Petits cailloux et ricochets

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le projet

En novembre et décembre 2006, Anna Fedorovna Kozlika a remonté les années de 2006 à sa naissance au rythme d'un billet pour chaque année. Elle a appelé cette série « Mes petits cailloux 2006-1960 »

A la fin, elle a eu envie de reprendre le chemin en sens inverse et quelques blogueurs ont eu envie de la suivre : ces billets avaient fait naître en eux échos, sourires, jeux de miroir ou clins d’œil... ces fameux ricochets que font les petits cailloux lancés au fil de l'eau.

Le blog collectif que vous êtes en train de lire a été créé ainsi, au détour de discussions au bas de quelques billets. Il s’appelle « Petits cailloux et ricochets » et accueille les textes de tous les participants.

Si vous aussi vous souhaitez faire des ricochets, les modalités pratiques sont expliquées sur cette page.

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Les petits cailloux de : lepotdefleur

(Les billets sont présentés dans l'ordre chronologique de leur écriture.)

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lepotdefleur, sur le chemin de 2006 à 19xx,
dimanche 18 février 2007

2006 (l'année de mes 24 ans) : Mes premiers pas d'adulte

Mon année 2006 commence à Metz. C’est la première fois que je mets les pieds dans cette ville. J’y ai retrouvé quatre amies pour passer le nouvel an. On décrète que 2006 sera une année pleine de délices et de caprices. Et pour moi, ce fut plutôt vrai. En janvier, je me suis inscrite sur meetic, pour voir et pour rencontrer des gens. Premier caprice. J’étais à Rouen depuis quelques mois et je ne connaissais personne. Après quelques essais plus ou moins fructueux, j’ai rencontré mon actuel petit ami, fin février. Premier délice. Fin mars, après 7 mois de CDD, mon entreprise a décidé de me faire signer un CDI. Une grande surprise car la tendance de la boîte n’était pas au beau fixe. Et dans le journalisme, c’est rare de trouver un poste stable si rapidement, quelques mois après la sortie de l’école. Je répète que j’ai eu de la chance, on me dit que c’est du talent et mes capacités qui m’ont permis d’être embauchée. Alors je fais mes premiers pas d’adulte : un travail, un appartement avec plusieurs pièces et non meublé (ça change des mes chambres d’étudiante), mes meubles, une télévision, une machine à laver... et quelques petits caprices… Que des choses très matérielles, j’en conviens, mais on s’accroche à ce qu’on peut pour apprendre à devenir adulte. Je dois également m’habituer à la Normandie et à son ciel gris. Mon deuxième délice est en Sardaigne : mes premières vacances en congés payés. J’y pars d’ailleurs avec les amies qui étaient à Metz le 1er janvier 2006. Quinze jours d’émerveillement, de fous rires, de découvertes, de plages magnifiques, d’eau turquoise, de fromage, de saucisson, de bière et d’accent italien. Mes proches aussi deviennent adultes. Deux amies de fac sont enceintes (elles accouchent en mars 2007). J’ai mis plusieurs jours à me remettre de cette nouvelle. Une année 2006 qui annonce j'espère une bonne année 2007.

