la poussette où vivote ma sœur, que j'ai raccompagnée l'amie jusqu'à sa porte -. Peut-être aussi que j'ai abdiqué. À 7 ans je crois encore et l'on m'a copieusement inculqué que les adultes savent et les enfants pas.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;En revanche quand des &quot;grandes&quot; de CM1 ou 2 se mettent à embêter la petite Isabelle, prénom de cette amie, que sa tristesse rendait vulnérable, en la soumettant à quelques gages et autres humiliations d'enfants, un jour qu'on sort en forêt et que le manège semble prendre de plus dangereuses proportions, je décide de m'en mêler. Et je rejoins la fille que les grandes encerclaient. J'ai peur de me faire punir si ça dégénère et des conséquences catastrophiques qu'une punition scolaire à la maison aurait&amp;nbsp;: mes parents se disputent sans arrêt et tout fait prétexte, particulièrement ce qui concerne les repas, les enfants et l'argent dépensé. Je n'ai pas peur des grandes. J'ai vu de loin qu'Isabelle est en mauvaise posture et je sens, je ne sais pas pourquoi ni comment, que j'aurais des comptes autrement plus sérieux à régler avec moi-même si je fais comme si de rien n'était, que si je vais la rejoindre tenter de changer les choses et me prendre une probable raclée. J'essaie de rameuter un pote mais le petit gars voyant qu'il s'agit d'une embrouille entre filles et se méfiant d'un groupe de grandes qu'on sait méchantes et craignant de se retrouver à devoir montrer son zizi (humiliation ultime) décline l'invitation. N'ayant aucun zizi à protéger je fonce, proteste, me prends le gage blessant ou la raclée prévisible, mais je m'en fous. D'abord parce que les maîtresses qui nous surveillaient n'ont rien vu et donc pas de punition qui eût été collective à n'en pas douter. Ensuite parce que j'ai gagné. Je n'oublierais jamais le regard de reconnaissance et d'avertissement (ne viens pas elles vont taper) de l'amie en mauvaise posture. Les autres sont si surprises qu'ensuite elles n'ont plus recommencé. En gueulant que c'était pas bien ce qu'elles faisaient, et comme ce n'étaient pas sauf peut-être une qui entraînaient, de si sales bougresses, je leur ai fait honte. L'une d'elle deviendra même une sorte d'amie.
(le problème c'est peut-être que du coup, adulte, je n'ai plus jamais pu m'empêcher d'agir ainsi dans de semblables situations et l'ai payé assez cher&amp;nbsp;; en même temps d'être en accord avec soi-même aide qu'on dorme bien la nuit, même s'il s'agit d'une condition nécessaire et insuffisante)&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je suis en revanche heureuse sans nuages auprès des garçons. Ma mère a combiné avec celle de Jean-François, mon amoureux attitré depuis la dernière année de maternelle, que celle-ci qui habite près de l'école, alors que nous sommes à 20 minutes à pied, me prenne le midi. J'ignore quel est leur accord financier, mais en revanche à part que parfois ils mangent du cheval et que moi, non, ça vraiment je ne PEUX pas, comme je suis bien dans cette famille-ci. L'amoureux est pourvu de trois grandes sœurs, une très très grande et deux jumelles, sa maman est du genre expansive à la bonne humeur apparente inébranlable, les repas ne sont pas des moments de reproches permanents - alors que chez moi, si &quot;pas les coudes sur la table&quot;, &quot;tiens toi droite&quot;, &quot;ne parle pas la bouche pleine&quot; et ce en boucle qu'on mérite le reproche ou pas -. Ce qui compte c'est qu'on mange.
Ensuite comme ses parents, gardiens de collège, sont hébergés sur place nous jouons dans une partie des cours et parkings qui ne sont pas accessibles aux élèves du moins entre les midis. C'est un collège Pailleron et ces cloisons qui vibrent ou s'enfoncent quand on appuie dessus d'une certaine façon me fascinent. Un mur peut donc n'être pas dur.
Ces midis externalisés, c'est pour moi le bonheur. Nous ne sommes en effet plus dans la même école, mon amoureux et moi&amp;nbsp;: si elles étaient mixtes il restait vestige de la séparation filles / garçons et dans le groupe scolaire réparti sur deux sites, l'un continuait à recevoir en majorité les uns (en plus que les parents de garçons estimaient le niveau meilleur et que leurs gars puisque c'était encore des maîtres et de l'autre côté des maîtresses seraient mieux tenus). Alors nous nous manquons.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Dans mon quartier heureusement il y a Jean-Mi, mon grand copain, mon pote, celui avec qui tout est simple.
Longtemps après je m'interroge sur ce qui faisait qu'avec l'un il était question d'amour et avec l'autre non. L'un et l'autre étaient plutôt beaux gosses (1) et de gabarits semblables. Ce n'est donc pas que le physique de l'un était plus séduisant ou mieux à ma (petite) taille.
Sans doute parce que Jean-Mi était pour moi, d'emblée, comme un frère. On parlait peu, on jouait beaucoup. Cette amitié a remarquablement résisté aux années. On se tient encore à présent au courant, comme ça, de loin en loin.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Cette année-là est celle de la lecture enfin en liberté. J'en tire une force formidable. En plus que mes parents alors m'encouragent, très heureux d'une enfant qui aime cette activité calme et intelligente. Ce n'est que plus tard, face aux proportions prises et à ce qu'on attend d'une jeune fille comme il faut, que ça posera problème (2). Je démarre par les &quot;Fantômette&quot;, mais en fait vite le tour, passe aux &quot;Michel&quot; (bibliothèque verte ?), &quot;Club des cinq&quot;, &quot;Clan des sept&quot;. Plus tard les &quot;Jacques Rogy&quot;. Les &lt;a href=&quot;http://croque-vacances.chez-alice.fr/nouvellepage22.htm&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;&quot;Poly&quot; de Cécile Aubry&lt;/a&gt; dont les histoires se déclinent aussi en feuilleton télé et qui agacent ma mère qui n'aime pas les chevaux (3) comme elle n'aime pas les chiens (4). Il y a Pif Gadget aussi, mais c'est sans doute l'année suivante.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je commence enfin à faire valoir mes droits au port de pantalons et à un début de choix des vêtements, non pas tant à l'achat (5) qu'à l'enfilage au matin pour aller à l'école. La blouse y reste obligatoire mais elle n'est pas normée. Ce qui aurait donné des photos de classe très multicolores si on en avait faites. Le photographe passe, oui, mais uniquement pour nous tirer individuellement le portrait. Sur celui de CE1 j'ai les cheveux (un peu) longs. Ils étaient tenus courts, jusqu'alors.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Enfin et curieusement, fors un hiver enneigé (souvenirs de luge et de bonhomme de neige), je n'ai de cette période que des souvenirs sous le soleil. Comme s'il n'avait pas plu et que c'était normal (6).&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;(1) J'avais déjà bon goût ... ;-)
(2) Dans &quot;&lt;a href=&quot;http://www.viviane-hamy.fr/fiche-ouvrage.asp?O=182&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Ubiquité&lt;/a&gt;&quot; de Claire Wolniewicz, il y a une scène entre des parents d'un petit garçon qui dessine beaucoup et leur professeur, qui représente parfaitement ce glissement d'attitude. Contents d'un petit qui dessine si souvent, inquiets et limitatifs dès lors que ça devient un obstacle éventuel au chemin vers un &quot;vrai&quot; métier.
(3) Ni sans doute l'histoire personnelle de Cécile Aubry mais je ne m'en rendrai compte que 30 ans après.
(4) Je dois ainsi aussi encaisser ses remarques ironico-méprisantes sur &quot;Belle et Sébastien&quot;.
(5) Tati, 3 Suisses, La Redoute et pulls tricotés maison par ma mère admirablement bien.
(6) C'est probablement faux, il ne semble pas que l'année 1970/1971 en région parisienne ait été spécifiquement ensoleillée&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>6 : 1969/1970 Une soeur en plus, un cousin en moins</title>
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    <pubDate>Wed, 23 Dec 2009 01:25:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>gilda_f</dc:creator>
        <category>de 19xx à 2006</category>
        <category>1969</category><category>1970</category><category>6 ans</category>    
    <description>    &lt;p&gt;&lt;strong&gt;lieux&lt;/strong&gt;&amp;nbsp;: Taverny (95)&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;logements&lt;/strong&gt;&amp;nbsp;: &lt;a href=&quot;http://www.fotolog.com/gilda_f/21710718&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;petits pavillons en série&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Un élément sympathique de ma configuration familiale élargie est que je possède parlant français ou italien une jolie brochette de cousins. Le mariage plutôt tardif de mes parents, le fait que ma mère soit la cadette de ses sœurs et quelques autres circonstances leur octroie entre 2 et (presque) 20 ans de plus que moi avec une forte concentration entre 5 et 10. Mes parents n'ayant, du fait de leur mésentente et du manque de goût de ma mère pour les relations proches, que fort peu d'amis, je ne fréquente donc en dehors des camarades d'école et des gosses du quartier que mes cousins et dans le cadre trop restreint de petites vacances passées les uns chez les autres et autres fêtes de famille.
Les écarts sociaux à l'époque ne se sont pas encore creusés et l'on est dans ces années où se piquer de confort est un truc de riches, donc on s'héberge les uns les autres à la bonne franquette, lit pliant sous l'escalier, dortoir au salon. Une décennie plus tard et tous enfants grandis, ça ne se fera plus.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Parmi mes cousins italiens il en est un, Pierino, que j'aime particulièrement bien. Il a je crois 6 ans de plus que moi, et au lieu de faire son mec et son grand daigne s'intéresser à cette petite fille alors boulotte (1) et si bavarde dans une langue qu'il ne comprenait pas. Je le faisais sans doute rire. Il me prêtait ses petites voitures qui étaient fort jolies et me regardait bienveillant et sidéré inventer des histoires avec, sur le balcon turinois de ses parents.
Pierino a des lunettes. Il est gentil. Cette gentillesse fondamentale que je n'aurais de cesse de rechercher ensuite chez chacun de ceux que j'aimerai de près.
Son père est mon parrain, ce qui ajoute un lien supplémentaire et si ce parrain imposant (2) m'effraie un brin, le fils du parrain me convient. Je suis trop petite pour être amoureuse. Mais assez grande pour sauter de joie quand on m'annonce qu'on va chez eux plutôt que chez d'autres oncles et tantes chez lesquels je n'ai pas de partenaires de jeu&amp;nbsp;; ou de moins accueillants.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je suis bien un peu triste&amp;nbsp;: en cet été 1969, pas d'Italie. Ma mère est censée accoucher bientôt du bébé attendu, ça veut dire le sortir de son ventre, et d'ailleurs vu comme il est gros (je ne reconnais plus ma maman), il est plus que temps. Les finances sont épuisées par l'achat de la maison. La sagesse nous fait rester.
Vient septembre.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;On me confie un beau jour (ou soir ?) à un couple d'amis qui habitent sur une place voisine du même lotissement de pavillons. Lui est un collègue de mon père. Il travaille à la même usine de Poissy et ils pratiqueront avec deux autres pendant de longues années un co-voiturage intelligent et régulier. Des cars existent, mais aux horaires trop décalés.&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;

