Petits cailloux et ricochets

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le projet

En novembre et décembre 2006, Anna Fedorovna Kozlika a remonté les années de 2006 à sa naissance au rythme d'un billet pour chaque année. Elle a appelé cette série « Mes petits cailloux 2006-1960 »

A la fin, elle a eu envie de reprendre le chemin en sens inverse et quelques blogueurs ont eu envie de la suivre : ces billets avaient fait naître en eux échos, sourires, jeux de miroir ou clins d’œil... ces fameux ricochets que font les petits cailloux lancés au fil de l'eau.

Le blog collectif que vous êtes en train de lire a été créé ainsi, au détour de discussions au bas de quelques billets. Il s’appelle « Petits cailloux et ricochets » et accueille les textes de tous les participants.

Si vous aussi vous souhaitez faire des ricochets, les modalités pratiques sont expliquées sur cette page.

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Les petits cailloux de : Laurence

(Les billets sont présentés dans l'ordre chronologique de leur écriture.)

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Laurence, sur le chemin de 19xx à 2006,
vendredi 26 janvier 2007

1983 : 00 - Naissance

Le 23 au soir, ma mère sait que je vais arriver. Elle nous emmène donc à la maternité, ou elle rencontrera LA sage femme la plus tarée du monde. "Oui mais vous voyez, madame, faut souffrir pour avoir le droit d'avoir un enfant". Elle devra donc attendre le lendemain, vers midi, qu'une autre sage femme veuille bien prendre le relais pour avoir le droit d'accoucher. Une des qualités de ma mère, c'est la patience. Et là, elle l'a vraiment été.

Je suis née le 24 octobre 1983 à 12h35, du coup, je suis scorpion. A priori, j'ai faim, j'ai ptet même besoin d'un peu de sucre. Et pouf! Voilà ma toute première hypoglycémie. Ca commence bien :/ Me voilà donc dans un coin plus tranquille avec une perf de sucre dans le crâne, aux cotés de deux autres gamins qui ont eu droit au même traitement que moi, à une différence près, ils étaient un peu en avance. Plus tard, on me dira que je ressemblait à Bouddah à coté des deux autres petites crevettes. Merci, ça fait plaisir.

Si les chromosomes avaient fait de moi un garçon, mes parents m'auraient apellé Luc. Coup de bol, je suis passée loin des références de Star Wars, et en plus j'ai évité le prénom de Laura, que tous les parents fans de Johnny avaient adoptés. Du coup, je m'apelle Laurence. Laurence Simone Raymonde même. Ca commence vraiment bien ;)

Laurence

Laurence, sur le chemin de 19xx à 2006,
vendredi 2 février 2007

1984 : 01 - J'ai pas pu le voir.

Je parle souvent de mon quart de sang luxembourgeois. Je vais alors profiter de l'année là pour vous en parler un peu. Il s'apellait Jean. Il venait du luxembourg, et avait fondé une famille avec Raymonde (ma grand mère, pas mon 3ème prénom hein). Ils avaient eu deux filles et un garçon. Parmi leurs enfants, ma mère. Jean avait fait la guerre, je crois. Jean, c'était mon grand père, mais il est parti bien trop tôt. Je ne l'ai pas connu, j'ai pas pu le voir. Enfin si, mais je m'en souvient pas. Y'a bien quelques vieilles photos qui trainent, mais je n'en ai absolument aucun souvenir.

Sinon, l'année là, j'ai du apprendre à marcher. Même que mes parents, pour mieux nous protéger mon frère et moi, avaient recouvert la quasi-totalité des angles de meubles qui piquent avec du polystyrène et du gros scotch. Sont malins hein.

Laurence

Laurence, sur le chemin de 19xx à 2006,
vendredi 9 février 2007

1985 : 02 - Arrêter la clope

Aux alentours de nos 2-3 ans (avec mon grand frère, qui n'était pas si grand que ça à l'époque), on avait une grande passion. Plus fort que le quinté+, la bronchite. Plusieurs fois par an, chaqun son tour, avec ou sans cagoule. Des bronchites un peu trop régulières.

A l'époque, tout le monde fume. Au travail, à la télévision et forcément aussi à la maison. Un jour le médecin de famille a la précense d'esprit de demander à mes parents : "Mais vous fumez?". Oui. "A l'intérieur?". Oups. Il fallait prendre une décision, une décision de toutes une vie, qui allait couter un paquet d'efforts. Mais il fallait le faire.

Mes parents ont donc arrêté de fumer, chacun son tour, je ne sais pu dans quel ordre. Et hop, fini le tabac à la maison 7 jours / 7. Fini les brochites!