lepotdefleur

lepotdefleur, sur le chemin de 2006 à 19xx,
mardi 20 février 2007

2005 (année de mes 23 ans) : tout va (trop) vite

Je commence l'année 2005 à Paris dans un appartement qui n'est pas le mien, en compagnie de Raymond. Un chat. Le chat appartenant à un copain de lycée qui m'a hébergé pour les vacances. Je commence donc cette année là toute seule. Mais cela m'importe peu car je suis en stage à France Inter. Je touche du bout des doigts un rêve de gosse. Et comme les mois suivants vont être bien remplis d'activités et de rencontres, un peu de solitude ne fait pas de mal. Car mon année 2005 est passée à toute vitesse. J'étais présidente d'une radio étudiante associative tout en terminant mes études de journalisme (spécialité radio !) : je n'avais pas une minute à moi et je ne m'en plains pas. Au contraire, ça m'empêchait de penser : au passé (ça sera dans le prochain ricochet...), au futur (la fin des études, trouver un travail...). J'ai ainsi profité à fond de mes derniers moments d'insouciance : des nuits d'ivresse à refaire le monde, des coucheries à droite et à gauche (pas le temps ni l'envie de m'attacher), un road trip en Angleterre d'une semaine, me consacrer pleinement à la radio... Mi-mai, je termine mes études à Tours puis commencé un stage d'un mois dans une petite radio locale. Fin juin, je suis arrivée à Laval pour mon premier contrat de journaliste radio. Deux mois dans la campagne, une expérience très enrichissante. J'ai fini mon CDD le 30 août et j'en ai commencé un autre le 1er septembre à Rouen dans mon actuelle entreprise. Toujours pas le temps de souffler ! Je quitte la radio pour la presse écrite. Presque le cœur léger après un an consacré uniquement à la radio : je parlais radio, je mangeais radio, je buvais radio, je baisais radio, je vivais radio. En Normandie, je vais tout de même pouvoir me reposer et vivre une vie bien différente des mois précédents. J'arrive dans une ville où je ne connais personne. La descente est difficile après avoir été très entourée. Il était également temps de se poser.

lepotdefleur

lepotdefleur, sur le chemin de 19xx à 2006,
samedi 24 février 2007

2004 (année de mes 22 ans) : Rupture

Je commence l’année 2004 à Rome, presque en tee-shirt car il fait un temps magnifique. Je suis en vacances avec mon petit ami de l’époque. Jolies vacances (j’adooore l’Italie), mais quelques différends qui resteront gravés. Je suis étudiante à Tours, en journalisme, depuis presque deux ans. Je m’habitue bien à cette ville. Mais la fin de l’année scolaire est bizarre. Le temps est venu de se spécialiser : je choisis la radio. Les cours professionnels deviennent plus intéressants. Des amitiés se disloquent pour de stupides raisons. C’est dur à vivre : je ne sais pas de quel côté pencher jusqu’à comprendre que je n’ai pas un camp à choisir. Heureusement, on s’explique et tout rentre dans l’ordre avant l’été. C’est également une époque où je dois enfin prendre un peu confiance en moi. J’accepte de m’investir au sein du bureau d’une radio associative étudiante. Ce n’était pas la première fois mais lorsque la présidente (et responsable d’antenne et de plein de trucs dans cette petite structure) part en Angleterre pour devenir assistante de français (une opportunité qu’elle ne pouvait pas laisser passer), je prends la suite. Pourtant je n’étais pas sûre d’être à la hauteur. Mais j’ose ! Je passe l’été en stage au Havre. « Tu te complais dans les villes pourries » m’assure une camarade de promo (j’avais passé l’été précédent en stage à La Roche-sur-Yon en Vendée). De prime abord, Le Havre n’est pas une belle ville pourtant on peut vite s’y attacher. Surtout c’est grâce à ce stage que j’ai trouvé mon actuel emploi ! Et c’est également sur cette côte normande que je m’interroge. Je m’interroge sur mon couple : jusqu’où est-il prêt à aller… et pour moi, est-il le bon… Des questions qui finalement me pousse vers l’irréparable : l’infidélité. Je fais « ma crise de la vingtaine » et décide que j’ai des choses à vivre avant de m’engager. Je brise le cœur de mon petit ami. Cette rupture et sa souffrance vont me hanter pendant presque un an. C’est également une déchirure pour moi, un tournant. En le quittant (ça faisait trois ans et demi), je détruis un repère important dans ma vie. C’est peut-être ma première décision d’adulte (même si j’ai fait « ma crise de la vingtaine »). Je souffre, je suis un peu perdue. Alors je me lance à corps perdu dans la radio : je retourne à Tours où je m’investis dans mes études et dans « ma » radio étudiante. J’apprends à prendre des responsabilités et à devoir prendre moi-même des décisions. C’est parti pour des mois de folie.