&lt;p&gt;Ces personnes ont une grande fille, Martine, dont je rêve d'être l'amie. Seulement la différence d'âge fera qu'elle me considèrera toujours avec distance. Et puis elle est grande, belle et blonde. Début de mon complexe d'infériorité&amp;nbsp;? En attendant, ces jours-là, devant l'importance de l'événement attendu - le bébé à naître - tout le monde du père à sa fille en passant par le chat est gentil avec moi. Et puis je suis déjà une petite marrante quand on cesse de me tarabuster (fais pas ci, fais pas ça), à peine sans doute un peu casse-pied pour manger, comme peuvent l'être les enfants habitués à la production culinaire exclusive de leur maman.
Un des soirs mon père passe tout ému, tout joyeux, ça y est, c'est une petite fille. Tu as une petite sœur. Et tout s'est bien passé.
Je suis horriblement déçue&amp;nbsp;: il ne m'emmène pas avec lui mais me laisse chez les amis. Je dois rester chez eux tant que ma maman est à la clinique en tout cas les premiers jours.
Et en plus à la clinique les enfants petits n'ont pas le droit d'entrer (4).&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le souvenir suivant, alors que je loge toujours chez mes hôtes prévenants, est de mon père bouleversé et qui finit par me dire, mais en quels termes, à l'époque aux enfants petits on disait si peu, que Pierino je ne le verrai jamais plus.
J'apprendrais ou je comprendrais plus tard que mon cousin est mort dans un accident de la circulation, qu'il revenait de jouer au foot sur un terrain vague (ou un chantier) et qu'un camion (du chantier) qui effectuait une manœuvre en marche arrière l'aura écrasé. Quarante ans plus tard, je ne peux pas entendre le signal sonore de recul d'un engin de chantier sans penser à lui. Ce dispositif s'il avait alors existé lui aurait peut-être sauvé la vie.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il me semble que mon père m'a dit. Puis qu'il m'avait demandé de ne pas en parler à ma mère pour ne pas lui faire un choc juste après le bébé. Il me semble aussi qu'il a oublié de me dire quand je pouvais enfin en parler et que ça sera moi qui à des paroles prononcées par ma mère ait compris qu'elle savait. Mais peut-être sont-ce des souvenirs recomposés&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Peut-être que je serais surprise aussi si j'apprenais la date réelle de l'accident et qu'il avait eu lieu à plusieurs mois près. Ça s'est enregistré dans ma mémoire comme étant exactement en même temps.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je ne sais plus si mon père s'est ou non absenté pour aller aux obsèques de mon cousin bien-aimé.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je sais en revanche que même si mon grand-père paternel était mort l'année (ou 2 ans ?) d'avant, Pierino sera mon premier mort. Celui qui fait comprendre que ça dit &quot;plus jamais&quot;, plus jamais se revoir, plus jamais jouer ensemble, plus jamais se parler, plus jamais plus rien.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Et que quelque chose s'est imprimé très fort de l'impossible jointure entre un immense bonheur (le nouveau bébé tout frais) et ce malheur épouvantable.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ça me paraît une horreur sans nom que des enfants puissent mourir avant leurs parents. Illogique.
Et on est très logique quand on a 6 ans. Je plains mon parrain. Je me souviens d'avoir eu peur qu'il ne puisse plus jamais rigoler de sa vie, lui qui faisait si bien le pitre.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je me souviens que pour me consoler, je pensais que peut-être quand je serais grande j'irais moi aussi sur la lune comme &lt;a href=&quot;http://gilda.typepad.com/traces_et_trajets/2009/07/recevoir-la-lune.html&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;j'ai vu faire en juillet à la télé&lt;/a&gt;. Penser à l'espace m'a toujours rassurée.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ma mère pleure souvent. À cause de la fatigue du bébé. Du cousin sans doute aussi. De mon père qui essaie d'être gentil mais n'y parvient pas toujours. Comme il s'énerve facilement&amp;nbsp;!
J'essaie d'être gentille et d'aider pour le bébé, même si celui-ci est très décevant. J'apprends qu'un bébé d'humain naît au départ assez peu perfectionné, qu'il ne tient même pas debout, ne sait pas parler, seulement pleurer et qu'il va se passer un temps très long avant de pouvoir à peine commencer à jouer ensemble.
Il faudra les premiers sourire et les premiers mots pour que je me remette de cette déception initiale. Je m'attendais à ce que débarque une pareille que moi en juste un peu plus petit, comme j'étais 2 ans plus tôt par exemple.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L'entrée au CP est pour moi un soulagement. D'abord je retrouve Madame Capar, cette institutrice que j'aimais bien et cette fois elle consent enfin à nous apprendre à lire.
Ensuite, j'avais déjà pas mal réfléchi, il me suffit donc de quelques clefs d'assemblage qui me manquaient et hop très vite c'est parti, enfin et pour toujours JE LIS.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Un mort, un bébé (dont je me sens responsable, au moins aux heures où mes parents se disputent - j'ai même trouvé un truc super pour les calmer, je dis, Mais taisez-vous vous allez la réveiller&amp;nbsp;! -), et savoir lire&amp;nbsp;: à part que je n'ai pas le droit d'aller toute seule au delà de la placette où est située la maison, que je ne sais pas écrire ni bien faire obéir mes doigts pour ça, et que j'éprouve encore du mal à me repérer dans le temps (acquis du CE2, bizarrement) et les saisons, et que je dois mettre des semelles orthopédiques parce que j'ai les pieds plats (5),  je me sens adulte parfaitement (3).&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Enfin la vraie vie&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;




&lt;p&gt;(1) Entre la guerre et ses faims qui les avait traumatisés, et ma fragile santé, mes parents n'avaient qu'un seul critère que l'enfant aille bien&amp;nbsp;: qu'il soit gavé et potelé. La nouvelle naissance détourna leur attention au moment opportun et je pus devenir d'une finesse normale.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;(2) Zio Michelle était un peu fort. Il aimait la bonne chère, les vins pétillants de soleil et faire rire son monde.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;(3) La question de gagner ou pas son argent n'est que secondaire&amp;nbsp;: je suis une fille et ce sont les papas qui vont à l'usine pour en rapporter pour payer la maison et les commissions, pas les mamans, voyons.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;(4) J'aurais droit à un coup d'œil en contrebande quelques jours plus tard - à l'époque on gardait 8 à 10 jours la maman et le bébé -, mais tellement apeurée par l'éventualité d'être prise sur le fait que je ne verrai pas vraiment la petite, pressée que j'étais de regagner la zone où j'étais officiellement tolérée&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;(5) Tiens, quand sont-elles apparues celles-là&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>2009, année 32 -- Le pouvoir de dire merde</title>
    <link>http://ricochets.des-blogueurs.org/post/2009/12/22/2009%2C-ann%C3%A9e-32-Le-pouvoir-de-dire-merde</link>
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    <pubDate>Sun, 29 Nov 2009 00:00:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Thomas</dc:creator>
        <category>de 19xx à 2006</category>
        <category>2009</category><category>à 32 ans</category>    
    <description>    &lt;p&gt;C'était l'hiver mais tout bruissait. Une tension sourde, des forces encore silencieuses étaient déjà à l'œuvre. Il fallait, de nécessité, que les choses changeassent. C'était peut-être l'élection toute récente de Barack Obama qui le rendaient tangible&amp;nbsp;: on devait s'attendre à quelque chose de Neuf.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pour que cela soit j'ai appris à dire merde. J'ai appris à dire non. J'ai préféré enfin ne plus plaire à tout le monde. J'ai pris la peine d'être moi-même pour cesser de jouer, pantin de vos désirs, les comédies pipées ne visant qu'à complaire. Ne consentait à rien valablement celui qui acquiesçait à tout sans distinction. Tout ça fut enterré avec un peu de la peur de déplaire et l'angoisse de n'être pas là où je suis attendu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai longtemps tenu pour injonction sacrée de faire ce qu'on attendait de moi. C'était l'ordre des choses. Et puis j'ai fini par dire &lt;em&gt;non&lt;/em&gt;, quelquefois. C'est là seulement que mes &lt;em&gt;oui&lt;/em&gt; ont pris valeur.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>5 : 1968/1969 Nouvelle vie, nouvel endroit et cet ennui</title>
    <link>http://ricochets.des-blogueurs.org/post/2009/01/26/5-%3A-1968/1969-Nouvelle-vie%2C-nouvel-endroit-et-cet-ennui</link>
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    <pubDate>Mon, 26 Jan 2009 15:14:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>gilda_f</dc:creator>
        <category>de 19xx à 2006</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;&lt;strong&gt;lieux&lt;/strong&gt;&amp;nbsp;: Taverny (95)&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;logements&lt;/strong&gt;&amp;nbsp;: &lt;a href=&quot;http://www.fotolog.com/gilda_f/21710718&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;petits pavillons en série&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je crois me souvenir, malgré le bonheur d'avoir une chambre à soi (1) d'un long blues du printemps 68 jusqu'aux vacances d'été&amp;nbsp;: pas d'école, pas (encore) d'amis de voisinage, et même si le jardin me paraît immense et que je suis capable de jouer des heures seule en m'inventant des histoires ou à des peluches ou à des poupées, c'est trop de solitude.
Et puis cette maison, les parents en parlaient depuis si longtemps que confusément, j'avais attendu d'eux un bonheur immédiat.
Or ce n'est pas exactement le cas. Mon père dit &quot;Il y a des malfaçons&quot;. Il est en colère assez souvent. Ma mère s'active sans arrêt, tout est à installer, pas de temps pour moi. Comme ils ne m'ont pas consultée dans la décision de déménager (2), je me sens en trop.
Ma mère est très fatiguée.
Plus loin dans l'année, elle attendra un bébé. Je crois que mes parents m'ont prévenue assez tard, à moins que ça ne soit moi qui ai posé une question fort précise, sans doute après quelque conversation instructive de cour de récréation (Elle a un gros ventre ta maman). La nouvelle est pour moi bonne&amp;nbsp;: enfin quelqu'un pour jouer. N'ayant aucune souvenance d'avoir été vraiment plus bébé que je ne le suis, j'étais un peu moins grande, je parlais un peu moins bien, on m'obligeait moins à manger de tout, j'imagine que je serais aussitôt dotée d'un(e) partenaire opérationnel(le) quoique d'un format plus réduit. Douce illusion&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;C'est la dernière année de maternelle. Arrivée un peu en retard le premier matin, les horaires étant sans doute un brin différents de là où l'on venait, je me glisse dans une file d'attente, docilement et plutôt satisfaite de voir que je ne suis pas des plus petites.
Evidemment ce n'était pas la bonne.
On me raccompagne dans ma vraie classe, l'une de deux en préfabriqués au bout de la cour et je me retrouve chez les grands la plus grande des petites.
Très vite je m'y plais assez, m'entends bien avec la maîtresse, madame Capar (3) et puis moins&amp;nbsp;: elle ne veut toujours pas nous apprendre à lire. J'en ai trop marre de ne pas savoir, pigé que le truc tout rond qui fait comme la bouche quand on le prononce est un o, repéré le i, quelques bricoles. Mais il me manque le liant. Et je n'ai ni grand frère ni grande soeur pour m'expliquer. Les parents refusent, obstinés &quot;Pour l'an prochain ça va t'embrouiller&quot; de même qu'ils me refuseront l'accès à l'italien (que j'avoue réclamer moins, sauf l'été quand je suis embarrassée pour jouer avec mes cousin(e)s). Ils sont de la génération pour laquelle l'école c'est sacré, les professeurs savent, pas les parents, et il ne faut pas mélanger le français.
La maîtresse me dit elle aussi, L'an prochain. Elle me confie comme un secret qu'elle nous suivra au CP. Ben justement, alors puisqu'elle est assez grande pour être une maîtresse de grande école, pourquoi elle nous expliquerait pas un peu, déjà.
Un jour elle commet l'erreur de me promettre un brin d'explication (peut-être l'écriture de nos noms de famille en plus de nos prénoms) quand l'ensemble de la classe aura fini certains coloriages. A la récré (ou un soir ?), j'embarque les feuilles, histoire de dire ça y est. Bien sûr elles sont vite retrouvées, moi grondée, et personne ne comprendra ce qui m'a pris là.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je me fais rapidement trois copains, Jean-François L. dont je serais très vite l'amoureuse attitrée et de façon très stable (et très chaste) jusqu'à la fin du CM2, Philippe L. le caïd du quartier mais qui moi m'a à la bonne - parce que je n'ai pas peur de lui et que je ne suis pas une de ces mijorées qui pleurnichent pour un rien et lui attirent des ennuis - et Jean-Mi mon voisin de quartier, une très très grande très très longue amitié, mais pour l'instant qu'est-ce qu'on en sait. Grâce à lui j'apprendrais que la différence entre un garçon et une fille c'est pas juste qu'on oblige ces dernières à mettre des robes et des blouses pas pratiques parce qu'après dès qu'elles bougent on voit leur culotte et que tout le monde fait des chichis avec ça. Je ne comprends ni l'intérêt des robes ni le pourquoi des simagrées. Je pense qu'on met des robes parce que ça coûte moins cher et que ça salit moins. Mais alors pourquoi pas des shorts comme les garçons l'été&amp;nbsp;? Et puis les collants de laine, l'hiver, quand on tombe ils sont troués, alors ça coûte aussi ...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;En tout cas je suis contente qu'on ne m'ait pas collé de boucles d'oreilles parce que ça a l'air compliqué d'en porter et ça doit faire rudement mal quand on les met. Et puis c'était des raclées (parentales) celles qui en avaient si elles les perdaient (même seulement une).&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Bizarrement pas trop de souvenirs des filles, je crois que je les trouve un peu bébés, et chuchoteuses et compliquées. Moi, je préfère cavaler. En tout cas quand je suis en forme.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Parce que quand même, ma santé et moi on reste un peu fâchées, mais moins qu'avant (je crois me rappeler). On m'a souvent redit après que j'avais trouvé moyen de faire une splendide rubéole au moment le plus dangereux pour le futur bébé de ma maman. Aucun souvenir de la maladie-même, mais de l'infirmière qui venait à elle lui faire des piqures afin qu'elle n'attrape pas ma maladie à moi, si. De l'inquiétude de mes parents, malgré qu'ils tentaient de me rassurer. De mon sentiment de culpabilité (à cause de moi on fait du mal à ma maman et peut-être le bébé sera malade) impuissante (c'est pas ma faute, j'ai pas fait exprès, la maladie c'est à l'école des copains qui l'avaient).&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;N'empêche au bout d'un an, c'est Taverny qui est chez moi. Et l'autre ville s'oublie.&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;(1) dans l'appartement qui précédait j'habitais un renfoncement qui faisait salon, séparé de la salle à manger par un rideau qu'on tirait.
(2) J'aurais dit non, assurément. J'ai très tôt supporté très mal de n'être pas considérée comme un être humain à part entière, hors en ce temps-là, les gosses devaient suivre, punto basta.
(3) aucune idée de l'orthographe réelle de son nom.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://ricochets.des-blogueurs.org/post/2009/01/26/5-%3A-1968/1969-Nouvelle-vie%2C-nouvel-endroit-et-cet-ennui#comment-form</comments>
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    <title>2008, année 31 -- Quatre du tendre</title>
    <link>http://ricochets.des-blogueurs.org/post/2008/11/28/2008%2C-ann%C3%A9e-31-Quatre-du-tendre</link>
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    <pubDate>Fri, 28 Nov 2008 15:25:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Thomas</dc:creator>
        <category>de 19xx à 2006</category>
        <category>2008</category><category>à 31 ans</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Il y a eu celle d'hiver. La soirée dont on s'est éclipsés, la musique chaude, la danse, son corps contre moi et murmurée à l'oreille l'envie d'arracher là tous nos vêtements. Il y a eu une nuit, un matin. Je savais encore aimer, je perdais le Nord aussi bien qu'autrefois. Elle m'a croqué, une gourmandise dont on ne fait qu'une bouchée. Je savais encore souffrir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a eu celle de printemps. Arraché à la torpeur d'une conversation que j'avoue avoir oublié, j'ai été entraîné à l'autre table. Mlle Toi, tu m'enjoignais de m'asseoir là, il &lt;em&gt;fallait&lt;/em&gt; que je la rencontrasse. De fait, on a su vite, l'entre-deux des regards le criait en silence, que l'été serait chaud. Bientôt on a été trop près pour être honnêtes, faisant semblant de rien. Incapables d'attendre fût-ce seulement deux semaines, on n'a pu retarder l'instant où nos deux corps seraient encore plus proches.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a eu celle d'été. Du premier soir je garde le souvenir de retrouvailles improbables, de Wittgenstein et d'une demande en mariage. Des semaines suivantes, l'affrontement sanglant d'un amour déferlant contre mes vieux démons défendant pied à pied leurs murs usés de temps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a eu celle d'automne. Si différente des autres, si différentes de moi. Enlacés avec la naïve fraîcheur des amours d'enfance. Douceur fragile et éphémère.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai retrouvé mon errance mais elles m'ont appris. À aimer. À me laisser surprendre. À donner, à être aimé. À espérer. Quatre éclats de vie, quatre charbons ardents de plus au creux de moi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et tes yeux qui, au loin, veillent toujours mes mots d'un regard tendre.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://ricochets.des-blogueurs.org/post/2008/11/28/2008%2C-ann%C3%A9e-31-Quatre-du-tendre#comment-form</comments>
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      </item>
    
