Petits cailloux et ricochets

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le projet

En novembre et décembre 2006, Anna Fedorovna Kozlika a remonté les années de 2006 à sa naissance au rythme d'un billet pour chaque année. Elle a appelé cette série « Mes petits cailloux 2006-1960 »

A la fin, elle a eu envie de reprendre le chemin en sens inverse et quelques blogueurs ont eu envie de la suivre : ces billets avaient fait naître en eux échos, sourires, jeux de miroir ou clins d’œil... ces fameux ricochets que font les petits cailloux lancés au fil de l'eau.

Le blog collectif que vous êtes en train de lire a été créé ainsi, au détour de discussions au bas de quelques billets. Il s’appelle « Petits cailloux et ricochets » et accueille les textes de tous les participants.

Si vous aussi vous souhaitez faire des ricochets, les modalités pratiques sont expliquées sur cette page.

les textes
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Les petits cailloux de : zub

(Les billets sont présentés dans l'ordre chronologique de leur écriture.)

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zub, sur le chemin de 19xx à 2006,
dimanche 28 janvier 2007

1948 : Le grand départ

Bien sûr que je ne m’en souviens pas, et plus personne pour m’indiquer le chemin. Si je connais certaines choses sur la vie de mes deux parent avant qu’ils se rencontrent, je ne sais rien de ladite rencontre. Ni même quand ils se marièrent. (Ah, si j'avais mieux cherché!!! Ce grand événement eu lieu le 12 octobre 1946).

Mariage.jpg

Je sais que mon père fut engagé volontaire pour la durée de la guerre. Qu’il fit la campagne d’Italie, le débarquement de Provence et reçut pas mal de médaille.
Ma mère quant à elle, 4° d’une famille de 12 enfants, fut chargée du ravitaillement. Ce qui lui valu de nombreuses plaintes de la part des plus jeunes, récriminations toujours en vigueur.
Ce que je connais, c’est l’adresse de la maison : 10 rue Franchipani.
Située en plein centre ville, les rues avoisinantes portent encore les stigmates de la guerre. Que voulez-vous, pour être sûr d’atteindre l’arsenal et les troupes allemandes, les avions américains lâchaient leurs bombes bien avant, et il ne leur restait pas grand chose arrivés sur place.

1948.jpg

Mais heureusement, j’étais un beau bébé, et mardi c’est mon anniversaire.

zub

zub, sur le chemin de 19xx à 2006,
vendredi 2 février 2007

1949, 1950: Insouciance

Toute la famille du côté de ma mère est sur place. Il y a le nid, la maison familiale, le lieu de réunion de toutes les sœurs : Brégaillon.
C’est une grande maison, avec du terrain, et bien au fond, une noria.
La propriété fut achetée par le grand père. Difficile de dire quel était son travail. A la vue des fréquents voyages de la famille et l’éparpillement des naissances des enfants entre la bourgogne et Madagascar, le bruit cours qu’il était administrateur colonial.
Vivent dans cette maison l’aïeule, la seconde des filles même si elle se dit l’aînée !) avec sa fille, son mari est mort à la guerre, et la 6° fille, célibataire endurcie. Un petit appartement accueille à tour de rôle celle et ceux qui en ont besoin. Nous y vivrons nous aussi.
A cette époque mon père est dans les CRS. Ceux-ci ont été mis en place pour donner du travail à tous ces jeunes hommes qui n’ont connu que la guerre, de même que les miliciens qui ont survécu seront intégrés dans les gardes mobiles.
C’est une période difficile, la guerre n’a pas aidé à la bonne résolution des difficultés des salariés, conscient que « Seule la classe ouvrière dans sa masse, aura été fidèle à la Patrie profanée »,comme l’avait déclaré François MAURIAC, les grèves se succédaient durement réprimées par les forces de l’ordre (sic). Un jour où mon père revenait à la maison, je demandais : » Maman, c’est qui ce monsieur ? »
Cette question eut un poids très important pour la suite, elle entraîna notre migration vers l’Algérie.

zub

zub, sur le chemin écrits dans la marge,
dimanche 4 février 2007

L'inconnue

Pas facile de plonger dans des années aussi lointaines, surtout quand il ne reste presque plus personne pour me guider. Alors ce sont les impressions, les brides de souvenirs réels ou pas qui remontent à la surface. La vision du Père Noël qui fait un tour en ville sur sa calèche. Des années plus tard, j’en parle à ma mère qui me répond que je l’ai sans doute rêvé.

