Petits cailloux et ricochets

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le projet

En novembre et décembre 2006, Anna Fedorovna Kozlika a remonté les années de 2006 à sa naissance au rythme d'un billet pour chaque année. Elle a appelé cette série « Mes petits cailloux 2006-1960 »

A la fin, elle a eu envie de reprendre le chemin en sens inverse et quelques blogueurs ont eu envie de la suivre : ces billets avaient fait naître en eux échos, sourires, jeux de miroir ou clins d’œil... ces fameux ricochets que font les petits cailloux lancés au fil de l'eau.

Le blog collectif que vous êtes en train de lire a été créé ainsi, au détour de discussions au bas de quelques billets. Il s’appelle « Petits cailloux et ricochets » et accueille les textes de tous les participants.

Si vous aussi vous souhaitez faire des ricochets, les modalités pratiques sont expliquées sur cette page.

les textes
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Les petits cailloux de : sicaliptic

(Les billets sont présentés dans l'ordre chronologique de leur écriture.)

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sicaliptic, sur le chemin de 2006 à 19xx,
mardi 13 février 2007

2006 : 40 ans Déjà!

Cette année sans doute à cause du chiffre rond j'ai eu des envies de recentrage, retrouver le temps passé et réunir les amis que je me suis fait au long de la vie. C'est vrai que déjà l'an dernier j'avais repris contact avec ceux que je pensais avoir négligés et je m'étais mise dans la tête que pour pallier au manque de contact quotidien, qui est le fort de l'amitié, il suffisait de donner des nouvelles régulièrement et j'avais donc mis en place une newsletter perso, où je parlais de tous ces petits riens que l'on confie à ceux qui nous sont proches et que l'on oublie quand on communique une fois l'an.

Les réactions ont été diverses, quelques amis ont vraiment apprécié et certains ont même réagit ponctuellement au gré des non-évènement de ma vie. D'autres ont continué à garder le silence en se disant sûrement que j'étais toujours aussi bavarde, d'autres encore se sont mis à parler de ces nouvelles entre eux sans jamais me faire de retour. Heureusement, parce que le jour où l'un d'entre eux m'a proposé lors d'une visite éclair, de pimenter un peu mon récit pour tenir en haleine mes lecteurs, j'ai bien ri mais j'ai aussitôt arrêté ma newsletter. De toutes manières les gens ne passent pas autant de temps que moi sur leur ordinateur et finalement je sais que ce n'est pas la vraie vie, d'ailleurs pour mon anniversaire au lieu de cette grosse fête que j'imaginais sous le soleil marseillais, j'ai dîné en tête à tête avec mon amoureux en regardant la mer, et c'était très bien comme ça.

sicaliptic

sicaliptic, sur le chemin de 2006 à 19xx,
mardi 13 février 2007

2005 : 39 ans Spleen en stock

Le blues, le cafard, la desespérance, la sale petite bête qui fait faire la grimace dès le réveil, l'insidieuse qui ôte le goût à tout et enlaidit le reste. Je ne m'explique pas vraiment pourquoi c'est arrivé là, rien n'allait de travers, peut être juste un peu trop droit, les copines diraient sans doute crise de la quarantaine qui sait?
Peut etre un bilan difficile à accepter,une grosse fatigue rien qu'à imaginer le chemin encore à parcourir, une mise en doute des objectifs. J'ai décidé de mettre de l'ordre dans ma vie pour qu'elle tienne moins de place, tout m'étouffait, je songeais même à y mettre fin mais la preuve est que je ne savais pas vraiment ce que je voulais ni ce qui m'arrivait.
Niveau santé j'ai morflé comme on dit chez moi, les dents, mal de dents mal d'amour, ai je quelque chose à me reprocher ? Cette année a été rythmée par des abcès dentaires au moins trois et des rendez vous chez le kiné parce que je n'arrivais plus à respirer, ni à dormir. Chaque nuit des éléphants se donnaient rendez vous sur ma poitrine pour y jouer au poker sans doute, bon faut bien essayer de faire sourire le docteur quand on n'arrête pas d'aller le voir.