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    <title>4 : 1967/1968 Déménagement, scolarité, hypermarché et bouteilles consignées</title>
    <link>http://ricochets.des-blogueurs.org/post/2008/08/24/4-%3A-1967/1968-Demenagement-scolarite-supermarche-et-bouteilles-consignees</link>
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    <pubDate>Sun, 24 Aug 2008 13:38:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>gilda_f</dc:creator>
        <category>de 19xx à 2006</category>
        <category>à 4 ans</category>    
    <description>    &lt;p&gt;&lt;strong&gt;lieux&lt;/strong&gt;&amp;nbsp;: Chambourcy (78) près de Paris puis Taverny (95)&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;logements&lt;/strong&gt;&amp;nbsp;: immeubles longs et parallélépipédiques de 5 à 7 étages, des HLM améliorées sur une colline encore boisée.
après le déménagement&amp;nbsp;: &lt;a href=&quot;http://www.fotolog.com/gilda_f/21710718&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;petits pavillons en série&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;De mai 1968 j'ai la vision d'un tabouret. Un tabouret sur un balcon. Un balcon de pavillon.
Et une attente immense sur le tabouret sur le balcon du nouveau pavillon que nous habitons. Ou plutôt que nous devrions habiter si les déménageurs arrivent. Ça semble pas gagné. Mes parents, s'ils ne sont pas déjà en train de s'engueuler, sont tendus à l'extrême, A l'excitation joyeuse du &lt;em&gt;Enfin ça y est&lt;/em&gt; a succédé, &lt;em&gt;Mais ces déménageurs, ils n'arriveront donc jamais.&lt;/em&gt;. Mes parents me disent ni &quot;putains de&quot;, ni &quot;connards&quot; car ils sont bien élevés (très).
Je suppose vu d'à présent qu'il s'agissait d'un problème dû à la pénurie d'essence de ces mois-là.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;J'ai peur qu'entre mon papa et ma maman une fois de plus ça dégénère. Alors je me fais toute petite, sage et immobile, sur le tabouret sur le balcon où je me suis mise (à moins qu'on m'ait posée là histoire que je ne sois pas &quot;dans les pattes&quot;) pour guetter l'arrivée (du camion). Qu'ils arrivent et qu'on m'oublie.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La nouvelle maison mes parents en rêvaient, on est venus dimanche après dimanche surveiller le chantier (1) ils se tueront à la payer, mon père ira jusqu'à cumuler deux journées de travail par jour pour y arriver (il ne voulait pas que ma mère reprenne le travail une fois qu'ils étaient parents, et à l'époque en France une femme avait besoin d'une autorisation signée de son mari pour pouvoir être salariée). Moi pas tellement, j'étais bien où on était et à l'école je commençais tout juste à m'habituer.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;J'y allais par intermittence depuis la rentrée. Fragile de santé, et vivant jusqu'alors plutôt recluse auprès de mes parents, j'y attrapait le moindre petit microbe qui pointait ses quelques virulentes cellules. J'ai donc passé autant de temps dans la salle d'attente du médecin et fiévreuse au lit, que dans la cour de récré. A mes absences s'ajoutaient comme un décalage d'avec mes camarades. Ils parlaient tous français. Moi aussi. Et pourtant peu d'entre eux me comprenaient (2) et parfois leur babillage où leur comportement me laissait perplexe. Je démarre cette année-là ma longue carrière d'extra-terrestre. J'ai l'habitude d'être seule alors à l'époque je n'en souffre pas. C'est un peu comme d'être un explorateur dans un pays encore plus inconnu que l'Italie de mon papa. Au début je me fais taper dessus&amp;nbsp;: je suis pas bien grande, je vois jamais venir, et je ne me défends pas. Après on me fout la paix&amp;nbsp;: je suis pas marrante comme fille à taper, d'abord j'ai pas peur, ensuite je ne pleure pas et enfin j'essaie de discuter et de dire &quot;Mais pourquoi tu fais ça ?&quot;. Quand on est parti de Chambourcy, je commençais à m'établir dans un rôle de consultante&amp;nbsp;: on venait me demander quand les maîtresses d'école ou les plus grands avaient dit des mots qu'on ne comprenait pas (3). J'ai vite pigé qu'il ne fallait pas, surtout pas, que je rigole dans ces cas-là même quand c'est trop bête, sinon les autres ça leur donnait envie de me faire mal.
D'une façon générale, l'école me déçoit&amp;nbsp;: on n'y apprend pas à lire et je venais pour ça. On nous fait faire des dessins à longueur de journée, ou des découpages ou des petits objets. Je me souviens d'un travail sur une bogue de châtaigne et en plus ça piquait.
Je ne vois vraiment pas l'intérêt.
Des fois on nous fait un peu compter, mais c'est jusqu'à pas assez.
En plus on n'a même pas le droit de parler avec ses voisins. Je comprends très bien qu'il faille se taire quand la maîtresse nous explique quelque chose, mais quand on est en train de se piquer les doigts sur la bogue à dessiner après, ça sert à quoi qu'on se taise (en plus de faire un truc idiot et pas drôle)&amp;nbsp;?
Mes camarades, mêmes incompréhensibles et parfois violents (mais d'autre bizarrement gentils et ça fait presque plus (+) peur&amp;nbsp;: pourquoi le petit garçon, là, est il venu me faire un gros bisou alors qu'on se connaît pas ?), ne m'effraient pas. En revanche, une des femmes de l'établissement, la directrice je crois, ou une institutrice plus âgée me terrorise. Elle me paraît grande (elle ne devait pas, mais j'étais toute petite), est très massive et crie sans arrêt sur tout le monde et des fois sur moi. Je ne trouve aucune logique dans ce qu'il faut faire ou ce qu'il ne faut pas. Je me dis que si ces dames ne sont pas contentes de moi elles le diront à ma maman et que ça la peinera.
Je me souviens qu'une fois on m'envoie au coin, mais que je me fais crier dessus très fort parce que je n'y reste pas (j'ignorai qu'il fallait, comme j'ignorai pourquoi on m'avait dit de me mettre là). Et puis surtout ce qui m'échappe c'est qu'on ne peut pas aller faire pipi et caca quand on veut et c'est idiot&amp;nbsp;: au moment de la récré il y a tout le monde en même temps, et puis c'est pas forcément quand on a besoin.
Je crois qu'en ce printemps pour les grands historique, où le déménagement me fait quitter ces lieux pas inintéressants mais bordés de grillages et de portes fermées (qu'est-ce que je n'aimais pas&amp;nbsp;; au point 40 ans plus tard de retrouver sans hésiter où c'était, tant les souvenirs étaient marqués), j'avais enfin réussi à conquérir certains privilèges d'autonomie, l'institutrice intelligente ayant compris que je ne faisais pas de bêtises quand on me laissait faire ce que je voulais et qu'elle gagnait un temps fou en ne s'offusquant pas de mes frasques. Je n'incitais personne à me suivre et les autres me trouvaient (sans doute ?) trop bizarre pour avoir envie de m'imiter; ou que c'était trop risqué parce qu'on se faisait tout le temps gronder. Et puis des fois je les faisais bien rire, comme quand elle demandait&amp;nbsp;: - Dites-moi un mot avec le son &quot;ien&quot;&amp;nbsp;? Et que je répondais &quot;ouah&quot; (4).
Bref, j'avais déjà un fameux problème avec l'autorité. Et celui-là je ne le dois pas à mes parents, que ça rendait perplexe aussi à leur heure. Avec eux, j'obéissais assez parce que j'avais peur de leur faire du chagrin ou qu'à cause de moi après ils se disputent. Mais j'ai toujours été incapable d'obéir juste &quot;parce que c'est comme ça&quot; et que l'autre qui ordonne détient un pouvoir.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Enfin, c'est aussi l'année de la découverte du monde glacé (car froid) de l'hypermarché. Un des premiers de France s'est ouvert en bas de la colline où nous habitons. Et ce monde-là est si étrange. Il y a des grands chariots où le parent nous met comme pour un long tour de manège sauf qu'il faut faire le travail de dire ce qu'il va oublier, alors on ne peut pas complètement s'amuser. En revanche c'est super parce qu'on ne connaît pas les gens et ils se servent soi-même, donc pas besoin de dire &quot;Bonjour madame&quot; en entrant et de devoir être polie quand la commerçante dit des trucs énervants pour faire plaisir à Maman (&quot;Oh comme elle est jolie&quot;, &quot;Oh comme elle a grandi&quot;, &quot;Elle va à l'école ?&quot;, &quot;Comme elle parle bien...&quot;) alors que j'ai toujours envie de crier &quot;Mais vous arrêtez de dire des faussetés et puis je suis pas un bébé&quot;.
Je me souviens des bricks de lait qui avant d'être parallélépipédiques sont en forme de berlingots (les bonbons d'avant) géants. Et puis la consigne pour les bouteilles (de vin&amp;nbsp;? de limonade ?) en verre. Et que c'était magique parce qu'au lieu de dépenser de l'argent, au petit guichet pour ça, on nous en donnait. Après, ce jour-là, on s'achetait un croissant (5).&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le jeudi dans une camionnette qu'il gare à mesure au bas de chaque immeuble, passe le poissonnier. On lui achète des filets de merlan. Aucun souvenir de si j'aimais ça ou au contraire pas. Juste ce point de repère&amp;nbsp;: merlan, jour sans école. Et que ma mère les passe dans la farine avant de les jeter dans la poêle.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Et ceci&amp;nbsp;: un jour ma mère effectuant nerveusement en voiture un créneau, tape rudement sur le véhicule voisin, c'est très en pente la colline. Ça secoue fort. Je tombe (ou manque de). Je me remets en place sur la banquette arrière (à l'époque ni ceinture de sécurité ni siège enfant) et je commente d'un&amp;nbsp;:
&lt;em&gt;- Boum.&lt;/em&gt; (6)
fataliste et calme&amp;nbsp;; pince-sans-rire et (presque) serein. Elle rit. Elle va bien (ouf).&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;





