Petits cailloux et ricochets

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le projet

En novembre et décembre 2006, Anna Fedorovna Kozlika a remonté les années de 2006 à sa naissance au rythme d'un billet pour chaque année. Elle a appelé cette série « Mes petits cailloux 2006-1960 »

A la fin, elle a eu envie de reprendre le chemin en sens inverse et quelques blogueurs ont eu envie de la suivre : ces billets avaient fait naître en eux échos, sourires, jeux de miroir ou clins d’œil... ces fameux ricochets que font les petits cailloux lancés au fil de l'eau.

Le blog collectif que vous êtes en train de lire a été créé ainsi, au détour de discussions au bas de quelques billets. Il s’appelle « Petits cailloux et ricochets » et accueille les textes de tous les participants.

Si vous aussi vous souhaitez faire des ricochets, les modalités pratiques sont expliquées sur cette page.

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Les petits cailloux de : shayalone

(Les billets sont présentés dans l'ordre chronologique de leur écriture.)

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shayalone, sur le chemin de 2006 à 19xx,
mercredi 14 novembre 2007

2007 année de la fête

Je m'y prend au dernier moment, evidement. Je passe de l'idée "je vais rien faire - personne ne m'aime" à "je vais inviter tous ceux qui ont été importants pour moi pendant ces 30 ans". La liste dépasse vite les 100, et je n'ose pas en inviter la plupart.

Je ne reçois que des réponses négatives... le temps passe et l'angoisse monte. Tous ceux qui viennent n'ont juste pas trouvé utile de le signaler.

Bref, nous serons une trentaine. Certains m'ont demandé pour les cadeaux. "Quelque chose qui pour vous me représente, ou représente le lien que nous avons ensemble"

Gatée comme jamais, telle une gamine, au milieu d'une montagne de cadeaux.

Je m'inquiète que le lien ne se fasse entre les amis du boulot, les amis des asso et Sophie, la meilleure amie de Chou, qui s'est tapée 400 bornes pour venir... toute seule. Ben aussi a fait beaucoup de route, avec son adorable Luca. Ca a l'air de prendre. Deux de mes co-internes restent obstinément soudées comme deux soeurs siamoises, ma mère se terre dans sa cuisine...

Est-ce que les gens s'amusent? Est-ce que je donne une bonne image aux deux siamoises?

Elles partent, avec quelques autres, et restent, pour résumer, les LGBT et Sophie, qui se fond à merveille dans la masse. Même que ma grande soeur en est subjugée. Elle est si jolie et respire tant la bonté, comme chou, que ma soeur se posera la question de leur parenté. Et flashera, surtout...

4h du matin, les irréductibles à la table de jeu vont se coucher, et l'installation dans les tentes est encore un grand moment de poilade.

8h, le soleil, les oiseaux et les chiens nous réveillent. Les premiers sont déjà à la table du petit déj avec mes parents et mes soeurs, ravis, au milieu du pain grillé et des confitures maison. 18 convives qui ont choisi de rester. Jusqu'au soir.

18 sourires vissés sur les visages, 19 avec le mien

Partager les rires, le soleil, la piscine, les tomates du jardin.

Et beaucoup d'amour.




Premier de trente petit cailloux

shayalone

shayalone, sur le chemin de 2006 à 19xx,
jeudi 15 novembre 2007

La Maison

Il faut partir de chez nous, du chez nous à quatre. C'est l'heure des grandes décisions. J'en ai marre de partir, toujours, un jour, comme une nouvelle preuve à l'inquiétude intrinséque que je trimballe depuis toujours.

J'ai besoin de me poser, je ne veux pas repartir dans un an... Chou, on achète? On a un petit apport à nous deux, elle est au RMI et moi je suis toujours étudiante... on envisage de louer une partie pour augmenter nos revenus, et je passe des heures en calculs savants pour savoir quel est notre budget. Des heures aussi sur les sites d'annonces immobilières, à retaper sans cesse les codes postaux des villages qui nous bottent, pas trop loin de la ville, voir en ville. On commence à visiter... et la première maison dans nos prix, on n'y rentrerait même pas nos meubles. Elle est trés sympa, avec son salon sous verrière. Mais elle donne sur un canal plein d'ordures, je crains les odeurs l'été. Et puis c'est trop petit. Mais c'est dans nos prix.