La mémoire est tellement fragile.

Si je connais relativement bien, enfin un peu plus, ma famille maternelle, par contre, j’ignore qui est ma grand-mère paternelle. Celle que j’ai connue, Mamie, était « seulement » la quatrième femme de mon grand père. Je n’ai pas encore matérialisé mes recherches.

zub

zub, sur le chemin de 19xx à 2006,
vendredi 9 février 2007

1951 : Nouveauté

Je n’ai rien vu venir, brusquement je ne fus plus le seul. Quelque chose d’agité et de bruyant occupait mes parents.
« C’est ta petite sœur »
« Ah ! »
Et je retournais courir dans la campagne.
Parce que nous avions déménagé. Très loin de la ville, à l’époque nous n’avions pas de voiture, tous les déplacements se faisaient en vélo.
Nous étions au premier et seul étage d’une petite maison entourée de pieds de vigne, perdu dans la campagne. Les propriétaires habitent une maison massive au milieu des arbres. On y accède par un porche immense donne sur une grande cour avec, au milieu, le puit qui somnole sous son arbre. Le rez-de-chaussée est entièrement consacré aux dépendances vinicoles, pressoirs, caves, écurie. Un long escalier rectiligne et abrupt donne accès à l’habitat.
Souvenirs d’effervescences et d’odeurs vendangeuses.
Le chemin menant à la maison n’a pas changé, je l’ai retrouvé il y a deux trois ans, La maison non plus. Mais elle n’est plus isolée. Un Quick et l’immense parking d’un hypermarché la jouxtent. Et l’autoroute non plus n’est pas très loin.
Irai-je ou n’irai-je pas à la rencontre des anciens proprios ? La famille habite toujours leur grande maison. Je n’ai encore rien décidé, mais quand je passe dans le coin, des bouffées d’enfance remontent à la surface de ma mémoire.

zub

zub, sur le chemin de 19xx à 2006,
dimanche 18 février 2007

1952, 1953, 1954 petits et grands événements.

15 février 1952
Il ne pleuvait pas
Triste jour
Ma grand-mère, mère de la mienne, part à tout jamais.

Septembre 1953
Je rentre à l’école. Mais comme je suis de janvier et que je n’aurai 6 ans qu’au début de l’année prochaine, l’école de la république ne peut pas m’accueillir.
A force de discutions ma mère, qui est particulièrement obstinée quand elle à décidé quelque chose, obtient que j’y sois pris le jour de mes 6 ans à la condition que je sache lire.
Alors, sans hésitation, je me retrouve dans une école religieuse, l’institution Saint Thérèse.

Février 1954
Je me retrouve donc dans un lieu mythique de la ville : l’école Martini.
J’y découvrirai un enseignant sadique qui aime bien donner des coups de règle sur les bouts des doigts réunis. Ses victimes sont choisies dans les classes des petits et exécutées dans la classe du sieur enseignant, devant ses élèves hilares.
Heureusement que depuis, les châtiments corporels sont interdits.
Nous avons abandonné notre campagne pour retourner à Brégaillon. Je me rends à l’école à pied.
Pour ce faire, je dois traverser un énorme rond point avec une forêt vierge au milieu, puis de longues rues entourées de palissades qui cachent les maisons tombées sous les bombes américaines.
L’entrée de l’école se trouve juste sur le côté de l’église. Un grand portail ouvre sur la cour de récréation. C’est la partie basse de l’école qui regroupe le primaire. La partie haute, qui possède sa propre entrée, héberge les secondaires et les classes du bac.

Une dizaine d’années plus tard, je me retrouverai dans ces lieux abandonnés des enfants, mais abritant l’école des Beaux Arts ainsi que les classes de CAP et les ateliers des sections techniques du lycée tout proche.

zub

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