&lt;p&gt;(1) et à la réflexion la photo sur le parking &lt;a href=&quot;http://www.traou.net/blog/index.php?2006/02/18/78-couettes-et-houpettes&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;qui figure chez Traou&lt;/a&gt; date peut-être plutôt de l'hiver 67/68 que du suivant.&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;


&lt;p&gt;(2) Ce qui n'est pas sans me rappeler &lt;a href=&quot;http://ricochets.des-blogueurs.org/post/2006/12/23/685-1966-1965-6-5-apprendre&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;une certaine histoire de &quot;cinq ans trois quarts&quot;.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;


&lt;p&gt;(3) J'ai ainsi un souvenir très précis d'une fois où j'essaie d'expliquer le mot &quot;pansement&quot; à une petite fille et un petit garçon et que je cherche parmi ceux qui jouent quelqu'un qui en aurait un (souvent, les garçons, qui vivent en shorts en ont aux genoux) mais que je n'en trouve pas (ou pas immédiatement).&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;

&lt;p&gt;(4) Parce que le chien il fait ouah ouah.
Notez que ça faisait pas rire tout le monde (hé oui, déjà).&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;


&lt;p&gt;(5) Rétrospectivement je doute que les quelques centimes de la consigne fassent l'équivalent du prix d'un croissant, mais bon.&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;


&lt;p&gt;(6) De nos jours j'aurais dit &quot;&lt;a href=&quot;http://gilda.typepad.com/traces_et_trajets/2008/07/la-plog-attitud.html&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Plog&lt;/a&gt;&quot; mais Fred Vargas ne devait pas déjà savoir lire non plus, alors écrire, elle en était loin.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://ricochets.des-blogueurs.org/post/2008/08/24/4-%3A-1967/1968-Demenagement-scolarite-supermarche-et-bouteilles-consignees#comment-form</comments>
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      </item>
    
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    <title>3 : 1966/1967 Et déjà la télé et déjà une ombre de &quot;faux souvenirs&quot; reconstitués</title>
    <link>http://ricochets.des-blogueurs.org/post/2008/08/18/3-%3A-1966/1967</link>
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    <pubDate>Mon, 18 Aug 2008 13:39:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>gilda_f</dc:creator>
        <category>de 19xx à 2006</category>
        <category>à 3 ans</category>    
    <description>    &lt;p&gt;&lt;strong&gt;lieux&lt;/strong&gt;&amp;nbsp;: Chambourcy (78) près de Paris.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;logements&lt;/strong&gt;&amp;nbsp;: immeubles longs et parallélépipédiques de 5 à 7 étages, des HLM améliorées sur une colline encore boisée.&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;


&lt;p&gt;Nous sortons peu, mon père travaille dur, ma mère aussi qui tient sa maison comme elle croit qu'il faut faire, et se repose fort peu et qui veille sur moi et surveille sans doute trop. Est-ce de ces temps anciens que me vient un goût de la solitude (physique - bon sang mais foutez-moi la paix - let me be alone) et un désarroi absolu face à la solitude (loneliness - on m'aurait trop peu laissée me construire à ma guise et je ne saurais plus ou mal me passer d'avoir en permanence quelqu'un qui se soucie -)&amp;nbsp;?
J'ai des souvenirs de courses qu'on fait (la poste en particulier), de promenades de type &quot;tour du pâté de maisons&quot; et aussi un peu dans les vergers qui à l'époque couvrent encore ces collines d'Ile de France, que c'est très escarpé (ça l'est, en fait, mais pas tant). D'autres de la belle lumière de fin d'après-midi et qui entre chez nous par le côté salon, celui qui justement donne vers la colline. De très vagues impressions d'échanges avec d'autres enfants de balcons à balcons - aller les uns chez les autres semble exclu, nous sommes sans doute trop petits -. Deux souvenirs culinaires&amp;nbsp;: le riz au lait (caramélisé) et une crème aux oeufs dont ma mère plus tard ne se souviendra pas qu'elle en confectionnait et qu'elle était si bonne.
Des souvenirs des livres qu'on me lit, que je réclame souvent les mêmes, que je les sais par coeur et tourne les pages au bon moment, et que mon père au soir me raconte, mais sans lire, comme un vrai bon conteur qu'il aurait pu être, une version toute personnelle des aventures de Pinocchio. Les personnages ont chacun leur façon de parler, et certains mots incantatoires m'en sont restés (dont un mystérieux Coucoumioucoucoumioucasselescailloux) qui devaient être des équivalents dans l'histoire de &quot;Sésame ouvre-toi&quot; chez Ali Baba.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Et des souvenirs précis de la télévision.&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;

&lt;p&gt;C'est un poste en noir et blanc (à l'époque, forcément), où les chaînes se syntonisent en tournant un bouton comme certaines radios encore le nécessitent. Ça pose peu de problème, il n'existe qu'une seule chaîne (1). Parfois l'émission se brouille et il faut tourner un peu la petite antenne intérieure dont mon père a équipé notre équipement.
Il m'interdit d'y toucher.
Plus tard, et malgré ça, c'est moi qui deviendrai l'as du réglage, tant et si bien qu'on m'en délèguera l'autorité mais pour l'instant je suis bien trop petite. Et une petite ça obéit.&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;