J'ai lu un livre sur le feng shui et j'ai balancé tous mes souvenirs pesants à la poubelle, photos lettres et petits riens accumulés, j'ai vidé le mausolée, le musée personnel que je construisais pour les générations futures, ça fait bizarre mais ça m'a soulagée, le kiné m'a expliqué comment désarmorcer mes blocages (massage et respiration), je songe à m'inscrire au yoga et à changer de dentiste. Respirer... je respire.

sicaliptic

sicaliptic, sur le chemin de 2006 à 19xx,
mercredi 14 février 2007

2004 : 38 ans vie commune sans parole

Je devrais plutot parler d'expérience du machisme, mais un machisme insidieux qui ne dit pas son nom qui se veut loin de ses petites tracasseries mesquines. Pendant 6 mois j'ai du lutter avec les mêmes armes : l'indifférence et la mauvaise foi et me sentir salie par mes pensée de résistance. Ca a été une drôle de période, nous avons vécu avec le frère ainé de mon amoureux parce qu'ils s'étaient lancés dans une aventure culinaire commune, ils ont tenu un restau privé sur la terasse de notre immeuble.

Dans notre couple je m'efforce d'entamer le dialogue à la moindre crise et grâce à cela mon compagnon a compris les vertus de la parole. Il est de culture musulmane mais tout comme moi ne se sent pas concerné par la religion. Je suis féministe cela me semble naturel, parfois les choses me heurtent et je ne peux expliquer clairement où le bas blesse mais je sais qu'il y a problème et que les choses ne sont pas correctes. En général, c'est dans la discussion que se dégage la pensée à changer.

Mon amoureux n'est pas macho, il a parfois des pensées faussées par son éducation peut être, quand elles apparaissent j'essaie de les bousculer de les mettre à plat pour qu'il se rende compte qu'il n'y adhère pas vraiment que c'est juste un réflexe. Il fait de même quand je dérape, Je crois que nous avons trouvé un équilibre et que nous essayons d'avancer ensemble.

Son frêre étant l'ainé n'a pas l'habitude qu'on lui tienne tête, il ne discute pas il affirme. Mon amoureux s'est bientôt retrouvé entre deux feux, d'un coté l'ainé qui gérait les choses comme il l'entendait et moi qui demandait les raisons de ces décisions. Vous comprenez quand on vous dit qu'il est préférable que l'on lui laisse notre chambre et qu'on aille dormir dans le salon, il est pertinent de demander pourquoi.
Certaines incongruïtés sont passées celles qui ne me concernaient pas vraiment, surtout dans la répartition de leurs taches dans le travail, je ne m'en suis pas mélé, nous avons gardé notre chambre.

J'ai oublié une bonne partie des faits, c'était des détails qui clochaient, et les relever me donnait le sentiment d'être celle qui crée les problèmes. Je laissais glisser hors de ma vue la vaisselle du restau qui trainait 3 jours, j'appris à vivre à coté et pas avec. Jamais il ne me fut reproché quoi que ce soit mais je sentais que je ne faisais pas ce que j'étais sensé faire. Mais cest bien simple il suffit que je ressente une pression, que l'on cherche à me faire faire quelque chose sans que cela me soit clairement demandé et par principe je me bute et m'obstine à faire autrement. Un réflexe de protection ? Cela posait problème. la preuve, le silence s'installa. Pression maximum.