Quand j'y repense, je me dis que c'est une chance d'avoir grandi dans une famille sans tabac. Bon il faut aussi dire que ma mère m'avait montré des photos de coupe de poumons goudronnés et que ça ne donnait pas envie. Avec tout ça et mes problèmes de briquets, je n'ai jamais eu envie de fumer.

Laurence

Laurence, sur le chemin de 19xx à 2006,
vendredi 16 février 2007

1986 : 03 - Mumettes & radioactivité

On m'a déjà demandé des centaines de fois pourquoi je ne porte pas de lentilles de contact, en général, je répond "mais parce que j'aime ça, moi, les lunettes". En fait ça n'a pas toujours été le cas.

Ma première paire de lunettes était rose pale un peu fumé, avec des très gros bords en plastique, de gros verres et une sorte de scotch opaque sur certains cotés des verres pour m'obliger à corriger mon strabisme convergent (si je retrouve des photos, je les mettrais). Autant dire que je les aimais pas beaucoup. Je ne le savait pas encore, mais ma première grosse engeulade allait bientôt arriver.

"Les verres sont super résistants! C'est spécial pour les enfants, il y a un traitement (toussa...)". Le vendeur avait du dire ça devant moi. Sinon je ne vois pas pourquoi mon esprit scientifique, du haut de mes 3 ans, aurait voulu tester la resitance des verres en milieu hostile, c'est à dire : sable et petits cailloux, sur le sol. Voyons la résistance au frottement.

Je suis revenue de la maternelle avec des lunettes complètement opaques, complètement rayées. Ah ben bravo l'esprit scientifique!

1986, ce n'est pas seulement un problème de lunettes rayées, c'est aussi Tchernobyl. L'accident, comme ils disent, quoi. Le seul truc dont je me souviens vraiment, c'est qu'avant cette date, on avait un petit coin de jardin aménagé pour faire pousser quelques légumes et fruits. Bien que le nuage se soit arrété aux frontières de la France, mes parents ont pris la sage decision de ne plus rien y faire pousser et de détruire ce petit coin. Après tout, Metz, c'est pas très loin de la frontière.

Je me souviens vraiment de ça, mais aussi d'un autre petit truc : le regard inquiet des gens qui regardaient la télé à cette époque. Parents, grands parents, amis de la famille, dès que quelqu'un prononcait le nom de cette ville, ça plombait l'ambiance, immanquablement.

Laurence

Laurence, sur le chemin de 19xx à 2006,
vendredi 23 février 2007

1987 : 04 - Maternelle

Tous les soirs, et ce, depuis aussi loin que je me rapelle, j'ai le même "problème". Ce n'est pas si grave que ça, mais c'est un peu relou. Je n'ai jamais reussi à m'endormir facilement, et rapidement. Pas avant au moins une demi heure après avoir éteind la lumiere, sauf maladie ou grosse fatigue. Imaginez, quand tout le monde s'endort en 5min chrono, ou se met à ronfler, et bien moi, j'arrive pas à m'endormir. Les premiers souvenirs de cette lenteur à m'endormir datent des premières années de maternelle. En général, en maternelle, y'a toujours une grande salle, qui fait office de salle de sport, de repos, ou de cours de récré quand il fait trop moche. Cette salle, je m'en rappelle bien. Y'avait toujours une odeur de plastique très spéciale (mon frère y est repassé il y a quelques mois, rien n'a changé là bas).

Donc dans cette salle, on était censé dormir, en plein après midi, alors que le soleil n'est même pas couché (non mais franchement...) "Allez, il faut dormir...". Il faut. Je crois que je devais prendre ça pour un devoir ou un exercice, mais comme je n'y arrivait pas, fallait que je fasse semblant. J'ai alors développé une technique imparable d'imitation de la respiration des gens qui dorment, et même aujourd'hui, prendre ce rythme de respiration m'aide un peu à m'endormir.

Faut dire que ça m'a bien servi, pendant mes premières années de collège. Il fallait se coucher tôt, mais moi, j'écoutais la radio en cachette, jusqu'à au moins 23h, mais d'une seule oreille. Une oreille de surveillance, une oreille de divertissement. Au moindre bruit, en moins de 5 secondes, tout était éteint, débranché, et j'étais dans mon lit, étalée dans tous les sens (pour ajouter une dose de réalisme), imitant le souffle des gens qui dorment. Je me suis jamais fait chopper. Et en plus, je sais que ma mère me lit... elle va en apprendre des choses ;)

Laurence

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