&lt;p&gt;Il y a donc le jeudi à 16 heures des émissions, pendant deux heures (?) pour les enfants. Elles sont présentées par &lt;a href=&quot;http://nasser.saidani.online.fr/videos_rtf_ortf/rtf_marionnette.rmvb&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;la marionnette Claire.&lt;/a&gt; Ces programmes sont complétés par Bonne Nuit les Petits avec Pimprenelle et Nicolas et qui est quotidienne et dont les parents se servent pour dire après &quot;Au lit&quot; alors que je trouve moi qu'il est rudement tôt.
Il y a aussi &lt;a href=&quot;http://www.dailymotion.com/related/x2umjj_le-petit-train-rebus-ortf_music/video/x32eo0_le-petit-train-rebus-de-la-memoire&quot;&gt;le petit train de l'interlude.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Et des émissions de sport, le sport ce n'est pas violent, alors j'ai le droit. Parce que pour ce qui est du reste, ma mère exerce une censure épouvantable&amp;nbsp;: le bon vieux Zorro de Walt Disney (&quot;Un cavalier, qui surgit hors de la nuit, court vers l'aventure au galop...&quot;) est jugé trop plein de combats, je dois me battre pour le voir, ainsi qu'un &quot;L'homme à la carabine&quot; qui ne devait pourtant pas aller chercher plus loin que Rintintin. Ma mère n'aime pas Rintintin parce qu'il y a  un chien et qu'elle n'aime pas les chiens. Elle me le fait savoir devant chaque épisode. Et je me fais peur quand je reproduis cette même attitude (mais pour d'autres motifs, en râlant que c'est niais, qu'on les prend pour des cons) face aux émissions que regardent mes enfants.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Longtemps je crois que &quot;L'homme à la carabine&quot; est l'histoire d'un type qui s'appelle Lomma et que La Carabine est son surnom parce qu'il est fine gachette. J'élaborerai toutes sortes d'historiettes dérivées, parfois avec mon père rebaptisé Lomma, comme complice consentant.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&quot;Thierry la Fronde&quot;, ça sera plus tard.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ce que j'aime entre tout, ce sont les &lt;a href=&quot;http://nasser.saidani.online.fr/videos_rtf_ortf/rtf_poly.rmvb&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Poly&lt;/a&gt;. Et comme Cécile Aubry en écrira à mesure que son fils, le petit Mehdi, grandit, puis que le casting s'élargira à d'autres, le petit cheval me tiendra compagnie jusqu'à l'adolescence. (et ma mère de râler parce qu'elle n'aime pas les chevaux, mais moins pas que les chiens alors elle rouspète moins que pour Rintintin ou &quot;Belle et Sébastien&quot;). Je me souviens en particulier d'un &quot;Au secours Poly&quot; (2) qui m'a durablement marquée et dont je me rappelle bien fort un élément de l'intrigue&amp;nbsp;: un petit garçon (3), maladie ou accident, était paralysé et à force de patience et de proximité le poney l'aide à remarcher. De là jusqu'à 43 ans, je croirais dur comme fer aux miracles de l'amitié. Et qu'on peut être amis en étant aussi différent qu'un cheval et un humain, franchement c'est pas le problème.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Et puis ce souvenir mystérieux car chronologiquement impossible&amp;nbsp;: se réveiller très tôt un matin pour suivre une cérémonie d'ouverture de J.O. au Japon. Les drapeaux, les athlètes qui défilent, mon père qui répète que c'est au bout du monde et qu'on le voit en vrai.
Or des J.O. aux Japon il y en eu en 1964 (Tokyo) et 1972 (Saporo), donc ça ne colle pas. Confondrais-je dans mon souvenir le Japon et le Mexique (1968)&amp;nbsp;? Et pourquoi m'est-il resté comme de toute solidité que c'était en 1966&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;J'oubliais&amp;nbsp;: de temps en temps à la télé, et des fois sauvagement au jour et heures des enfants à la place de leur Poly préféré, passe un vieux monsieur grand et gris, qui a toujours l'air fâché et de gronder des élèves pas sages, et qui me fait peur ou comme un vieux grand-père bougon à ses petits enfants. Mes parents refusent de m'expliquer vraiment qui il est, on ne parle pas politique devant un enfant, il pourrait cafter. Quelqu'un (une cousine ?, passent parfois à la maison des cousins, cousines, oncles et tantes et même d'Italie et même qui font des photos EN COULEUR parce qu'ils sont très riches et qu'ils nous envoient après parce qu'ils sont très gentils - je n'aime pas toujours quand ils sont là même si c'est la fête et plein de cadeaux pour moi, parce que mes parents veulent encore plus que je sois très sage et puis ma mère est si nerveuse à chaque fois (avec mes yeux d'adulte je sais que c'est parce qu'elle tient trop à ce que tout soit parfait)- ) des grands me concèdera qu'à un moment il a sauvé la France ( - &lt;em&gt;Ce monsieur là&amp;nbsp;? - Oui mais maintenant, il est vieux&lt;/em&gt;).&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Et je n'aime pas non plus quand apparaît &lt;a href=&quot;http://teleavia.monsite.wanadoo.fr/page4.html&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;la mire&lt;/a&gt; en lieu et place de la marionnette Claire, j'apprends le mot &quot;grève&quot; que je ne comprends pas. Et têtue comme une mule je regarde la mire en me concentrant très fort afin qu'elle disparaisse et que Poly revienne, ou même déjà juste la marionnette Claire, même sans Poly. &lt;em&gt;Claire, reviens, ça serait si bien.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;(1) C'est faux, je sais, puisque la 2ème a émis pour la première fois en 1963. Est-ce qu'on ne la captait pas&amp;nbsp;? Est-ce qu'on m'avait raconté qu'il n'y en avait qu'une pour que je ne touche pas moi-même au bouton de réglage&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;(2) Je n'en ai hélas nulle pas retrouvé la trace regardable de celui là alors que les tous premiers Poly, les &quot;Belle et Sébastien&quot;, ont été réédités.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;(3) Je crois me souvenir qu'il se prénommait Pascal, ce qui est peut-être faux. Marrante mémoire &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Au_secours_Poly,_au_secours_!&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;je viens de chercher&lt;/a&gt; et effectivement un Pascal est présent ... parmi les acteurs et c'est le prénom du jeune héros des premiers Poly. En revanche pour l'année de diffusion, &lt;a href=&quot;http://croque-vacances.chez-alice.fr/nouvellepage22.htm&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;j'avais tout bon.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>1987: 27 ans</title>
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    <pubDate>Mon, 26 May 2008 00:05:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>cassymary</dc:creator>
        <category>de 19xx à 2006</category>
        <category>1987</category>    
    <description>    &lt;p&gt;En hiver la côte d'azur est un vrai paradis. Nous allons marcher sur la plage de St Laurent du Var où nous habitons, dans un petit immeuble sur les hauteurs, avec vue sur la mer. C'est une plage de galets. Le chien court devant, Marie dans un sac kangourou, accroché à mon ventre. Elle grandit sans problème. Elle a de superbes yeux verts et une peau dorée par le soleil du sud. Elle sourit tout le temps, d'un caractère espiègle, et une curiosité jamais assouvie.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Nous faisons des balades dans l'arrière pays, nous allons voir la montée des marches du festival de Cannes. Nous ne pouvons rater la visite de St Paul de Vence où je découvre Yves Montand en train de jouer à la pétanque sur la place du village, avec casquette et chemise blanche, en presqu'enfant du pays.
Monaco et son rocher, l'Italie à portée de roue. J'aime la région, jusqu'aux 1er jours de l'été. Là, c'est l'enfer qui commence. Les touristes prennent la côte d'assaut. Les embouteillages monstres, les plages surpeuplées, les prix qui grimpent. Je commence à déchanter. Et espère vivement la fin de l'été, pour retrouver la tranquilité.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Marie fête son premier anniversaire. Je suis complètement remise de mes soucis de santé. Je trouve un travail. L'été passe et en septembre, mon mari m'apprend que nous partons pour Angoulême.
Je reçois la nouvelle avec beaucoup de déception. J'en ai marre d'être sans cesse dans les cartons.
Et je n'ai aucune envie d'aller là-bas. Mais je n'ai pas le choix.
Mon mari part d'abord, comme à chaque fois, le temps de trouver notre future résidence. Je le rejoindrai 1 mois plus tard.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;J'arrive à Angoulême sous une pluie battante. La maison est en centre ville, sombre, avec un minuscule jardin entouré d'un mur. Je regrette déjà la côte d'Azur.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>1986</title>
    <link>http://ricochets.des-blogueurs.org/post/2008/05/18/1986</link>
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    <pubDate>Sun, 18 May 2008 22:23:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>cassymary</dc:creator>
        <category>de 19xx à 2006</category>
        <category>1986</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Le pire et le meilleur va arriver cette année là.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;3 mois avant la naissance de mon bébé, une nouvelle hémorragie m'oblige à m'allonger à nouveau.
C'est à ce moment là que mon mari est une nouvelle fois muté, à Lyon à nouveau.&lt;/p&gt;


&lt;pre&gt;Nous ne sommes là que depuis 6 mois, et je suis intransportable. Une tension en hausse, d'autres problèmes font que je ne peux supporter un autre déménagement.&lt;/pre&gt;

&lt;p&gt;Nous décidons donc que lui partira, rentrant 1 a 2 fois par semaine. Moi, je resterai là, attendant patiemment l'accouchement.
Commence alors pour moi une longue, très très longue période de repos forcé. Avec pour seule compagnie mon chien, et la radio.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Mes journées se résument ainsi:
Matin: lever pour toilette et petit déjeuner. Coucher de suite après.
Midi: lever pour repas puis de nouveau coucher
Soir: lever pour repas du soir&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le reste de mes journées et de mes nuits se passent à écouter la radio, et puis lire, lire, lire. J'avale des tonnes de magasines et bouquins en tout genre. Mon moral est au plus bas. Je n'ai qu'une chose en tête: tenir jusqu'au 8ème mois + 1 semaine.&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;Le seul humain que je vois est mon mari lorsqu'il rentre pour le week-end. Qu'il passe à me faire les courses pour la semaine, et le ménage, lavage, et autre tâche ménagère. Je me sens comme une baleine échouée sur la plage. Un poids qui se meurt d'ennui dans ce lit en attendant la délivrance.&lt;/pre&gt;


&lt;p&gt;Je ne sais comment j'ai pu tenir ainsi tout ce temps. Avec le recul, je me trouve bien courageuse. La famille loin, je n'ai reçu aucune visite. Ne connaissant pas même mes voisins, j'étais vraiment seule (remarquez, les voisins, je n'aurais même pas chercher à les connaître! Enceinte oui, mais toujours phobique)
Enfin, 8 mois et 1 semaine. Je me lève et là! J'apprends que l'accouchement se fera par césarienne parce que mon bassin est trop étroit. Seule consolation. Je peux profiter des dernières semaines. Je fais de longues marches avec mon chien dans la campagne et commence à rêver à après, quand nous serons réunis à nouveau tous les 3, à Lyon ou ailleurs, peu m'importe.
L'accouchement est prévue pour le 1er juin.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le 23 mai, un vendredi, une visite de routine met en avant une forte poussée de tension et divers problèmes qui font avancer la date de la césarienne au lundi suivant.
Décidément, je ne fais rien comme les autres. La suite sera pire que ce que je craignais.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le 24 mai au matin, 1eres contractions. Je me dis que, j'ai le temps de me glisser dans un bain avant que les contractions se rapprochent. Et l'eau devient de plus en plus rouge. Je crois à la perte des eaux, mais c'est du sang  que je perds, en grande quantité
Je ne veux pas inquiéter mon mari, je lui dis que c'est normal, nous prenons la direction de la maternité. Ma robe se tâche de sang, mon mari roule comme un fou. Il comprend que les minutes sont précieuses.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je suis dans un état semi-comateux. J'entends l'obstétricien dire: pas de césarienne, il est trop tard. Il faut que ça passe. Je m'affaiblis. La sage femme s'allonge sur moi, poussant sur mon ventre. Je hurle, j'ai mal, je me sens me vider, je n'ai plus de force. J'ai la sensation que ma vie est en jeu, et peut être celle de ma fille.
Et puis on me la pose sur le ventre à peine quelques secondes et on m'embarque ailleurs.
Ma fille a crié. Elle est en bonne santé. Moi, je suis si fatiguée, je me sens partir, j'ai du mal à respirer.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il se penche sur moi pour m'expliquer que le placenta ne s'est pas décroché, qu'on va m'endormir et qu'à mon réveil tout ira bien.
Mais je ne me réveille pas. Choc à l'anesthésie. Marie est restée seule dans la salle d'accouchement, dans la couveuse. Mon mari est resté seul dans le couloir. On ne lui dit rien. Les heures passent.
Marie s'accroche à la vie, mon mari s'accroche à l'espoir, moi je lutte pour survivre.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;A mon réveil, je ne peux pas bouger, j'ai du mal à respirer, mon corps est douloureux. Je n'arrive pas à ouvrir les yeux, ni bouger mes doigt. J'essaie de parler. Aucun son ne sort de ma bouche.
Dans mon regard affolé, l'infirmière comprend.
« Vous êtes en soins intensifs, votre fille va très bien »
J'ai peur, de mourir sans l'avoir vue, sans l'avoir serrée dans mes bras, sans l'avoir reniflée. Et en même temps,je me sens si fatiguée que par moment, j'ai envie de laisser tomber, me laisser aller, ne plus rien ressentir.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Finalement je m'accroche. Pendant que mon mari joue les pères modèles. Je vais de soin en soin, d'examen en examen. Les 1ers jours, on me pose le bébé sur le lit, à côté de moi. Je l'entoure de mon bras. Je n'ai pas la force de la serrer. Je la dévore des yeux. J'en veux au monde entier de ne pas me permettre de savourer nos premiers pas ensemble dans la vie.
Finalement j'ai de la chance. Une embolie pulmonaire à l'accouchement, à cette époque là, ça ne pardonne pas. Je m'en sors. Avec l'impression qu'on m'a volé le 1er mois de la vie de ma fille.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je mettrais 9 mois à me remettre de cette accouchement. On me dit que je n'en n'aurai pas d'autre enfant, qu'il y a trop de risque, qu'un c'est déjà bien. Je couve mon bébé et refuse le verdict. Ma fille ne sera pas enfant unique, je ne le veux pas. J'aurai d'autres enfants, je le veux.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ma fille a 2 mois lorsque nous rejoignons son père à Lyon. C'est un amour de bébé. On dirait qu'elle a compris, elle me ménage, faisant très rapidement ses nuits.&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;Je me remet lentement, sentant mon amour maternel grandir de jour en jour. Un amour viscéral, fusionnel, avec la pleine conscience que la vie est éphémère, que je dois profiter de chaque seconde de la vie de ce bébé et l'objectif de redonner encore la vie. On essaie de m'en dissuader, je m'accroche à l'idée que je ne renoncerai pas.&lt;/pre&gt;