Le restau s'arreta avec l'hiver il réintégra son appart en terasse et nous reprimes le cours de notre vie où chacun fait en sorte que le quotidien pèse le moins possible, je fais la vaisselle mon amoureux fait la cuisine et parfois nous soulageons l'autre de sa tache. Je pense avoir évité le pire et conservé l'usage de la parole. pourtant c'est un constat d'échec, j'ai été incapable de faire évoluer la situation et il me semble que cela ne m'a pas appris grand chose en tout cas je n'en sors pas grandie.

sicaliptic

sicaliptic, sur le chemin écrits dans la marge,
mercredi 14 février 2007

drôle de thérapie

je me rends compte qu'écrivant les choses marquantes de chaque année je fais un tri étonnant mais ne voulant pas simplement régler des comptes je me sens obligée d'essayer d'en parler comme d'une expérience : regarder de plus haut quel est le problème que tout un chacun pourrait rencontrer dans cette situation. Je vois ce que ça a modifié chez moi et ce que cela m'a apporté.

enfin ça c'est mon petit micmac dans mon coin mais je peux dire que j'essaie de me faire du bien.

des ronds dans l'eau ça évoque le calme

Il m'est arrivé au cours de l'existence de passer par l'écrit pour sortir ce qui me faisait souffrir : j'écrivais des lettres aux gens concernées je les cachetais et les mettais au fond d'une valise même si personne ne les lisait cela m'a souvent fait du bien. C'est un peu la même chose bien qu'ici elles aient une visibilité qui me pousse à en extirper le coté trivial pour ne mettre en cause que moi, j'espère y arriver.

merci pour cette espace et cet élan collectif qui pousse à avancer.

sicaliptic

sicaliptic, sur le chemin de 2006 à 19xx,
vendredi 16 février 2007

2003 : 37 ans la psy mon père et un chéri

Je ne sais plus ce qui m'a décidé cette fois, l'impression de déjà vécu sans doute, je retourne chez la psy enfin d'abord j'essaie d'en trouver une qui ressemble à celle qui m'a aidé à Paris.
C'est sans doute une erreur, je passe mon temps en comparaisons qui ne sont jamais à son avantage. Elle n'en sait rien, j'ai l'impression de perdre mon temps ou de lui faire perdre le sien. Elle a l'air de quelqu'un qui essaie d'avoir une attitude naturelle. Et je m'y connais, je suis experte dans ce genre de tentative en société, j'ai maintenant la preuve que c'est un exercice difficile.
Elle hoche la tête de temps en temps histoire de me laisser poursuivre. rien d'encourageant, on dirait qu'elle fait en sorte que je l'oublie. Elle est si maladroite que je ne vois qu'elle la plupart du temps.
Je ne suis pas une pratiquante chevronnée, je n'ai jamais été foutue de demander à ces gens de quelle confrérie ils étaient. En tout cas je sais que ma psy parisienne me parlait et que cela me faisait le plus grand bien, mon problème étant le manque de confiance en moi, avoir à rendre compte de mes entreprises me pousse à l'action et me motive.
Son silence me fait l'effet d'un jugement, j'ai donc l'impression de ne pas avancer. quand je regarde le noeud qui me fait le plus souffrir je ne vois aucun progrés par contre sans m'en rendre compte j'ai défait des problèmes périphériques dont je ne me souciais pas vraiment.

Après 5 ans de célibat je ne suis toujours pas en quête du prince charmant. Je regrette simplement la pénurie d'amants intelligents. Les garçons me déçoivent, leur langue se délie plus rapidement qu'ils ne nouent leurs lacets, l'intimité se discute sur la place publique et le sexe devient comptabilité, je ne suis pas un numéro je préfère m'abstenir. Moi, j'aime les amours d'aprés midi , les amitiés ambigues et les démentis. Je m'ennuie un peu, mais ce n'est pas trés grave.

Je ne sais comment je me suis réconciliée avec l'image de mon père et les choses ont changées, j'ai rencontré l'homme avec qui je vis. Ma psy me confirme que cela peut être une conséquence.
Voilà je suis toujours aussi gauche en socièté, j'ai du mal à assumer mes choix de vie et ma création mais maintenant j'ai quelqu'un avec qui en parler autrement qu'accoudée au comptoir d'un bar.

(en aparté, il y a quelques semaines, il m'a dit qu'il voulait bien démarcher les galeries pour moi...)

sicaliptic

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