Je dépasse ma phobie du téléphone pour appeler les agences, déployant une énergie que je ne pensais pas avoir. Il y a cette annonce, là, pas loin, pas trop cher, un bout de jardin, trois chambres à l'étage... Mercredi 16h30, j'appele l'agent immmobilier, toute charmante, rendez-vous est pris pour 19h. Ellle nous conduit dans un petit lotissement, la maison est là, se dressant toute blanche dans le ciel bleu. J'adore l'extérieur, ce petit porche trés américain, les lattes de bois qui lu servent de murs!

Il fait bon à l'interieur, c'est déjà chaleureux, cette fraicheur dans cet été qui nous brule, malgré les meubles épars qui trainent encore ici ou là. Je commence à fouiller partout, m'émerveille de chaque détail, imagine la disposition de la salle, et ceci, et celà.

Elle pose quelques questions sur notre solvabilité, et je la rassure, tout me semble si simple!

Je demande si beaucoup de gens sont interessés, c'est secret... mais demain à 17h il y a une autre visite! J'y pense toute la nuit. J'essaie de savoir ce qu'en pense chou, qui exprime toujours moins que moi! Jeudi, 9h30, je fais une proposition de prix à la gente agent immobilier... 12h elle me rappelle me donnant le prix des propriétaires.14h30, on signe le compromis de vente.

Et c'est d'ici que j'écris.

shayalone

shayalone, sur le chemin écrits dans la marge,
mercredi 21 novembre 2007

espace-temps

Je tombe sur mes premiers ricochets sur le blog de Thomas. Je ne sais pas comment j’ai réussi à passer à travers depuis Janvier. Sans doute n’ai-je pas voulu voir, n’étais-je pas dans cette dynamique là. Maintenant j’y suis, et plutôt deux fois qu’une. A l’heure de passer le relais, de créer une nouvelle vie – quelle folie ! – me pencher sur mon histoire me semble une évidence. Faire apparaître les lignes directrices avant qu’elles ne me dirigent à nouveau. Choisir des évènements du passé, et savoir que si je les ai choisis, c’est qu’ils parlent de mon présent. Parce que l’histoire n’existe pas, que tout souvenir est faux par essence. Pourtant il existe ce souvenir, il existe et il agit. Comme moi, qui n’existe pas plus.

shayalone

shayalone, sur le chemin de 2006 à 19xx,
samedi 1 décembre 2007

2004 - partir, rester

Les résultats de l'internat tombent, où vais-je atterrir avec un classement pareil? Je commence à classer les villes en partant du pire, là où je ne voudrais pas du tout être... les trous paumés où il fait moche, dans le nord est, où ils sont tous fachos... mais je veux partir, quitter Montpellier, ma vie qui m'étouffe un peu, cette image si parfaite que j'ai envie de faire voler en éclat. Les simulations m'apprennent que je pourrais quand même rester, où partir dans des endroits plaisants. L'idée choque mes amis, du coup je parle de ce besoin de m'évader;

Les choix arrivent; Chou a eu un entretien d'embauche la veille. Pas encore de réponse, il faut que je décide; Elle me dit qu'elle me suivra; Puis-je lui demander de quitter un job par pur caprice existentiel?

J'hésite jusqu'au dernier moment. Je reste.

Après tout, l'idée même de partir m'a permis de me libérer.

shayalone

shayalone, sur le chemin écrits dans la marge,
mardi 4 décembre 2007

Douces failles

2003. Je cherche. Qu'est-ce qui m'a marqué cette année là? Le vide intersidéral de ma mémoire? Rien, je n'ai rien en tête. En grapillant je trouve bien des choses dont je n'ai pas envie de parler. C'est du passé oublié. C'est là qu'apparait la difficulté pour moi des ricochets. Réputée pour avoir une mémoire d'éléphant, j'oublie tout de ma propre vie, ne gardant en tête que de quoi alimenter ma mégalomaniaque légende. Et y a des années vides pour ça. La sérénité trouvée avec chou n'y est pas étrangère, il faut se rendre à l'évidence. Ma vie lisse n'a rien marqué, rien ne s'est imprimé sur les microsillons accessibles de ma mémoire. Des tas de petits bonheurs en vrac, impossible à situer dans le temps. Reste l'inconscient alors. Mais tout le monde sait qu'il court dans des zones non fréquentables.

shayalone

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