&lt;p&gt;L'année 2006 se termine sur une nouvelle mutation de mon mari. A Nice cette fois.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Nous y arrivons début décembre, par une magnifique journée ensoleillée. La côte d'azur nous tend les bras.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>1985</title>
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    <pubDate>Mon, 12 May 2008 17:46:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>cassymary</dc:creator>
        <category>de 19xx à 2006</category>
        <category>1985</category>    
    <description>    &lt;p&gt;2 déménagements, un mariage, une grossesse difficile. L'année 1985 est pleine de rebondissements.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;En janvier, mon ami est muté à Lyon. Il fait ses valises. Je suis déboussolée. Je n'avais jamais envisagé de quitter Toulouse. Cette ville m'a apprivoisée, et je l'ai adopté avec l'idée de ne jamais en partir. Les changements ne sont pas très bénéfiques pour la grande anxieuse que je suis. Si ma phobie sociale ne m'envahit pas trop encore, c'est que justement je veille à garder les mêmes repères, les mêmes frontières. Mais là, une question fondamentale se pose. J'aime cet homme? Oui.
Je veux faire ma vie avec lui? Oui. Je veux partir de Toulouse? Non.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Pourtant il va falloir encore une fois faire un choix. Le suivre et partir ou bien rester et peut être le perdre.
Je ne sais pas choisir. Je me donne un temps de réflexion. Il part sans moi, faisant des allers retours un week-end sur 2, attendant patiemment que je décide. Je décide, après 3 mois que oui, je vais le rejoindre, la-bas ou ailleurs. Je fais donc mes cartons à mon tour, la peur au ventre de quitter ma ville. Ces cartons, je vais d'ailleurs passer mon temps à les faire et les défaire tout au long de ma vie.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je quitte Toulouse sous un beau soleil. J'arrive à Lyon sous une pluie battante. Le coeur n'y est pas. Je me sens loin de chez moi, loin de ma terre, loin de mes racines, loin des mes repères. Je garde ça pour moi et fais bonne figure. Mon compagnon à 4 pattes nous a suivi. Je n'aime pas l'appartement où nous vivons. Je n'aime pas le quartier, ni cette ville dortoir à quelques kilomètres de Lyon.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;J'aime la vieille ville, le quartier de fourvière, et la campagne alentour. Je déteste les embouteillages, la pollution, la place Bellecourt
En juin 1985, nous nous marions, chez moi, dans l'Aveyron, puis nous repartons sur Lyon, que je n'aime toujours pas. Toulouse me manque.
Je trouve enfin un travail et fin Août j'apprends que je suis enceinte.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Cette merveilleuse nouvelle est aussitôt suivie d'une grande période d'angoisse. Après une hémorragie, on me signifie un repos forcé, allongée 3 semaines, sans pouvoir me donner la certitude que le foetus est encore vivant. Je vis ces 3 semaines en gardant l'espoir que lors de la prochaine échographie, le foetus aura grossi. Si ce n'est pas le cas, je n'aurai que la mort dans mon ventre.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Mais mon petit bout s'accroche et c'est avec un immense soulagement que j'apprends, 3 semaines plus tard, que je mènerai ma grossesse à terme, si je reste prudente.
Je vis cette grossesse comme un cadeau inestimable. Je touche mon ventre, je suis attentive au moindre changement de ma silhouette, j'attends le 1er coup de pied avec impatience. Je m'extasie chaque jour d'avantage de vivre cet incroyable aventure qui consiste à porter un enfant.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Alors que je suis enceinte de 3 mois, et à peine sortie de mes nausées matinales et autres désagréments des 1er mois,  mon mari est muté à Valence. Je ne suis là que depuis 6 mois et il faut déjà refaire les cartons.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;En novembre de la même année, nous emménageons dans une petite maison, à quelques kilomètres de Valence, en Ardèche, au pied du crussol. J'y retrouve la campagne que j'aime. L'Ardèche est une département magnifique, que je n'aurai malheureusement pas le loisir de le visiter bien longtemps.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Nous passons Noël à 2, loin de nos familles respectives. Un Noël un peu triste (je suis malade) mais nous sommes ensemble et Marie donne ses 1ers coups de pied pour nous assurer de sa présence.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>1996 à 16 ans. Amandine</title>
    <link>http://ricochets.des-blogueurs.org/post/2008/04/30/1996-a-16-ans-Amandine</link>
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    <pubDate>Wed, 30 Apr 2008 15:10:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>shayalone</dc:creator>
        <category>de 2006 à 19xx</category>
        <category>1996</category><category>à 16 ans</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Amandine a les yeux rouges, Amy fuit, amy sombre en cours. Et moi, à qui vais-je pouvoir me confronter, si amy disparait?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Amy est belle, tellement, avec ses boucles brunes et son regard noir, avec sa peau si blanche, avec ses mots si beaux, avec sa violence. Mais amy est venue vers moi l'an dernier, comme si j'étais une fille normale. Avec sa copine Delphine, elle est venue à ma table, s'interessant à ma vie... Quoi, je ne suis donc pas qu'un faire valoir, j'ai une existence propre? Je serais donc aimable?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Amy est brillante, et nous luttons joyeuses pour le plus grand bonheur des profs.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Aimée, je deviens aimante. Et quand amy déconne, je deviens étouffante. Je veux savoir, il se passe quelque chose... je ne veux pas la voir s'enfoncer toujours plus dans la défonce. Elle maintient qu'elle maitrise, comme tous les drogués, qu'elle ne risque rien.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je gratte tant et plus, têtue et acharnée. Et Amy craque. Une petite enveloppe rose, et des lettres serrées à l'encre noire.  Je me précipite dans les toilettes du lycée pour la lire tranquille. Une lettre qui dit tout ce qui ne sera plus jamais dit. La mort d'un frère aimé, la fuite dans l'héro, l'overdose, à 13 ans. Une lettre qui finit par &quot;mes mots demandent le silence&quot;. Je m'effondre dans les chiottes, en larmes, en rage, me tapant la tête contre les murs. &quot;Bourrine&quot;, je suis une bourrine, une vilaine voyeuse, une impétinente curieuse. Je respecte le silence, et la distance imposée.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Oui, mais amy ne fume plus autant, elle n'arrive plus défoncée en cours.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>1994- 17 ans: Dénouement du transfert</title>
    <link>http://ricochets.des-blogueurs.org/post/2008/04/26/1994-17-ans%3A-Denouement-du-transfert</link>
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    <pubDate>Sat, 26 Apr 2008 14:54:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>shayalone</dc:creator>
        <category>de 2006 à 19xx</category>
        <category>1994</category><category>à 17 ans</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Deux ans et demi que toutes les semaines, deux fois par semaine au début, je vais la voir, que je m'installe dans le grand fauteuil.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Deux ans et demi que je refuse de payer et que mes parents font le chèque, 120 francs, sans sourciller sans rien demander. Comme ça les choses sont claires. Je fais le boulot qu'ils ont merdé, mais c'est eux qui payent, puisqu'ils refusent de venir.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Deux ans et demi, qu'invariablement elle ouvre la séance d'un &quot;Alors?'&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Deux ans qu'elle a éclaté de rire devant mon coming-out, un bon gros rire, ponctué d'un &quot;Mais non&quot; et d'un point final. Je repars honteuse, coupable, et blessée.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;J'ai 17 ans, les hormones en folie, les filles sont si belles, et je commence à remarquer qu'elle n'est pas trés jolie. Je vois les couleurs ternes de ses habits, les mi-bas couleur chair qui plissent, son air fatigué... même qu'elle se trompe, un jour, oui, pouff, comme ça, elle me dit de venir à 12h30 jeudi, alors qu'on se voit toujours à midi... Je ne dis rien, et j'attend l'heure dite, à la terrasse d'un café. Je la vois partir excedée à midi 20. Je vérifie tout de même, à midi trente, je vais sonner. Bonne fille que je suis.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je reviens la séance suivante à l'heure habituelle, sans même l'avoir appellée, et je lui offre mon plus angélique sourire. &quot;Vous m'avez dit 12H30. Celà m'a surprise mais je vous ai écoutée&quot;.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Elle me dit qu'il est peut-être temps d'arreter. Je n'y ai absolument pas réflechi, mais je lui dis oui, et la quitte, sans un regret, sans un regard. Déchue, tombée du piedestal, faillible, elle n'a plus d'interêt, la psychanalyste. Sa pseudo-vérité non plus.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Deux mois plus tard, je sors du placard.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>1984</title>
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    <pubDate>Thu, 24 Apr 2008 21:21:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>cassymary</dc:creator>
        <category>de 19xx à 2006</category>
        <category>1984</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Un virage à 180° pour moi cette année là. Je choisis de tout quitter, alors que justement j'ai besoin de repère, de stabilité, de sécurité.
Finalement je vais passer ma vie à tout chambouler, moi qui recherche sans cesse des repères pour éloigner mes phobies. Paradoxe de ma personnalité. Fuir et faire face. Me cacher et affronter.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Après quelques mois d'échanges purement professionnels, et quelques sorties, toujours en groupe, nous sommes plus que jamais attirés l'un par l'autre. Nos regards se croisent de plus en plus souvent, nos mains se frôlent par moment. Je suis effondrée. Je réalise qu'il se passe quelque chose que je n'avais pas prévu. Je suis amoureuse d'un autre que celui qui partage ma vie depuis plusieurs années.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Un premier rendez-vous en tête à tête, et nous tombons dans les bras l'un de l'autre. Catastrophe pour moi. Je vais devoir faire un choix. Mais il est déjà fait.
Je fais mes bagages, sous le regard abattu de mon ami. Je suis mal de faire du mal. Mais je sais ma vie ailleurs.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je m'installe chez le nouvel homme de ma vie. Nous passons notre temps à cacher à notre direction que nous sommes ensemble. Je risque le licenciement et lui la mutation.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Et puis, et puis, il y a cette première attaque de panique. Celle qui va lentement me plonger dans la phobie sociale, qui sera diagnostiquée bien des années plus tard
Chaque seconde de cet événement est gravé dans ma mémoire. Le seul fait d'y repenser est angoissant. Et elle est la 1ere d'une longue série qui finira par empoisonner ma vie.
Cela se passe dans une caserne, au mess des officiers très exactement. Un repas en l'honneur de mon ami qui est venu me présenter à son ami officier. Il y a là une bonne partie des officiers de la caserne, et moi, seule femme parmi tous ces uniforme.
Bon dieu, mais qu'est-ce que je foutais là? Je suis antimilitariste depuis presque ma naissance. Je n'ai qu'une vague idée de l'autorité masculine, mais j'ai cette peur en moi, qui m'habite depuis très longtemps. Depuis quand déjà? Et pourquoi?
Le regard d'un homme, si il n'est pas aimant, me liquéfie sur place. Peut être parce que j'y vois le regard de ces garçons qui, l'année de mes 16 ans, m'ont traînée dans ce coin ombragé du parc. Et cet instinct qui me dit « danger » là où il n'y en a pas.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Tous ces regard tournés vers moi, toutes ces questions. Je me sens jugée, jaugée, passée en revue. Je m'éloigne sous un faux prétexte et vais m'enfermer dans les toilettes. Je m'effondre, vomis, pleure, tremble. Je suis assommée par cette attaque de panique, et paralysée par la peur. Je m'assoie par terre, enfermée dans les toilettes. Je suis incapable de me relever, de tourner cette poignée et de sortir de cet endroit exigu. Je vais crever là sans savoir, sans comprendre pourquoi. A ce moment là, je suis comme cet enfant qui espérait disparaître sous les couvertures, quand mon père frappati et frappait encore, ignorant les cris de douleur de ma soeur. Je veux disparaître, m'évaporer, m'envoler, quitter cet enveloppe qui m'étouffe.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Les minutes passent. Je me sens comme une bête traquée. Je crois devenir folle. Et puis j'entends sa voix. Il est venu me chercher, s'inquiétant après 15mn d'absence. Que lui dire? Comment lui dire? Quoi lui expliquer moi qui ne comprends rien à ce qui m'arrive?