lepotdefleur

lepotdefleur, sur le chemin de 2006 à 19xx,
samedi 10 mars 2007

2003 (l’année de mes 21 ans) : Cool

Je commence l’année 2003 à Rennes chez des copains de mon petit ami, en buvant uniquement des sodas et autres boissons non alcoolisées car mon estomac a été plutôt capricieux la veille, m’ordonnant de ne pas boire. Je passe ensuite la journée sous la couette, toujours un peu barbouillée, au côté de mon copain, lui aussi malade mais pour d’autres raisons… L’année 2003 se passe sans trop d’encombres… J’ai même du mal à m’en souvenir. Je fais mes études de journalisme à Tours et même si c’est un IUT, le rythme est assez cool. Ma vie d’étudiante glisse doucement entre les cours, les sessions avec des journalistes professionnels, les soirées avec mes camarades de promo. Je navigue également entre Tours et Rennes (où est resté mon copain) puis Paris (où mon copain a, enfin, trouvé du travail). Le rythme cool nous permet même de partir à six au bord de la mer pendant 4-5 jours en mai. On a loué un bungalow pour pas cher. En arrivant, on comprend pourquoi : le camping n’est pas terminé… Mais le temps est magnifique et les plages pas trop loin. Je passe ensuite l’été caniculaire à La Roche-sur-Yon en Vendée. C’est mon premier « contrat » dans une (grande) entreprise de presse, en l’occurrence un stage conventionné (donc rémunéré !) à Ouest-France. Je ne ressens pas trop la chaleur épouvantable qui a caractérisé cet été car je travaille de 12h à 20h dans un bureau climatisé. Ce n’est que le soir, en sortant de la rédaction, que je sens cette canicule s’abattre sur mes épaules. En octobre, retour à Tours pour la deuxième année de l’IUT. Nous ne sommes plus les petits nouveaux… Et tout continue sur ce rythme… cool…

lepotdefleur

lepotdefleur, sur le chemin de 2006 à 19xx,
vendredi 16 mars 2007

2003-bis : le grand saut!

J'ai oublié un évènement primordial de mon année 2003. J'ai un problème de mémoire dans les dates... Bref, en avril 2003, j'ai réalisé un rêve : un saut en parachute. C'était mon cadeau d'anniversaire pour mes 20 ans, offert par mes parents.

Initialement, j'aurai dû faire ce saut en octobre 2002, au moment de mon anniversaire. Mais le temps était mauvais, les nuages trop bas dans le ciel vendéen... Il a donc fallu repousser au printemps suivant. En avril 2003, c'est donc surexcitée et presqu'à bout de patience que j'allais voler.

Après quelques explications de mon doublon (car c'était un saut en tandem), on monte dans un tout petit avion pour monter à 4000 m. C'était aussi la première fois que je montais dans un avion ! Je ne sais pas combien de temps il nous a fallu pour monter, j'avais complètement perdu la notion du temps. J'admirais, je rêvais, j'avais les yeux écarquillés d'une petite fille. A un moment, je me suis bien demandée : "Qu'est-ce que tu es en train de foutre là dans cette avion ? ça va pas la tête ou quoi ?"... mais ça n'a pas duré longtemps. Je n'ai eu peur qu'une seule fois : lorsque je me suis retrouvée le corps dans le vide, seulement rattaché à l'avion par mon doublon. Et puis, ce fut le grand saut : 37 secondes de chute libre pendant lesquelles je n'ai quasiment pas cessé de crier ma joie ! Je volais ! Petit retour à la réalité lorsque le parachute s'est ouvert. C'était pourtant également un moment magique cette douce descente vers le sol. J'ai même pu commander un peu le parachute. Atterrissage en douceur et une seule envie : recommencer ! Je n'ai toujours pas refait de saut... Pas pris le temps et pas les moyens financiers... Aujourd'hui, je rêve encore en regardant les photos et la vidéo du saut. Et je sais pourquoi les oiseaux chantent...

lepotdefleur

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