J'invente un malaise quelconque. Sans mal, je suis défigurée par la douleur.
Je ne sais comment j'ai réussi à ouvrir cette porte. Il y a eu comme un déclic, une dépersonnalisation qui a fait que j'ai été m'installer à cette table, j'ai rien avalé, je n'ai pas parlé, mon corps était là, moi j'étais partie ailleurs.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;D'ailleurs je n'ai aucun souvenir de ce qui s'est passé pendant ce repas, ni après.
Je ne me souviens que de plus tard, bien plus tard, quand la honte, la culpabilité ont  fait place a la panique. Et cette fatigue intense, et cette angoisse qui resurgissait: Je ne suis   pas guérie.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Cet homme que j'ai choisi et dont je connais si peu de chose, et qui ne connaît rien de moi, vient d'être le témoin sans le savoir de ce qui va empoisonner ma vie, notre vie. J'ai la vague sensation que cette relation va aggraver mes symptômes, par le simple fait qu'avec lui, je renonce à tous mes repères, à justement tout ce que j'ai crée à Toulouse en quelques années: des barrières de sécurité contre mes phobies. Nous allons chacun de nous protéger l'autre en pensant lui rendre service. Lui va me surprotéger, au point que je vais devenir dépendante affective. Moi je vais continuer dans la ligne de conduite qui m'accompagne depuis toujours: le silence. Ne pas dire, ne rien dire, ne pas me dévoiler, jamais.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>1983</title>
    <link>http://ricochets.des-blogueurs.org/post/2008/04/24/1983</link>
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    <pubDate>Thu, 24 Apr 2008 21:18:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>cassymary</dc:creator>
        <category>de 19xx à 2006</category>
        <category>1983</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Mes études sont déjà loin. Je suis toujours avec le même petit copain, celui que j'ai rencontré lorsque j'avais 17 ans. J'en ai maintenant 23  et quelquefois, lorsque je vois dans la rue de jeunes femmes avec des landaus, je me mets à rêver qu'un jour, je serrerai un bébé dans mes bras. Et puis je chasse vite cette idée. Dans un an ou 5 ans, je serai où? Je ferai quoi? J'ai l'impression étrange que je suis en transit. Que bientôt ma vie va changer.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Depuis que j'ai arrêté mes études, je n'ai pas vécu d'anxiété importante. Petit à petit, la peur de rechuter s'est estompée. J'en viens à penser que je suis guérie.
Fin 83, Je trouve un boulot, stable cette fois.
Et puis, la rencontre a lieu.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le coup de foudre, vous connaissez? Lorsque les regards se croisent et qu'instinctivement, on sait. Que c'est lui et personne d'autre.
Il y a comme une onde électrique qui vous traverse le corps, juste au moment ou la rencontre a lieu.
Ce n'est qu'après, lorsque vous détournez le regard que le manque est déjà là.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;J'avais un petit ami, qui m'aimait et que j'aimais, un avenir tout tracé et en l'espace d'un instant, tout a explosé.
Il m'a avoué bien plus tard qu'il avait ressenti la même chose.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L'année 1983 se termine sur cette rencontre, qui restera platonique encore quelques mois.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>1997 : 17 – On n'est pas sérieux...</title>
    <link>http://ricochets.des-blogueurs.org/post/2008/04/17/1997-%3A-17-On-nest-pas-serieux</link>
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    <pubDate>Thu, 17 Apr 2008 12:39:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Aglaï</dc:creator>
        <category>de 2006 à 19xx</category>
        <category>1997</category><category>à 17 ans</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Et pourtant je le suis drôlement...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;D'abord, j'ai mon bac, et puis presque toute la classe l'a, et notamment tous ces &lt;em&gt;musicos&lt;/em&gt; à qui le conseil de classe avait délivré du bout des lèvres un &lt;em&gt;doit faire ses preuves&lt;/em&gt;... solidaire je suis, et fière des copains&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;En 1997, la nostalgie me prend déjà parce que j'ai beau me dire que, je redoute infiniment de quitter ma famille de substitution, mon lycée où je me suis fait une place. Je suis désormais déléguée – au bout de sept ans de vaines candidatures&amp;nbsp;! - d'une classe où l'on se serre les coudes, débarrassés des snobinards de l'autre Terminale littéraire. Nous on est les matheux d'une part, les musiciens de l'autre. Et moi qui me sens des deux bords, je fais la liaison. Nos professeurs nous trouvent &lt;em&gt;vivants&lt;/em&gt;, voire &lt;em&gt;un peu trop&lt;/em&gt; vivants. A la fin de l'année, seuls deux d'entre eux nous défendront.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;On a un extraordinaire prof de musique (enfin, moi j'ai arrêté l'option pour cause de je peux pas tout faire, mais je ne lâche jamais complètement) et une prof de philo fabuleuse. Avec elle, chaque matin deux heures, on réfléchit, et on avance. On revoit ses préjugés. On débat passionnément. On rencontre Albert Jacquard, rien qu'à nous, pour deux heures, un après-midi de février. Il y a aussi les lettres, anciennes et modernes. Je découvre Aragon, Lancelot, Calderon, Maupassant, et Aristophane et Xénophon, et Tacite et Virgile. Monsieur K. est notre passeur, telle la Sybille conduisant Enée aux Enfers... et mon rameau d'or, c'est la littérature. Je dois à Monsieur K. un peu de mes concours. En espagnol aussi, je nage dans le bonheur d'apprendre. Mon cher professeur – que nous adorons toutes, pourtant il est vieux et moustachu, mais sa voix est tellement... - bref, il est venu me chercher, m'a dispensée d'une heure hebdomadaire pour que je puisse suivre le cours de LV1 (avec mes vingt-huit options, je suis le cauchemar des concepteurs d'emploi du temps&amp;nbsp;; Monsieur K. a fait la même chose pour le grec, et je suis ainsi allégée de deux heures de cours pour pouvoir faire ce qui me plaît vraiment. Si c'est pas la belle vie...) et c'est peu de dire qu'on se régale. La littérature et la poésie, là encore, sont à l'honneur. Avec la chorale, nous préparons le &lt;em&gt;Requiem&lt;/em&gt; de Mozart, œuvre grandiose évidemment, que nous chantons à la cathédrale, à guichets fermés, et que nous sommes tenus de chanter derechef, le même soir, pour satisfaire les nombreux spectateurs restés dehors. Aventure inoubliable.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Et puis comme je suis devenue une grande, à l'internat aussi, le statut change. Ma compagne de chambre, T., est  aussi camarade de classe, de maths et de grec, elle est nettement plus délurée que moi et grâce à elle, j'apprends plein de choses. Dans une autre aile, les garçons organisent des soirées plus ou moins autorisées et étonnamment, j'y suis conviée, moi la fille sage. Il faut dire que T. n'a pas besoin de trop insister, car mon amoureux m'y attend, et lui aussi profite de cette promotion inattendue.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Mon amoureux, lui dont j'ai déjà parlé, c'est une belle et grande affaire. Nous comptons chaque mois avec fierté. Nous sommes sans doute le couple le plus stable de l'internat, nous deux en qui personne n'aurait cru, moi la gamine pot de colle, lui le bouffon à l'humour vaseux. Respectabilité donc, même auprès des adultes semble-t-il. Nous existons en tant que couple, c'est énorme.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Et cela compense la déconfiture d'un autre couple, le seul autre qui compte, celui de mes parents. Mon père, un jour de février, emporte ses affaires. La salle à manger sans la table en ormeau, c'est bizarre.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je brandis mon amoureux comme un étendard. En réalité je suis dans un état tel (nerfs et ventre en feu) que souvent je ne supporte pas qu'il me touche, mais un week-end sur trois il m'accompagne dans un des deux lambeaux de famille qui me restent ou bien je vais chez lui, et tant pis pour le lambeau dont c'était le tour. Je hais mes parents de m'infliger cette rupture, et je ne souhaite qu'une chose, être émancipée et ne plus dépendre en rien d'eux, d'aucun d'eux, puisqu'ils sont incapables de me protéger du malheur.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;De toute façon, plus que jamais, ma vie est au lycée. Le quitter va tout bouleverser. Et cette période reste dans mon esprit comme un âge d'or jusqu'au jour où, huit ans plus tard, je raterai le rendez-vous des lycéens.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>1982</title>
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    <pubDate>Tue, 15 Apr 2008 20:58:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>cassymary</dc:creator>
        <category>de 19xx à 2006</category>
        <category>1982</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Je fais le deuil de mes études. J'aurai pu me réinscrire en fac,  je ne le fais pas.
Pas les moyens, le système est tel que lorsque vous ratez un examen, on vous supprime les bourses l'année d'après, et même en travaillant à côté, je ne peux pas payer une année scolaire complète.
C'est une raison valable, mais pas la vraie raison. C'est juste celle qui m'empêche de culpabiliser, et qui m'aide à faire le deuil de mes rêves de devenir psychologue dans le milieu scolaire.
Mais la vérité, je la connais. J'arrête mes études pour ne pas affronter cette peur panique qui m'étreint lorsque je rentre dans un amphi. Pour ne pas avoir à affronter le regard des profs pendant l'oral des exams. Et, comble de tout, par peur de réussir. D'autres ont la peur de l'échec, moi c'est la réussite qui me fait peur. Et si je valais mieux que ce que je pense de moi? Et si j'allais réussir là où je me crois incapable?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ma TS, c'était un moyen de fuir. Je m'en relève, plus réaliste que jamais. Je m'installe dans un équilibre que je sens précaire, fragile. Les premiers mois, la première année se passe dans la peur de rechuter, dans l'angoisse de retomber du mauvais côté. Je m'accroche. J'élimine ce qui pourrait me laisser supposer que je suis sur le fil. Je refuse de penser à l'échec.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je m'installe à nouveau à Toulouse, mon ami travaille, moi je vais de petit boulot en petit boulot. J'accepte tout ce qui passe. Bouger, occuper mon espace, mon temps, pour penser le moins possible. Dès que je ne travaille pas, je sens sur moi le poids de la culpabilité de n'être pas grand chose, qu'un boulet qui ne s'assume pas. Alors les boulots se succèdent, la plupart du temps au noir, et mal payés.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Quelquefois, je me dis que ma vie ne peut être là. Et j'ai des envies d'ailleurs. Je suis bien avec mon petit ami, et pourtant je me dis que mon avenir sera tout autre.
Malgré tout je m'attache de plus en plus à Toulouse. J'aime cette ville et je ne me vois pas vivre loin d'elle.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Un jour, arpentant ses vieilles rues, sur le bord de la Garonne, je passe à côté d'un refuge. Je rentre, avec la ferme intention de repartir avec un chien. Il y en a des tas, derrière les barreaux, qui aboient et frétillent de la queue. Des tas, sauf toi. Toi, tu restes au fond de la cage, dans un coin, tout seul, loin des autres. Mes yeux croisent les tiens. C'est toi que je choisis.
Je vais te baptiser Sampa et nous marcherons côte à côte pour les 10 prochaines années.
Avec toi, je vais porter mes pas  le long des quais, près du canal du midi. Et puis dans les ruelles des quartiers reculés. Nous allons sillonner Toulouse la belle en tout sens. Tu m'as adopté aussi vite que je t'ai choisi. Tu adaptes tes pas aux miens et j'adapte les miens à ma ville rose.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>1981: suite et fin</title>
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    <pubDate>Tue, 15 Apr 2008 20:26:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>cassymary</dc:creator>
        <category>de 19xx à 2006</category>
        <category>1981</category>    
    <description>    &lt;p&gt;On ne veut pas mourir. On appelle au secours. La balance penche à sa guise du côté de la vie ou de la mort.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Pour moi, elle a penché du bon côté.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Hôpital, lavage d'estomac, soins intensifs.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;A l'époque, on ne s'embarrasse pas de bons sentiments, ni de discours convenu, et encore moins de psychologie.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;On accomplit les gestes qui sauve, sans ménagement, pour bien marquer l'absurdité du geste. Pour faire passer l'envie de recommencer.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le tuyau ne rentre pas par la bouche? Pas grave, on va l'enfoncer, avec force et détermination, par le nez.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Et pendant que des litres d'eau inondent mon estomac, on me maintient bras et jambes pour éviter que je me débatte. J'entends dans une semi-conscience: « Ça fait mal? Tant mieux. Comme ça, t'auras pas l'idée de recommencer!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;On me réveille à coup de baffes quand je m'endors. Je ne comprends pas leur acharnement à me faire mal, cette brutalité et ces reproches. On m'engueule comme on le ferait avec un enfant qui vient de casser son jouet.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;J'ai essayé de mourir et je me fais « engueuler ». Quel paradoxe! Quelle façon de me redonner goût à la vie.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Encore une fois, je suis loin, bien loin de tous ces gens qui croient tout savoir.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;On ne veut pas mourir. On appelle au secours. Et là, en l'occurrence, personne ne me répond!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;A mon réveil, je suis déterminée à m'en sortir, sans eux.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je refuse les médicaments. Je refuse l'internement.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Après un semaine d'hôpital, je rentre chez moi. Et la première chose que je fais, c'est arpenter toutes les rues de ma petite ville. Le regard de l'autre qui sait, parce que dans les villages, on sait tout, très vite, ce regard que je fuis la plupart du temps, j'ai décidé de le soutenir. C'est un défi que je dois gagner, je le sens, si je veux passer à autre chose.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;1981 se termine sur un constat d'échec malgré tout. Je n'ai pas passé ma licence, je vis de petits boulots, je suis chez mes parents, je cherche les forces nécessaires pour affronter à nouveau l'extérieur. Question de temps.....&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>1995: La Langue de l'Autre</title>
    <link>http://ricochets.des-blogueurs.org/post/2008/04/12/1995%3A-La-Langue-de-lAutre</link>
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    <pubDate>Sat, 12 Apr 2008 13:57:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>ada</dc:creator>
        <category>de 2006 à 19xx</category>
        <category>1995</category>    
    <description>    &lt;p&gt;-         Pourquoi est-ce que tu ne veux pas me parler en turc ?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;me demande une nouvelle fois en français mon fiancé arméno-franco-turc.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;-          Pourquoi ? Je ne sais pas moi pourquoi !  Parce que le turc c’est la langue de ma mère, parce que je ne veux pas lui ressembler moi qui lutte pour prouver ma capacité d’indépendance. Parce que le turc que tu parles me parait dur ?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;-          Comment ça « dur » ?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;-          Oui, tu as raison, « dur » n’est pas le bon terme. En fait le mot en français qui me vient à l’esprit c’est « plouc » mais bon je ne peux quand même pas te dire ça ? Alors que je sais consciemment que tu as eu du mérite à apprendre le turc. Mais tu l’as appris à l’armée, alors forcément tu le parles avec le même accent rugueux que les ouvriers qui me sifflent quand je me balade seule dans les rues d’Istanbul. C’est insupportable ça pour moi ! Quelle idée aussi de faire l’armée en Turquie quand on n’y est pas du tout obligé, quand on est de nationalité française, qu’on a une mère arménienne et qu’en plus on est antimilitariste ! Tu es complètement fêlé mon amour et puis moi j’aime le français.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;-          Tu exagères, c’est faux je n’ai pas d’accent quand je parle turc.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ah ! Mon fiancé arméno-franco-turc et les heures de conversations délirantes que nous eûmes tous les deux dans une totale incompréhension l’un de l’autre, enferrés que nous étions tous deux dans les représentations qui nous dépassaient (moi plus que lui d’ailleurs). Nous essayâmes un temps de soigner notre incapacité à communiquer dans la langue de nos pères en ayant recours à la  langue supposée de nos aïeux, et c’est ainsi que nous allâmes nous perdre trois mois durant sur les routes du Turkestan : sans succès, j’étais hermétique au Kazakh, et encore plus à l’Ouïghour parlé en Chine. Eventuellement je voulais bien apprendre un peu de russe : ce qui ne nous avança pas beaucoup. En plus, durant ce voyage, entre deux disputes,  je passais mon temps à l’énerver en reluquant les enfants, et refusant de faire l’amour avec lui, pressentant sûrement que des enfants, nous n’en aurions jamais ensemble.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;13 ans plus tard, je continue à nous trouver pathétiques.  13 ans plus tard, malgré la difficulté que j’eus à me séparer de lui et de mon idéal d’un couple transcendant les inimitiés de nos peuples, et nos propres difficulté d’être, je ne peux m’empêcher de penser que je ne pouvais que l’aimer follement, lui et ses contradictions, lui et ses douleurs, lui et sa curiosité sans limite, sa soif absolue d’apprendre de nouvelles langues, lui, ses mensonges, sa sincérité, son intelligence si tranchante et si pleine de circonvolutions.   Lui, mon alter-ego, avec lequel bien entendu je ne pouvais pas vivre.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>1995-18 ans. Toute première fois toutoute première fois…</title>
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    <pubDate>Thu, 27 Mar 2008 11:59:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>shayalone</dc:creator>
        <category>de 2006 à 19xx</category>
        <category>1995</category><category>à 18 ans</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Deux mois qu’on se prélasse au bord de la piscine, qu’on couvre plusieurs fois par jour d’huiles et de crèmes nos deux corps…&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je connais son dos par cœur, la naissance de ses seins, la courbe de sa nuque, celle de ses fesses… Je dépasse tous les jours un peu plus les limites de la bienséance, et elle me laisse faire, invariablement.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le soir elle va coucher avec mon cousin, et reviens dormir avec moi, me câlinant. Comme si elle devait se faire pardonner… Mais de quoi donc, Em’, de quoi donc ?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;21 aout. On a tous dormi chez Flo, et nous sommes seules dans ce bureau où on a déplié un canapé lit. Ce matin, elle a 18 ans, et je brûle.
Je commence à la caresser, sans l’excuse du soleil, de la crème.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Elle dort. Ou fait comme si. Je vais exploser. Ma main dévie, légèrement, tout doucement, et le bout de mes doigts effleure le bord de son sein. Je remonte, redescend, passe sur sa fesse, glisse un de mes doigts sous l’élastique de sa petite culote. Je vais exploser. Lui sauter dessus, fondre en larmes, je ne sais pas, c’est trop, trop fort…&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Sa chair dorée se laisse faire sous mes doigts… Dort-elle ? Mon visage se rapproche, au dessus de son épaule, regarder dormir la belle à mes côtés… sentir ma chair contre sa chair, la chaleur de ce corps qui m’enivre autant qu’il me terrifie.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Elle ouvre un œil en coin, me regarde, et le referme. Se laisse faire, mais ne fait rien. Je continue, je m’enhardis toujours plus loin sur sa fesse, repoussant le bout de tissu qui fait mine de la couvrir. Je m’enhardis jusqu’à ce que la peur me gagne, et je m’arrête net.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Sommeil, sans doute agité, et réveil officiel, comme si de rien n’était. Oubli.
&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;_
Deux ans plus tard, j’apprendrais qu’elle avait envie de coucher avec moi. Mais qu’elle a vu dans mes yeux ce matin là que quelque chose avait changé. Que j’étais amoureuse.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>1996 - 18 ans L’année des 12 singes</title>
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    <pubDate>Tue, 18 Mar 2008 12:59:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>shayalone</dc:creator>
        <category>de 2006 à 19xx</category>
        <category>1996</category><category>à 18 ans</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Fin de PCEM1. Je travaille l’argile quand la belle Aude me rappelle à l’ordre. C’est samedi, c’est la Gay Pride. C’est samedi, je suis lesbienne, je l’ai dit à mes amis. C’est samedi, et Aude me rappelle que je dois aller à la Gay Pride me faire de nouveaux amis, des qui soient comme moi, homosexuels.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je mets ma plus belle robe, coiffe mes longs cheveux, et marche jusqu’au Peyrou. Une foule bariolée est là, danse, court, crie.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je marche. Seule, ouvrant grand mes yeux, souriant à tous ceux dont je croise le regard. Il y a un groupe d’hommes avec une fille. Une qui me ressemble, assez mignonne, de longs cheveux, et une robe. Et un énorme appareil photo. C’est pour ça qu’elle est là. Prendre des photos. Hétéro. Evidemment, elle me ressemble. Et je ne ressemble pas aux lesbiennes, mon coloc, qui s’y connaît, honteuse qu’il est, me l’a assez répété toute l’année.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Un groupe de filles traverse la marche en hurlant.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Jeans déchirés et délavés, t-shirts blancs noués, cheveux courts en bataille, pas de doute. Mais jamais je n’oserais leur parler, surtout après le vent de la photographe… j’aurais juste aimé ne pas marcher seule !&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je marche. Seule, et en colère lorsque le die-in silencieux est pollué par les vociférations d’un militant contre le Sida qui insulte les médecins, d’autant plus injustement qu’à Montpellier, justement, les médecins ne sont pas comme il le décrit, ce connard parisien.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;On se reverra d’ailleurs l’année d’après, rue Keller, numéro 3, où il m’accueillera au CGL, se présentant comme une folle de droite. Parce que je suis la seule fille, je me retrouve à faire ma première interview avec lui, pour une radio communiste. La folle de droite et la gouine de gauche. Et une très jolie journaliste.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je rentre chez moi, et retrouve Aude, toute excitée, qui attend le récit de mes aventures.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Premier numéro de Têtu. Spécial Montpellier. Je l’achète en tremblant à La civette, craignant d’être foudroyée sur place. Je pars comme une voleuse et m’installe sur l’esplanade pour le lire. J’y découvre nombre de personnages qui vont bientôt entrer dans ma vie, pour le meilleur et pour le pire. Et le CGL de Montpellier, créé un an plus tôt, à qui la mairie va désormais fournir un local.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Fermé pour l’été.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La rentrée est là, j’habite à 500m du local. Je n’ose jamais m’arrêter. Je passe, une fois, deux fois, trois fois, quatre, cinq… j’achète mon pain à des heures improbables pour être seule dans la rue et pouvoir lire les horaires… je n’y arrive jamais !&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Sauf que ce jour là, la porte est ouverte. Je passe devant en allant à la boulangerie. Je sais que si je ne rentre pas là, je ne rentrerai jamais.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;J’entre.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L’aventure commence.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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